En amont des Rencontres internationales des médias, organisées par CMA Media (propriétaire de La Tribune Dimanche), qui se tiennent le 4 juillet à Marseille, la présidente de Radio France appelle à lutter radicalement contre « le poison du clash et de la désinformation ».
La semaine dernière, à la demande des autorités chinoises, Apple a retiré des applications Radio France de son App Store. Selon Pékin, celles-ci comportent du « contenu illégal en Chine ». Ce qui semble nous valoir cette soudaine censure : un podcast remarquable de France Inter, « Xi Jinping, le prince rouge », qui raconte la vie du dirigeant chinois de sa jeunesse à son ascension. Ce récit passionnant est aussi celui de l'histoire de ce grand pays, de la montée de la surveillance et de la censure.
Mardi 25 juin, la Russie a annoncé qu'elle bloquait l'accès sur son territoire à la diffusion de 81 médias européens, dont Radio France. Une fois encore, un pouvoir autoritaire étouffe toute contradiction et enlève des espaces d'ouverture et de réflexion permettant d'échapper aux appareils de propagande.
Cette double censure est paradoxalement un hommage à la qualité du travail des journalistes de tous les médias visés. Que craignent ces régimes pour tenter de nous réduire au silence ? Un podcast est-il si dangereux ? De l'écrivain russe Alexandre Soljenitsyne à l'artiste chinois en exil Ai Weiwei, nous savons que les mots et les œuvres sont dissidents. Ils peuvent réveiller les consciences et les peuples.