L'importance d'incarner son "bonjour" en management
Jehanne Essa
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Bonjour, serrer la main
Pixabay / CC
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Bonjour, serrer la main
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Punchy, amicale, austère, apathique, routinière... la manière de dire « bonjour » n'est pas aussi anodine qu'il y paraît. Plus qu'une formule de politesse, souhaiter le bonjour à ses collaborateurs est un acte bienveillant. Bien des dirigeants en mésestiment l'importance. Ils ont tort.
En témoigne René, directeur d'un centre d'appels. Du matin au soir, il s'enferme dans sa tour d'ivoire avec sa cafetière. Sa devise : « Pas le temps de dire bonjour, nous sommes là pour être performants ». Dans sa pratique du management, René considère que le bonjour apporte peu de valeur. Lorsqu'il est obligé d'aller « au charbon », sur le plateau de l'open space où travaillent les téléacteurs, il serre les mains au pas de course. Dès qu'il arrive à Bérangère, il plonge déjà sa main pour saisir celle de Martine. Ainsi de suite. En limitant ces échanges à quelques secondes pour chaque personne, René pense malgré tout « donner de sa personne ». Pourtant, inconsidérés, ses collaborateurs le surnomment « René le requin » à cause de son sourire crispé, de son regard vide, de son manque d'empathie. Il fallait s'y attendre, René perd de son autorité. Les salariés ont l'impression de n'être que des numéros et font le strict minimum...
À l'inverse, Raphaël, à la tête d'une société de nettoyage industriel, salue chaleureusement ses équipes. Il sert les mains une à une avec un sourire sincère. Il connaît ses collaborateurs et appelle chaque personne par son prénom, demande régulièrement des nouvelles de leur famille, et leur vie au travail. Ponctuelle mais de qualité, cette attention matinale insuffle un climat de confiance. Les échanges autour du travail sont fluides et les équipes se sentent boostées.
En clair, le rituel du bonjour et la culture managériale sont étroitement liés. De fait, au-delà d'une simple salutation, c'est une marque de considération qui renforce quotidiennement la confiance mutuelle. Du coup, le manager peut accroître régulièrement, petit à petit, le niveau d'exigence et en suivre la mise en application au jour le jour. Surtout, il sait ce qui se passe dans son entreprise : le taux de fatigue, le moral ambiant, les velléités de départ... Il a une perception à 360° de sa société, reconnue pour ses bons résultats.
Jehanne Essa