L'avenir de l'industrie européenne est numérique

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La commission européenne veut développer une stratégie industrielle fondée sur le numérique
La commission européenne veut développer une stratégie industrielle fondée sur le numérique (Crédits : Décideurs en région)
Les initiatives industrielles des différents États ne suffisent pas. Une stratégie commune est nécessaire, pour l'industrie d'avenir. Elle passe par le numérique. Par Andrus Ansip, Vice-Président de la Commission européenne chargé du Marché unique du numérique, Günther H. Oettinger, Commissaire pour l'Economie et la Société numériques, Elżbieta Bieńkowska, Commissaire pour le Marché intérieur, l'Industrie, l'Entrepreneuriat et les PME et Carlos Moedas, Commissaire pour la Recherche, la Science et l'Innovation

Internet et les nouvelles technologies transforment nos sociétés et nos économies comme la machine à vapeur et l'électricité l'ont fait en leur temps. Cette « quatrième révolution industrielle » est faite de supers ordinateurs, de réseaux intelligents, de mégadonnées. De nombreux secteurs économiques ont déjà passé ce cap du numérique. Mais certains, plus traditionnels, comme la construction, l'alimentation, le textile ou la sidérurgie, accusent du retard, à l'image de nombreuses PME.

 110 milliards d'euros de chiffre d'affaires en plus

L'industrie est un pilier de l'économie européenne. À lui seul, le secteur manufacturier représente 2 millions d'entreprises et 33 millions d'emplois dans l'Union européenne. D'après de récentes études, la numérisation des produits et services permettra à l'industrie européenne d'accroître son chiffre d'affaires annuel de plus de 110 milliards d'euros dans les cinq prochaines années. Ce potentiel d'innovation exige des investissements. L'Europe ne peut se permettre d'être à la traîne. Les progrès technologiques sont essentiels à la compétitivité de notre industrie, quel que soit le secteur : énergie, espace, transports, automobile ou encore soins de santé.

 Agir à l'échelle européenne

C'est pourquoi aujourd'hui, dans le cadre de la Stratégie pour le marché unique du numérique lancée  en mai 2015 par la Commission européenne, nous présentons nos projets pour aider l'industrie - grandes usines et petites entreprises, les chercheurs ou encore les services publics à tirer le meilleur parti du numérique à l'échelle européenne.

 La plupart des pays de l'Union ont compris la nécessité de numériser leur industrie et pris des initiatives pour favoriser cette transition. C'est notamment le cas de Nouvelle France Industrielle. Toutefois, en pleine mondialisation, un seul pays ne peut pas faire face aux enjeux actuels. Nous devons agir à l'échelle européenne.

 Un langage commun pour le numérique

Nous proposons donc de créer des liens entre les initiatives nationales et régionales déjà existantes afin de les renforcer mutuellement. Nous devons mobiliser des fonds publics et privés de façon stratégique, comme nous l'avons fait avec notre plan d'investissement européen de 315 milliards d'euros. Nous voulons aussi doter l'Europe d'une main-d'œuvre ayant les compétences numériques adaptées aux emplois de demain.

 Nos ordinateurs, téléphones, tablettes et autres appareils doivent pouvoir communiquer en toute sécurité et sans discontinuité dans un langage commun : les normes. Aussi proposons-nous des mesures pour accélérer le processus d'élaboration des normes, en ciblant des priorités : la 5G, l'informatique en nuage, l'internet des objets, les données et la cybersécurité qui favoriseront le développement de réseaux intelligents, de services de santé mobiles ou de voitures connectées.

A partir d'infrastructures existantes, nous créerons un nuage informatique européen, soit une plateforme unique d'échanges et d'exploitation de gros volumes de données. Au départ, ce nuage sera mis à la disposition des chercheurs, lesquels doivent de plus en plus coopérer d'un pays à l'autre de l'Union pour faire progresser l'économie de la connaissance. A moyen terme, son l'utilisation sera étendue aux entreprises et aux services publics.

Développer l'administration en ligne

Enfin, les services publics - et les contribuables - ont, eux aussi, beaucoup à gagner d'une réduction des frais administratifs,  d'une efficacité et qualité accrue. Pour développer l'« administration en ligne », nous présenterons d'ici à 2017 des mesures permettant d'effectuer en ligne, sans papier, des démarches courantes comme l'enregistrement d'une entreprise, la participation à un appel d'offres ou la signature de documents officiels. Autre objectif : les entreprises souhaitant exercer leurs activités dans plusieurs pays de l'Union devraient pouvoir s'acquitter des formalités dans un seul pays. Tel est le but du projet pilote que nous lancerons cette année avec des administrations qui appliqueront ce principe d'« une fois pour toutes » aux entreprises transnationales.

L'Europe a toujours été à l'avant-garde des avancés industrielles. Unissons donc nos forces à l'occasion de cette « quatrième révolution industrielle ».

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