L’État et la rente perdue des autoroutes… un cas (fictif) d’école

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(Crédits : © Eric Gaillard / Reuters)
Analyse, sous forme de conte, de la situation de l’État face au casse-tête autoroutier. Par Michel Albouy, Grenoble École de Management (GEM)

À la veille des départs en vacances et afin de moraliser la rente perdue des autoroutes le Grand Vizir en charge des finances du Royaume, via son Autorité de la concurrence, venait de recommander au Roi de renégocier le plan de relance autoroutier, estimant que les sociétés concessionnaires du royaume affichaient une rentabilité exceptionnelle assimilable à une rente qui devait être davantage régulée en faveur de l'État et des usagers.

Un beau conte autoroutier... qui finit en mauvais comptes

Il était une fois un beau royaume qui avait construit un magnifique réseau autoroutier pour le bien-être de ses citoyens, augmenter la sécurité routière et contribuer à la croissance économique du pays. Bien sûr, cela n'avait pas été sans peine et sans demander des efforts financiers significatifs à ses citoyens-contribuables. Mais ces derniers étaient fiers de leurs autoroutes, même s'il fallait payer un péage en sus des impôts divers et variés qu'ils devaient acquitter, notamment sur le carburant qui était le plus cher d'Europe.

Mais un jour, le Grand Vizir du Royaume fit remarquer à son Roi que l'État était désormais trop endetté et qu'il fallait vendre quelques bijoux de famille. Après un rapide inventaire des actifs qui pouvaient être cédés, le choix se porta sur le réseau d'autoroutes à travers un système de concessions limitées dans le temps. Restait à déterminer le prix de vente de ce réseau qui assurait bon an mal an des revenus substantiels au Royaume.

Nombreux furent les experts à se pencher sur la question. Les évaluations allaient de 12 milliards d'écus à 22, voire 40, milliards d'écus. C'est dire si la fourchette était large. Au-delà de l'estimation assez classique des flux de trésorerie générés par l'exploitation des autoroutes, se posait la question du taux d'actualisation à retenir pour calculer la valeur actuelle de ces flux.

Dans l'étau des taux

Le rapporteur de la Commission des finances de l'Assemblée du Royaume estimait que le taux à retenir était celui recommandé par le Commissariat Général du Plan, soit 4 %, un taux proche du taux sans risque de l'époque.

Le rapporteur pour les transports estimait que le taux devait prendre en compte une prime de risque comme le faisait les investisseurs privés et préconisait un taux de 8 %. Le seul opposant à ces cessions, le Connétable du Béarn estimait quant à lui que le Royaume allait se priver de 40 milliards d'écus de dividendes d'ici à 2032, échéance des concessions. Finalement, le prix fixé pour la vente s'établit à 15 milliards d'écus.

Plusieurs années après, alors que la dette avait continué à augmenter malgré les cessions d'actifs jusqu'à atteindre pratiquement 100 % du PIB du Royaume, le Grand Vizir (qui avait changé entre-temps) s'enquit des profits « exorbitants » des sociétés d'autoroutes et ce d'autant plus qu'il venait d'abandonner une taxe écologique suite à des manifestations de manants qui se faisaient appeler les « bonnets rouges ». Il était temps de faire payer ces sociétés privées qui versaient de trop généreux dividendes à leurs actionnaires et les faire enfin contribuer au redressement des finances de l'État.

Des taxes ? Quelles taxes ?

En effet, selon la ministre en charge du dossier, « lorsqu'une société d'autoroute fait payer 100 écus aux automobilistes, il y a 20 écus de trop qui sont empochés ». Dans un bel élan de démagogie, elle proposa même de rendre gratuites les autoroutes le week-end ! Les experts des transports firent remarquer que cela était une étrange façon d'optimiser l'exploitation du réseau car en rendant gratuites les autoroutes le dimanche on contribuait à augmenter la saturation du réseau et à augmenter le trafic et partant la pollution.

L'idée fut rapidement abandonnée mais pas celle d'une nouvelle taxe et/ou contribution spéciale sur les sociétés bénéficiaires de la rente autoroutière. Mais cette solution se heurtait aux contrats en béton que les sociétés d'autoroutes avaient signé avec l'État. Une clause prévoyait même que si de nouvelles charges étaient imputées à ces sociétés elles pouvaient les répercuter dans les tarifs des péages ou obtenir un allongement de la durée de la concession. En d'autres termes, l'État ne ferait que prendre dans la poche de ses usagers-contribuables ce qu'il demanderait aux sociétés privées. Bref, la situation semblait bel et bien perdue pour le Grand Vizir qui se demandait comment on avait pu en arriver là. L'État était donc un aussi mauvais gestionnaire que cela ?

Pour répondre à ses interrogations, il demanda l'avis d'un expert. Celui-ci lui dit à peu près ce qui suit. La principale erreur, cher Grand Vizir, fut de vendre un patrimoine qui avait une bonne rentabilité pour désendetter l'État. En effet, pourquoi céder des actifs qui génèrent des flux de trésorerie supérieurs au coût de la dette ?

Puis le casse-tête de la dette... et les trois erreurs

Certes, en remboursant une (petite) partie de la dette on améliore le fameux ratio Dette/PIB, et on fait ainsi plaisir aux agences de rating et aux fonctionnaires de Bruxelles, mais on ne fait pas pour autant une bonne gestion financière du Royaume. À quoi bon rembourser une dette dont le coût actuariel est inférieur à la rentabilité des actifs cédés ? En prenant une telle décision, on détruit de la valeur. Quitte à vendre des actifs, encore fallait-il choisir des actifs qui ne généraient pas de rentabilité.

La deuxième erreur fut de prendre pour l'évaluation un taux d'actualisation qui était proche (voire supérieur) de celui des investisseurs privés. En faisant de la sorte, on satisfaisait les contraintes des sociétés privées mais on tournait le dos à la spécificité de l'État comme acteur économique. En effet, celui-ci n'a pas de fonds propres à rémunérer et le coût de son capital est en fait celui de sa dette (coût qui de plus a beaucoup baissé ces dernières années). Naturellement, avec un tel coût du capital la valorisation des concessions d'autoroutes aurait été nettement plus élevée. Peut-être même que les sociétés privées n'auraient pas marché. Et alors ? Cela aurait été préférable pour les finances de l'État qui se trouve maintenant privé de la rente des autoroutes qu'il dénonce aujourd'hui.

La dernière erreur, dit l'expert, est de vouloir récupérer aujourd'hui sur le dos des actionnaires de ces sociétés (dont certains sont des salariés) une partie de la rente à travers de nouvelles taxes et/ou les obliger à la gratuité des péages le dimanche. Ce faisant, l'État envoie un très mauvais signal sur le respect de sa signature et donne l'impression de faire n'importe quoi en matière économique et de transport.

À l'instar de l'Autorité de la concurrence du Royaume, l'expert qui tenait quand même à sa situation recommanda néanmoins de renégocier le nouveau plan de relance autoroutier si celui-ci devait voir le jour. Il posa cependant plusieurs questions : ces investissements sont-ils vraiment utiles pour le Royaume ? N'avons-nous pas de meilleures opportunités d'investissement que de couler un peu plus de béton dans un réseau qui est parmi le plus moderne d'Europe ?

Oui, mais grâce à ces investissements nous allons créer de nombreux emplois sur le territoire, lui rétorqua le Grand Vizir et nous arriverons ainsi à inverser la courbe du chômage chère à notre Roi ! Mais n'y-a-t-il rien de mieux à faire lui redemanda l'expert en lui citant des exemples d'investissement d'avenir dans les nouvelles technologies et les pratiques des autres grands pays. Le Grand Vizir commençait à douter de son argumentation. Au fond de lui il se demandait si l'État était condamné éternellement à une mauvaise gestion. Il se dit aussi que dans peu de temps il ne serait plus là pour constater les effets de sa gestion et que d'autres prendraient la patate chaude.

The Conversation ______

Par Michel Albouy MichelProfesseur senior de finance, Grenoble École de Management (GEM)

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

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Commentaires
a écrit le 26/08/2018 à 7:25 :
Si vous continuez de critiquer les décisions de l'état je vous ferais surveiller par mes flics serviles ..
a écrit le 23/08/2018 à 11:50 :
A l'origine, les autoroutes devaient être payante le temps de les rembourser puis devenir gratuites. Comment ce fait il qu'aujourd'hui elles sont toujours toutes payante et tout les ans de plus en plus cher? Pourquoi si le tarif finance seulement l'entretien leur prix augmente au lieu de diminuer?
a écrit le 17/08/2018 à 16:26 :
Après avoir bradé Alstom, Alcatel, Lafarge, Technip ; ils en sont à vouloir brader les centrales hydro-électriques.
a écrit le 16/08/2018 à 18:21 :
Et oui, encore un génie auto-satisfait de lui-même : les infra-structures routières c'est du bidon : il n'y a qu'à demander aux italiens. Tout le problème de la FRANCE est d'avoir des incompétents aux postes clefs. Incompétents qui n'hésitent pas à se gargariser en publiant des articles sans aucun fondement autre que leur vision politique des choses.

Si le plan d'investissement avait été fait par MACRON, cela aurait été génial.
a écrit le 16/08/2018 à 18:21 :
Et oui, encore un génie auto-satisfait de lui-même : les infra-structures routières c'est du bidon : il n'y a qu'à demander aux italiens. Tout le problème de la FRANCE est d'avoir des incompétents aux postes clefs. Incompétents qui n'hésitent pas à se gargariser en publiant des articles sans aucun fondement autre que leur vision politique des choses.

Si le plan d'investissement avait été fait par MACRON, cela aurait été génial.
a écrit le 15/08/2018 à 11:54 :
C'est pourtant simple , nos gouvernements n'ont aucune vision à long terme , car dans vingt ou trente ans , ce ne seront plus eux aux manettes..
Ils ont qu'une vision court termiste , uniquement pour essayer de présenter un bilan acceptable pour les deux ou trois années suivantes.
a écrit le 14/08/2018 à 14:07 :
Je ne crois pas qu'il s'agisse d'erreurs ou de mauvaise gestion, mais bien plus probablement de choix délibérés : un mélange de corruption, de retours d'ascenseur et d'engagements internationaux à libéraliser. La transfert de richesse public-privé est une constante depuis 30 ans. Le mouvement est actuellement en train de s'accélérer considérablement avec notamment le rail, les barrages hydrauliques, les aéroports... Bientôt l'hôpital et l'assurance maladie.
a écrit le 14/08/2018 à 13:21 :
En lisant cet article, je ne peux pas m'empêcher de penser que notre Etat s'apprête à vendre un deuxième joyau : la FDJ qui s'apparente à une gigantesque vache à lait dont il suffit d'attendre que l'année passe pour recevoir les dividendes.
Quelle tristesse..
a écrit le 13/08/2018 à 18:34 :
c'est pas un erreur !!! c'est une forfaiture pure et simple ! nous ,contribuables , nous nous sommes faits dépouiller purement et simplement ! et ce , en toute impunité !
a écrit le 13/08/2018 à 11:48 :
Bien écrit, facile à lire et à comprendre. Ceci dit, l'article fait totalement l'impasse sur un aspect déterminant des choix qui ont été et continuent d'être faits: faire plaisir aux copains.
Un exemple récent avec le passage à 80 Km/h sur les nationale sans baisse de la vitesse sur les autoroutes. Si la sécurité avait été le vrai moteur, alors une baisse plus significative de la vitesse aurait été imposée, accompagnée d'un investissement issu des fonds générés par les radars afin de réellement sécuriser, par la construction de terre-pleins centraux par exemple, des voies réputées dangereuses. Mais non, le gouvernement a fait le choix d'offrir à Alain Minc (président de la SANEF et mentor d'Emmanuel Macron) ainsi qu'à ses actionnaire, un avantage concurrentiel en convaincant les usagers de prendre l'autoroute, car les nationales et départementales représentent toujours un grand risque d'accident, de prendre des PVs pour faute d’inattention ... et c'est plus long.
Bref, faire plaisir aux copains, ce n'est pas tout à fait de la mauvaise gestion (laquelle tient de l'incompétence), mais plutôt de la malveillance a l'égard du contribuable.
a écrit le 13/08/2018 à 9:12 :
La base de mon commentaire sur l'augmentation des péages d'autoroutes et les dividendes de leurs sociétés :
https://www.challenges.fr/politique/privatisations-d-adp-et-de-la-fdj-une-mauvaise-idee-selon-guillaume-peltier_579332
a écrit le 12/08/2018 à 10:45 :
On voit là tout le problème d’élus pour gouverner 5 ans quand il s’agit de traiter des problèmes de plus long terme. Il faut trouver un mécanisme pour intéresser nos élus au long terme.
a écrit le 12/08/2018 à 10:07 :
Si l'on s'en tient à l'état des routes aujourd’hui on est pas rassuré de ce que serait le réseau autoroutier si c'était l'état qui s'en occupait .On l'a vu pour EDF , l'état s'est servi dans la caisse pendant des lustres et l'on en voit le résultat .Idem pour les armées l'état
se permet tout ,jusqu'à limoger son Chef d'état major pour taper dans la caisse !
Nos élus sont de sinistres losers , incapables de gérer l'argent du peuple !!! Tout juste bon à profiter des largesses de nos Députés et Sénateurs qui s'octroient des salaires et des retraites de nababs sans se soucier du prix du pétrole et de la baguette !!!
a écrit le 12/08/2018 à 9:09 :
suis le seul qui à l' impression de se faire voler à chaque passage aux péages?
normalement quand on vend un bien ou un service le prix est affiché AVANT. Ca choque personne ?
Réponse de le 12/08/2018 à 12:56 :
Je me suis fait maintes fois cette réflexion. Et quid de la difficulté de les trouver sur internet également.
Réponse de le 13/08/2018 à 10:59 :
Si. Surtout que certains panneaux orientent largement l’automobiliste vers l'autoroute.
Une solution: bien regarder les itinéraires, leur durée et leur coût sur viamichelin et google avant de faire un voyage. Parfois on paye 15 euros de péage pour gagner 20 minutes....
a écrit le 11/08/2018 à 10:17 :
Au lieu d'écrire un conte, on attend d'un professeur de finance une étude économique complète avec calculs des flux de trésorerie pour calculer la valeur nette actualisée entre le nouveau cas: je vends et le cas de base: je garde. Il faut étudier toutes les sensibilités sur le taux d'actualisation des flux d'argent (qui dépend de l'investissement alternatif), l'inflation, la valeur résiduelle dans les deux cas (qui peut-être être différente), etc...
Quand on a fait ce travail, on peut entamer la discussion.
Cordialement
PS: si les autoroutes étaient restées publiques, les péages auraient probablement augmenté au même rythme mais je ne suis pas certain que la maintenance aurait été effectuée de la même façon........
a écrit le 11/08/2018 à 1:26 :
Il va sans dire que, si l'Etat était resté propriétaire de ces concessions, elles auraient été moins bien gérées et moins rentables. On aurait gardé les effectifs aux péages, qui auraient souvent fait grève etc. Le mieux aurait sans doute été de confier la gestion à des sociétés privées via un contrat de management long terme comme dans l'hôtellerie, qui donne des incitations au gérant pour optimiser mais garde la plus grande part du revenu généré par l'actif chez le propriétaire.

Naturellement, personne n'avait prévu lors de la vente que les taux allaient à zéro, ce qui a créé un effet d'aubaine ex post, mais non ex ante, pour les acheteurs de ces concessions.
a écrit le 10/08/2018 à 23:58 :
Pourquoi s'exprimer sous forme de conte?
Que doit-on en retenir? Fictif? Passé? Futur potentiel?
a écrit le 10/08/2018 à 22:41 :
Merci pour ce conte sur la gestion des compte par nos élus.
Mais serait-il possible de connaitre les décideurs politiques et ceux qui ont voté cette décision qui allait à l'encontre du bien public? Et ést-il possible de poursuivre ces personnes?
Je crois que certains continuent leur œuvre anti-patriotique, dans le gouvernement actuel.
Merci pour vos réponses
Réponse de le 11/08/2018 à 6:51 :
http://contrelacour.over-blog.fr/article-villepin-les-autoroutes-et-cie-87656738.html
Réponse de le 11/08/2018 à 9:25 :
C'est surtout Galouzeau de Villepin le coupable. j'espère que les sociétés d'autoroute ont eu la reconnaissance de salarier des membres de sa famille et qu'elles font appel à ses "chers" conseil d'avocat pour le remercier!
Réponse de le 14/08/2018 à 14:13 :
Cette cession s'est effectuée sous la responsabilité de Jean-Pierre Raffarin
a écrit le 10/08/2018 à 17:59 :
Certes une rente perdue,mais de nombreuses autres rentes sont possibles pour l'état.Exemple,les plages et leurs parkings.Je ne trouve pas normal que l'entretien des plages soit sur le seul dos des habitants locaux.Pourquoi ne pas rendre l'accès aux plages et leurs parkings payants?
Réponse de le 10/08/2018 à 22:46 :
Tout va bien madame la marquise. On a vendu à perte tous les moutons mais ce n'est pas grave on tondra les boeufs....
Réponse de le 12/08/2018 à 10:29 :
En voilà une idée qu'elle est bonne ! Déjà que les plages sont de plus en plus grignotées par des restaurants, clubs et paillottes de toutes sortes ce qui est proprement scandaleux. Et puis il faut aussi faire payer l'accès aux sentiers de randonnée, l'accès aux lacs et rivières et pourquoi pas l'air qu'on respire...on y arrive doucement. Comme si la terre appartenait aux actionnaires et pas à ses habitants.
a écrit le 10/08/2018 à 9:24 :
bon voila une bonne histoire qui hélas se développe depuis des décennies, denationalisation de Renault, d'air France et d'autres.... vouloir du fric tout de suite sans faire d'autres efforts est un leure, perso je ne suis pas pour les nationalisations au contraire mais retour au privé est il un remede..?? question que l'on se pose depuis des lustres l'état devrait uniquement s'occuper des fonctions étatiques de base...j'ai éré dans une filiale de tenault de 1979 a 1985 quelle gabegie quelle exploitation des fournisseurs, et surtout le silence des represantants de l'état grassement remunéré et les avantages des voitures mise a disposition....la je me tais..
a écrit le 10/08/2018 à 9:11 :
Au lieu de pleurer sur les turpitudes passées, (et j'aimerai bien revoir la position du journal à l'époque sur ce sujet...), l'auteur ferait bien mieux de s'insurger contre le bis répétita actuel à savoir la cession contre tout intérêt national des barrages hydroélectriques de France, iles peut-être encore temps de réveiller le pays sur ce sujet..
a écrit le 10/08/2018 à 8:28 :
Ah! Si notre bon roi avait gardé les autoroutes dans les services de l'état, et bien, au printemps 2018, c'aurait été... le GRAND CHELEM :

- Air France en grève
- SNCF en grève
- Les autoroutes en grève (barrières fermées)
Alors que là, on a encore pu réussir à se déplacer en France - mais seulement par la route.

Ah! c'est vrai! En France, si les autoroutes sont en grève, en fait elles sont gratuites: Les préposés du service public ouvrent les péages en grand et laissent le passage gratuit aux usagers.

Autoroutes gratuites? Chouette alors! Mais quid de tous les beaux calculs savants du Professeur Albouy?

Les services qui doivent se renouveler ont besoin de rentabilité. S'ils restent dans les mains de l'Etat et hors du contrôle de personnes intéressées au profit, et bien ça donne EdF, SNCF, Air France.

Voulons-nous cela aussi pour les autoroutes?
Réponse de le 10/08/2018 à 10:46 :
Et pourquoi pas des autoroutes gratuites pour tout le monde! En Bretagne c'est gratuit et ça fonctionne très bien. En Suisse les autoroutes sont pas chères car il s'agit d'une vignette annuelle à 35 euros. Vous allez me sortir les exemples de la Belgique et de l'Espagne, qui ne sont pas de brillants exemples. C'est certain que si on compare à des éléments médiocres, on va se dire que c'est bien en France. Mais si on compare à mieux, on se dit que ça pourrait être mieux, dans l'intérêt de l'usager.
Réponse de le 10/08/2018 à 16:51 :
Mon petit monsieur si les salariés étaient mieux payés il n'y aurait pas de grèves ! Mais les patrons préfèrent bien sur distribuer plus de dividendes des actionnaires (même à Air France et EDF une partie de l'actionnariat est privé) qui en ont rien a faire des sociétés pourvu qu'on les presses comme des citrons et ensuite on ira mettre nos billets ailleurs. Et bien NON ces actionnaires qui se croient tout permis en pillant l’État ou en jouant avec les investissements publics (donc de TOUS les français), ne passeront pas sur le dos de salariés qu'ils osent appeler "collaborateurs" (quand ils leurs font gagner du pognon) et bons à rien uniquement à se faire tondre quand ils ne sont pas d'accord sur la rémunération. Le tout au final pour qu'ils aillent planquer leurs bénéfices dans un paradis fiscal avec la complicité bienveillante de leurs amis à l'Elysée ou à Matignon !
a écrit le 09/08/2018 à 16:48 :
La plume de l'auteur ne rend pas la lecture très facile et la comprehension de meme, pour un public qui n'est pas coutumier d'article de ce genre...
a écrit le 09/08/2018 à 14:51 :
Tout à fait juste : de Jospin à Villepinte et Macron ; un seul objectif : affaiblir l'Etat, enrichir la finance internationale . Allez, on brade tout ...
ex, après l'aéroport de Toulouse, ceux de Paris, la Française des jeux ...
On brade les biens des Français . Et vive la finance internationale ...
Réponse de le 09/08/2018 à 21:53 :
l histoire le note déja .. le libéralisme profite a une infime minorité de destructeurs
a écrit le 09/08/2018 à 12:37 :
Bien vu, les erreurs financières commises dans la précipitation pour la cession d'actifs sous évalués, surtout ce taux d'actualisation. Coté sociétés privées, contrats béton, coté État, c'est amateurisme (ou irresponsabilité). On l'a bien vu avec l'échec de l'écotaxe qui a couté 1 milliard d'argent public.
C'est un fait, le Privé gère bien pour son profit : prix des péage + 20 % en 10 ans. Aujourd'hui les sociétés d'autoroutes se répartissent 1,6 milliard de dividendes, privant l'état et les contribuables de recettes régulières. Pas grave, on rembourse un peu la Dette, il y a encore plein d'actifs à vendre, comme ADP par exemple. Macron a déjà vendu l'aéroport de Toulouse à un groupe chinois, pourquoi s’arrêter là .
Un banquier d'affaires (un exemple ) sait il qu'un État-stratège ne s’accommode pas du court termisme et qu'il y a des lois dites régaliennes qui le dirigent ?
Réponse de le 10/08/2018 à 10:56 :
Je crois que c'est bien pire que ce que vous pensez... 20 % en dix ans ? Sur un tronçon que je prenais régulièrement on est passé de 5 euros à plus de 9 euros entre 2006 et 2016. Pour l'aéroport de Toulouse, la première décision des actionnaires chinois a été de vider les réserves financières de l'aéroport, afin qu'ils rentabilisent leur investissement le plus vite possible. Avec le consentement de l'état, car l'actionnaire chinois étant à 49%, il fallait que l'état valide cette décision avec ses parts restantes... et le responsable de cette privatisation, ministre de l'économie à l'époque, est devenu notre cher président. Pour la Grèce, c'est la Troika qui a forcé l'état à vendre nombres de ressources comme le port d'Athènes. En France c'est encore mieux, pas besoin de Troika car nos politiciens le font sans même qu'on leur en donne l'ordre. Et après ils sont capables de nous faire des discours sur la gestion de budget en bon père de famille.
a écrit le 09/08/2018 à 11:03 :
Oui sûrement l'Etat Français ne touche plus les redevances des autoroutes à la place des concessionnaires, seulement l'Etat Français, comme pour les routes s'était complètement désintéressé de l'entretien et des réparations au bon Etat des infrastructures : voies, ponts, viaducs, aires de stationnements, barrières de séparations, clôtures d'avec certaines propriétés boisées notamment, etc...Il suffit pour s'en convaincre de voir le nombre de chantiers ouverts sur l'ensemble du réseau autoroutier comme l'A10 en dessous d'Orléans/Tours/Bourges et plus. Donc sûrement un moins pour les finances de l'Etat et un plus pour les usagers/clients utilisateurs. Et voir comparativement l'Etat des anciennes Nationales refilées aux départements dans un état déplorable.
Réponse de le 10/08/2018 à 17:26 :
Je n'ai qu'une chose à dire : allez voir l'état des routes en Bretagne. Un autre système est possible, il est en place, ce n'est pas de l'utopie.
a écrit le 09/08/2018 à 2:55 :
On sent que quoi qu'il arrive il faut trouver un truc pour taper sur HOLLANDE alors que l’imbécillité a été faite durant les 10 années de gestion désastreuse de l'UMP. Après cela, on comprend que ce parti, pourtant le plus riche de FRANCE soit en quasi-faillite. Même le parti communiste est mieux géré...
a écrit le 09/08/2018 à 0:12 :
De plus la privatisation a été confisquée aux petits porteurs.
L'aberration économique était connue. Mais, question d'intérêts immédiats, non de gestion pérenne.
Quid des routes ordinaires qui rappellent la situation à la fin de la monarchie de juillet, comme les rues des villes, surtout Paris?
a écrit le 08/08/2018 à 18:29 :
Et ce n'est pas fini , maintenant c'est au tour des barrages hydro-électrique.
Réponse de le 08/08/2018 à 22:23 :
une équipe dilettante . qui veut relever un pays endetté
Réponse de le 10/08/2018 à 17:28 :
Et les aéroports, les ports, la française des jeux... ils vont vendre des structures en situation de rente : tout l'investissement a été effectué, ça rapporte du cash tous les ans
a écrit le 08/08/2018 à 16:19 :
Le Connétable du Béarn, pas plus maintenant qu'hier ,ne démontre une connaissance approfondie de l'art de l'Economie; tout au plus manifestait-il a l'époque un bon sens paysan qui eut été utile ,eut-il été écouté à la Cour. Hélas, aujourd'hui comme hier le Royaume de France est gouverné, à sa tête comme dans les recoins les plus spécialisés des Finances et du Tresor, par des experts nommés "Enarques", désignés pour leur complaisance aux théories économiques en vigueur outre Quievrain , théories qui font office d'ordonnances européennes.
a écrit le 08/08/2018 à 15:18 :
Au lieu de râler inutilement, j'utilise les nationales le plus souvent possible, au détriment de l'autoroute. Par principe. Nous avons le pouvoir de choisir où mettre notre argent, et ainsi trouver une alternative à ce que l'on ne cautionne pas. Cela me coûte un peu de temps de route, mais je reste fidèle à mes principes.
Réponse de le 08/08/2018 à 17:31 :
et quelques euros d'amende...
Réponse de le 09/08/2018 à 12:51 :
Les amendes ne sont pas réservées qu'aux nationales... Hélas !!!
Avec l'habitude et un peu de matériel, on peut les éviter...
Réponse de le 10/08/2018 à 6:33 :
Saine attitude: Savoir choisir ce qui est le mieux pour soi . La campagne francaise est encore tres belle. Il serait dommage de l'oublier. Et puis s'arreter dans un petit resto en bord de nationale, savoir prendre son temps. Bravo Juliette.
a écrit le 08/08/2018 à 13:07 :
"se heurtait aux contrats en béton que les sociétés d'autoroutes avaient signé avec l'État"
d'aucuns disent que ces contrats ont été rédigés par l'Etat, comme quoi parfois il fait bien les choses. De toute façon, si pas favorables les concessionnaires n'auraient pas signé.
Une chance que ce ne soit pas une vente, sinon là, les péages seraient libres, gérés par aucun contrat et autres accords secrets pour rattraper sur 5 ans les prix figés décidés par Mme Ségo.
C'est une variante de PPP, l'Etat demande des travaux divers et variés, aménagements, ça se répercute sur les péages et durées de gestion pour compenser les dépenses. Quid des petites entreprises de BTP, elles n'auront pas ces contrats annexe, tout étant fait par les gros du secteur qui ont les autoroutes dans leur "portefeuille". Un jour il ne restera que les gros.
a écrit le 08/08/2018 à 12:12 :
Avec le dogme européiste, on veut nous faire prendre une passoire pour une cuvette et peu de gens s'en aperçoive!
a écrit le 08/08/2018 à 12:06 :
Le problème n'a pas été résolue mais a été pérennisé afin qu'il ne le soit jamais. Et comme d'habitude on ne veut surtout faire entrer dans l’équation notre transfert de souveraineté vers l'UE de Bruxelles et vers l'euro!
a écrit le 08/08/2018 à 11:01 :
Que les francais relisent "La poule aux oeufs d'or" de La Fontaine. Ca leur rafraichira la memoire.
a écrit le 08/08/2018 à 9:23 :
L'économiste français Alain Minc, un des proches conseillers du président Nicolas Sarkozy, a été nommé président des autoroutes Sanef, a annoncé, mercredi, le groupe espagnol d'infrastructures et de services Abertis, maison mère de Sanef.
"Le conseil d'administration de Sanef, filiale française d'Abertis, a donné aujourd'hui son feu vert à la nomination d'Alain Minc comme nouveau président de la société, en remplacement de Pierre Chassigneux, qui prendra sa retraite après avoir occupé ce poste depuis 2003", a précisé le groupe dans un communiqué.

Alain Minc est déjà présent au conseil d'administration de deux entreprises espagnoles, la banque catalane CaixaBank et le groupe de médias Prisa, qui édite notamment le quotidien El País. Sanef (Société des autoroutes du nord et de l'est de la France) appartient à Abertis depuis sa privatisation en 2006. 14/12/2011 La Tribune
a écrit le 08/08/2018 à 9:01 :
Un élément oublié dans cette histoire : le copinage du Grand Vizir avec au moins un des profiteurs de l'opération !
a écrit le 08/08/2018 à 8:57 :
Très bon article qui démontre le niveau de Villepin et Chirac en son temps. LAMENTABLE. Maintenant, vous pourrez dans 2 ans faire le meme article sur la privatisation des barrages au nom de la concurrence (privatiser un barrage, seul Bruxelles peut exiger ce genre d'ineptie). Le cash va rudement manquer à Edf après. Mais le Roi Macron, de meme niveau que Villepin en économie, va nous expliquer que c'est pour notre intéret; On augmentera le prix de l'électricité.
a écrit le 08/08/2018 à 8:54 :
"Comment l’Etat français organise sa propre spoliation: De l’autoroute publique aux péages privés" https://www.monde-diplomatique.fr/2012/07/DESCAMPS/47973 (article gratuit)
a écrit le 08/08/2018 à 8:52 :
Quelle est l'évolution de la courbe des taux sur les 20 prochaines années? Voilà qui est tout de même déterminant pour savoir si l'on fait une bonne ou mauvaise affaire en achetant un bien dont on espère une rentabilité. La situation n'est donc pas simple pour un Grand vizir, sauf à user des services du diable, je veux parler de Goldman Sachs qui lui saura fournir des produits dérivés permettant de contrôler ce risque.. Mais rebondissons sur finalement la véritable question: pourquoi laisser l'Etat, dont les agents sont si nuls, en tous cas d'une expertise et d'une intelligence (vista) inférieures à celles de leurs alter-ego dans le privé, gérer un porte-feuille de dépenses de 57% du PIB? Un véritable paradoxe..en France.. Le véritable populisme n'est-il pas de laisser croire que le public fera mieux, pour le bien, que le privé, et dans le même temps dénoncer les contrats mal ficelés par type autolib? Mais, entendons-nous, je ne suis pas favorable à la vente d'actifs sûrs (les autoroutes) pour "réinvestir" dans des "projets d'avenir" dont personne ne veut faire le bilan, et qui vont se révéler une véritable catastrophe financière dont le coût sera évidemment supérieur à 100 milliards...

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