L’innovation, clé de voûte de la transition énergétique

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(Crédits : Jcomp - Fotolia.com)
La transition énergétique est indissociable de l’innovation. Une innovation qui bénéficie désormais à tous les secteurs : voitures électriques, smart cities, compteurs communicants à l’instar de Linky, nouveaux matériaux de construction... L’heure n’est pas au statu quo. Par Pablo Bustamante, consultant innovation "Transports & TIC"​

La transition énergétique est l'un des enjeux majeurs de notre temps, si ce n'est le premier. Toutes nos options, tous nos futurs possibles, découlent de notre capacité collective à nous emparer de cette question. Malgré l'urgence, malgré l'incendie, certains préfèrent regarder ailleurs, pour paraphraser un ancien président français. Les États-Unis de Donald Trump, pourtant l'un des premiers contributeurs mondiaux au réchauffement climatique, viennent ainsi de tourner le dos à leurs engagements pris à l'issue de la dernière COP de Paris.

C'est une erreur. Une erreur historique et stratégique d'autant plus lourde de conséquences que, du strict point de vue technologique, tous les signaux sont au vert. Smart grids et smart cities, compteurs communicants, voitures électriques, Internet des objets (IoT)... : l'innovation, foisonnante, surprenante, intelligente, est au rendez-vous.

Innovation : les feux sont au vert

De plus en plus souvent portées par la société civile, les innovations en matière de transition énergétique nous invitent à repenser l'ensemble de nos activités dans une optique plus respectueuse de l'environnement.

On pense aux robots autonomes nettoyeurs de panneaux solaires développés par le chinois Ecovacs, qui augmentent sensiblement les rendements, ou encore à ces fameux robots trieurs de déchets, popularisés par l'entreprise finlandaise ZenRobotics. Autant d'innovations qui favorisent une « vision positive (— et écologique — ) de la robotique », pour Catherine Simon, fondatrice d'Innorobo.

L'innovation s'invite aussi dans l'espace domestique, grâce à ces nouvelles peintures murales thermorégulantes, dont les microcapsules sont capables d'absorber ou de restituer la chaleur. Bilan : une maison plus confortable, et surtout jusqu'à 15 % d'économies d'énergie.

Le monde rural n'est pas en reste. Dans le sud-ouest de la France, Ineo Aquitaine vient de lancer un projet de 200 bâtiments agricoles équipés de toitures photovoltaïques, développant une puissance cumulée de 20 MW. Une première dans la région, pour un investissement de quelque 28 millions d'euros, porté par une entreprise de plus de 600 salariés : une illustration éloquente de la manière dont la transition énergétique, couplée à l'innovation, engendre des créations d'emplois et des retombées économiques. On est dans le concret, pas la science-fiction.

En parlant de ruralité, il apparaît évident que ce double mouvement de transition et d'innovation ne pourra se faire sans un fort engagement des territoires — de tous les territoires. Développer des voitures électriques ou à hydrogène — qui seront demain un nouveau mode de stockage d'énergie à part entière — ne suffit pas ; encore faut-il qu'elles puissent être rechargées grâce à un dense réseau de bornes. Et, pourquoi pas, qu'elles roulent sur des routes rétro-éclairées grâce à l'énergie solaire, par exemple.

Objets connectés et réseaux intelligents, fers de lance de la transition

Innovation rime avec transition, mais innovation rime aussi avec optimisation. À ce titre, les objets connectés et réseaux intelligents sont en première ligne pour favoriser une meilleure efficacité énergétique et réduire le gaspillage et la pollution.

Les smart grids (ou réseaux électriques digitalisés) permettront ainsi de gérer avec beaucoup plus de finesse et d'efficacité le lien entre production et consommation d'électricité, tout en intégrant les énergies renouvelables intermittentes.

Indissociables des nouveaux compteurs communicants, les smart grids sont la clé pour accélérer la transition énergétique. Avec leur nouveau compteur, comme le Linky d'Enedis, les clients ne paieront plus — enfin ! — que ce qu'ils consomment, tout en bénéficiant de mises en service ou de dépannages facilités. Ces compteurs communicants permettront également aux fournisseurs d'électricité de mieux piloter leur production, en optimisant les flux d'énergie — grâce aux renouvelables. Le soleil brille, le vent souffle ? Les zones en excédent pourront exporter leur surplus d'énergie vers celles qui en ont le plus besoin.

Ces compteurs de nouvelle génération vont également permettre le développement tant attendu de l'autoconsommation. C'est-à-dire que les petits producteurs d'électricité — vous, moi — pourront céder ou vendre leur surplus de production au fournisseur. Linky, par exemple, est à même de collecter, de transmettre et de stocker les informations d'un producteur individuel vers le réseau, et vice versa.

Enfin, ces nouveaux appareils connectés sont primordiaux dans la prise de conscience collective des enjeux énergétiques et climatiques. Une étude menée par le CNRS et l'université Sophia Antipolis (TicElec) vient ainsi de démontrer que plus les ménages sont avertis de leur consommation, plus ils font attention à leurs habitudes. Le résultat est édifiant : -23% de consommation électrique.

Les objets connectés en général et les compteurs communicants en particulier sont au cœur de ce nouvel écosystème en pleine (r) évolution : énergies renouvelables, solutions de stockage, voitures électriques, smart grids et smart cities...

L'heure n'est donc pas au pessimisme ni au scepticisme. Les solutions sont là. À chacun — particuliers, entreprises, collectivités locales — de s'en saisir avant qu'il ne soit trop tard. L'avenir de notre planète, celui de nos enfants, est à cette condition.

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Commentaires
a écrit le 02/11/2017 à 16:33 :
Encore un article qui confond innovation et progrès. Pour rappel les compteurs ne savent pas mesurer notre consommation réelle. Chaque modèle de compteur produit des mesures différentes. Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres de tout ce que le marketing publicitaire souhaite dissimuler. Notre modèle économique est basé sur la consommation à outrance et au moindre coût, tant que ce modèle ne sera pas modifié, tout le blabla publicitaire autour de l'écologie ne sera au mieux qu'un vœux pieux.
a écrit le 02/11/2017 à 15:53 :
Le compteur Linky n’est qu’un outil qui renseigne et compte !
Compte peu, comme la cerise sur le gâteau !
Il ne faudrait pas que la publicité faite pour ce compteur nous prive de réelles innovations et des réels efforts à produire dans les secteurs industriels.
…..
Il faut lutter contre l'obsolescence programmée, surtout dans le bâtiment et les renouvelables.
Durée de vie d’un panneau photovoltaïque ou d’une éolienne ? Quelles sont les métaux et leurs quantités, qu’utilisent ces deux filières ?
Toutes industries, il faut produire moins de volumes, donc s’attaquer à l'obsolescence programmée.
>>
Moins d'usines de d’extraction de primaires.
Moins d’usines de transformation.
Moins d’usines d’assemblages.
Moins de logistiques (stock et transport)
Moins de recyclages.
………….
Cette lutte doit être accompagnée par de gros investissements dans la R&D de rupture :
Nouvelles énergies, nouveaux matériaux, accélération des transmissions, stockage et échange de l’énergie, et le nerf de la guerre : la miniaturisation de tous les systèmes, sans oublier la modularité.
La transition énergétique passe avant tout par des innovations industrielles.
…………..
Lutter contre le gâchis des dégradations. Sécuriser la planète.
Guerres, trafics, vandalisme, mafias et banditisme, sont très énergivores.
Chaque année, combien de milliards nous coutent les effractions, vols, pillages et vandalismes chez les particuliers, entrepreneurs, administrations et associations ?
Réponse de le 02/11/2017 à 20:37 :
Parce ce que si nous n'avons pas les technologies fracassantes (de rupture) en temps et en heure, les chinois, japonais et américains vont nous écrabouiller !
Et ça vaut aussi pour l’Allemagne et L’Italie, qui doivent aussi se remuer les méninges !
Le Royaume-Uni s'est mis hors jeu, n'en parlons plus ! Pour l'instant.........
L’important est la base industrielles et IA.
Pour les logiciels, les bidouilles intelligentes, l’IoT et autres, on peut faire confiance à nos excellents chercheurs et nos jeunes suffisants loufoques pour nous pondre de innovations qui décoiffent !
Effectivement les logiciels sont importants, mais si la base n’est pas seine, ils ne feront que de l’enfumage en masquant le réalité des problèmes !
Ca fait des années que la France n’a toujours pas atteint son objectif de 3% de taux de R&D / PIB.
Alors que d’autres sont bien au dessus des 3 %.
Et puis la France est rikiki, alors on doit carrément être devant le peloton de tête si on ne veut pas se faire éjecter au prochain virage (crash économique mondial). Parce qu'avec 10% de chômage déclaré, reprise ou pas, frauderait pas s'endormir sur les lauriers qu'on n'a pas !
OK pour les plans franco-allemands et européens, mais la France ne devrait-elle pas faire l’effort pour rattraper son retard face à l’Allemagne, le Japon et les US ? La France appelle l’EU à investir alors qu’elle-même ne fait pas le job correctement, quelle hypocrisie !
Je ne parle pas de la R&D publique qui bien que sous investie, s'en sort plutôt bien !
Le problème, c’est le privé, les PME bourrées de talents qui n’ont pas les moyens de se développer rapidement, principalement par manque de marges !
Et les marges qui devaient être données aux PME, oubliées ou rabotées ?
Et le suramortissement, définitivement stoppé à la fin de l’année ?
Oui, c’est vrai, j’oubliais, la suppression de l’ISF était prioritaire !
Favoriser la finance plutôt que l’investissement privé productif (industriel), on marche vraiment sur la tête !
Alain d
a écrit le 02/11/2017 à 15:13 :
A-t-on besoin d’attendre l’innovation technologique pour mettre en application la transition énergétique ?

Quoi de plus simpliste qu’un module solaire photovoltaïque ? L’effet photovoltaïque fut découvert en 1839, première cellule solaire en 1883, brevet 1913, démocratisation des panneaux solaires il y a plus de 30 ans. A noter que les onduleurs, contrôleurs et autres équipements sont déjà très évolués techniquement, malheureusement il n’y pas réellement de constructeur Français sur ce segment. Il est vrai que là aussi on devrait rapidement subir ou bénéficier de la concurrence asiatique.

Conformément aux directives européennes 2009/72/CE et 91/CE, la majorité des pays on commencé à déployer les compteurs dits intelligents. L’Allemagne ayant choisi un déploiement au fil de l’eau avec en priorité les professionnels et gros consommateurs.
Le compteur Linky est aussi et avant tout un outil facilitant la gestion technique du réseau électrique (apportant de la visibilité sur la partie BT) et permettant accessoirement l’adaptation des tarifs, donc la multiplication des offres. Ceci dit, on a déjà connu cette complexification dans les télécom, c’est un effet qui est rapidement passé de mode, les clients préférant la simplicité et le rapport qualité-prix.
Pour le client, le compteur reste un compteur et non une vraie interface. Tous les autres équipements smarts grids de gestion et optimisation de la consommation, boitiers de contrôle, d’affichage et autres algorithmes d’optimisation étant ouverts à la concurrence, ils devraient évoluer extrêmement vite. La deuxième phase sera de tomber d’accord sur des normes communes, d’intégrer les auto-producteurs, le stockage, le collaboratif, les chargeurs de véhicules électriques, … On en est déjà à l’étape d’après, celle des Smart Cities (https://www.worldsmartcity.org/).
Ce qui veut dire qu’à un moment il y aura convergence des interfaces, donc des prestataires et fournisseurs. Ceux qui devraient performer ce sont ceux qui intègrent et non ceux qui excluent.
a écrit le 02/11/2017 à 11:28 :
"vient ainsi de démontrer que plus les ménages sont avertis de leur consommation, plus ils font attention à leurs habitudes."
je le fais en regardant ma facture, et ça fonctionne bien. Linky ne donnera d'informations que le lendemain, vu que les données seront envoyées le soir ou la nuit par courant porteur CPL, enfin officiellement (peut-être heure par heure sur abonnement, mais ça fera "crier" ceux qui craignent les ondes).
Linky est principalement fait pour le distributeur/les producteurs d'énergie, le reste est de la 'pommade' pour le public (en GB (ancien reportage TV), quand vous allumez le four, vous voyez le boîtier mobile indiquer que vous passez dans le rouge, immédiatement, vu la consommation déjà en cours. J'avais lu qu'une entreprise en louerait en France, 8€/mois, pour avoir les données de consommation en temps réel, trop cher pour économiser).
J'ai analysé mes consommations, en 3 ans, j'ai divisé par deux ma facture électrique (Direct***), mais difficile de faire mieux, la chaudière gaz consomme 150W en permanence, dès que l'eau circule, il faudrait la remplacer mais à condition d'y trouver un mieux (faible conso gaz ET électricité).
Ma VMC de base, installée à la construction y a 8 ans, consommait 100€/an, 48kWh/mois. J'en ai acheté une qui consomme au moins 5 fois moins (vérifié avec ma prise mesureuse, ça fluctue, hygroréglable donc varie), chère mais amortie en 3 ans. Pourquoi continuer à vendre des modèles pas chers qui consomment beaucoup en permanence ? Il faudrait une classification A B C D E F G sur ces appareils là aussi !

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