La crise économique, c'est pour 2020 ?

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La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, la crise économique est-elle pour 2020 ?

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Quelles sont les perspectives de croissance pour 2020 ? L'économie mondiale restera probablement dans cet entre-deux, ponctué de brèves plages de ralentissement, qui la caractérise maintenant depuis 10 ans, sans véritable synchronisation des régions du monde.

Nombreux sont ceux qui voudraient faire revenir la logique cyclique et voient s'esquisser, depuis le tournant 2018-2019, un retournement qui prendra toute sa dimension en 2020. Le plein emploi est au rendez-vous dans plusieurs poids lourds du monde avancé. Les PMI vacillent. Les taux longs reflux, entérinant des perspectives de détente des tensions sur l'offre et de recul de l'inflation. Les menaces sur le commerce mondial que font peser le scénario d'un hard Brexit et de guerre commerciale étendue, sont montées d'un cran. Cette conjonction voudrait que l'économie mondiale bascule dans une récession nette qui s'approfondirait en 2020.

Et comme plus de 10 ans nous séparent de la précédente crise mondiale, certains parient sur un Big One, une nouvelle conflagration financière, bancaire et boursière à portée systémique.

Inflation et taux d'intérêt durablement faibles

Ces fissures ne peuvent être ignorées. Mais comme ne doit pas être ignoré le fait que la lecture cyclique de nos économies n'est plus opérante depuis la crise de 2007-2008.

Un élément perturbateur majeur se confirme au fil des années. Les économies avancées sont entrées dans un nouveau régime durable de très faible inflation et de très faibles taux d'intérêt, sorte de trappe dont ils ne parviennent pas à s'extraire. Les taux d'intérêt ne jouent plus leur rôle de freinage et de régulateur de la croissance autour d'un potentiel supposé stable.

S'ajoute à cela une dynamique de l'investissement et de l'emploi qui s'est significativement autonomisée de la demande. Du fait :

  • de la faiblesse des taux, qui facilite le financement de la croissance interne ou externe ;
  • de la relativement bonne santé financière des entreprises qui se sont acclimatées à un régime de faible croissance ;
  • des besoins intrinsèques d'investissement induits par la transition numérique et écologique et du rôle pro-actif des États dans les investissements de structure.

Tout se passe comme si les économies étaient animées par un profond mouvement de reconstitution et de renouvellement de leurs capacités, lent mais constant depuis quelques années.

Enfin, aucune des variables de blocage traditionnelles n'indique de véritable butoir. Aucune des grandes économies ne chevauche un cycle d'endettement des agents privés excessif. Les tensions sur les capacités ne sont maximales nulle part. Et le repérage du butoir du plein emploi est devenu de plus en plus mal aisé, dans toutes les économies, tant l'emploi déclassé, l'auto-entrepreneuriat précaire, les petits jobs multiples constituent de fait une armée de réserve, même sur des marchés du travail en apparence tendue.

Une économie toute en amortie en 2020

L'année 2020 devrait donc marier des tendances contradictoires qui se neutraliseront en partie, sans qu'elles ne coagulent en franche dynamique baissière. En arrière-plan, il y aura un statu quo des banques centrales et un léger reflux des taux longs. Une légère détente des prix du pétrole, en surcapacité structurelle en dépit des alarmes géopolitiques qui créeront des tensions sporadiques.

C'est en Chine que les facteurs de ralentissement sont les plus tangibles. La plupart des données partielles sur les dépenses des agents privés, les immatriculations, en zone négative ou la construction, à l'arrêt, sont peu compatibles avec les chiffres officiels de croissance du PIB. Les barrières américaines sur 50% des importations chinoises altèrent dès à présent le commerce extérieur. Et la croissance chinoise ne doit son salut qu'aux dépenses infrastructurelles de l'État.

Côté américain, l'impulsion fiscale s'étiole peu à peu. Mais le rapatriement des profits des multinationales continue et continuera à soutenir l'investissement. La légère accélération des salaires, sur fond de décélération de l'inflation contribuera aussi à soutenir la consommation. Le ralentissement de l'économie américaine devrait de la sorte demeurer modéré.

L'économie européenne portera la trace du ralentissement du commerce mondial et des menaces de sanction américaines. Mais comme aux États-Unis, la décélération de l'inflation pourrait consolider la consommation.

Bref, ce que l'on entrevoie à ce stade pour 2020, c'est une économie toute en amortie. Ce sera une Chine à 6%, chiffre trompeur parce que le gouvernement le veut bien. Des États-Unis à 1,9% de croissance au lieu de 2,6 % cette année, collant à leur potentiel. Une Europe en léger ralenti, 14% au lieu de 1,6% cette année.

>> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

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Commentaires
a écrit le 03/08/2019 à 12:36 :
Avant chaque grande crise que j'ai connu, j'ai lu des économistes publier des tribunes pour démontrer que le vieux cycle relance-crise-relance n'avait plus lieu d'être, car nous étions rentré dans une "nouvelle ère" économique grave aux nouvelles technologies et autres justifications plus ou moins fumeuses.

Conclusion : c'est l'heure de mettre de côté les amis...
a écrit le 28/07/2019 à 13:58 :
cette fois ci il faut des responsables et de veritable punition
comme confiscation des biens famillaux et perte de revenue ainsi que les retaite et autre pension
a écrit le 26/07/2019 à 4:53 :
14% de croissance pour 2019/ 20.
Pas de souci. A la Tribune la relecture d'article, ca ne sert a rien
a écrit le 25/07/2019 à 17:23 :
De quelle crise il est question ?
Pour les populations ?
Ou pour les autres ( les radins qui ont 99% de la richesse mondiale ) ?
a écrit le 25/07/2019 à 15:40 :
Ca depend. Soit c'est la crise depuis deja presque 40 ans soit on est pas en crise et on n'est pas pres de l'être.
Une periode de crise etant une periode "anormale" il serait judicieux se savoir ce qu'est une periode normale
Remontons a Alesia, en, -52, il y a 2071 ans
une modeste croissance de 1.4% depuis alesia nous donnerait un multiplicateur de 1.014 exposant 2071 soit 3.196 milliards. La france a un pib de 2300 Mds. Peut on penser que le pib de la gaule de de l'epoque dans les frontieres d'aujourd'hui ai été de 72 centimes si ce rythme avait été tenu?
C'est votre conception de période normale qui pose problème et au contraire on sort d'une crise, celle de la crise de croissance des 150 dernieres années qui malheureusement nous servent de reference economique
a écrit le 25/07/2019 à 13:44 :
Le Choc des civilisations est le titre d'un essai d'analyse politique rédigé par l'Américain Samuel Huntington, professeur à Harvard, paru en 1996 et traduit en français en 1997.

Cette théorie n’aura pas lieu :
Avec l’avènement de la nouvelle technologie , nous aurons les «  chocs transgénérationnelles » qui seront plus grave et plus profonde que toutes les guerres économiques de civilisations.

La théorie de Samuel H à été dépassée par la violence du phénomène, dosage trop fort pour donner à un truc plus grave encore.
a écrit le 25/07/2019 à 11:46 :
Nous n'avons pas confiance dans l'avenir et tout est en place pour continuer a nous le faire ressentir!
Trop de monnaie en circulation; une monnaie qui travaille a notre place pour générer des intérêts a placer et non a investir dans du réel; une monnaie qui est thésauriser diminuant sa vitesse de circulation; une monnaie qui n'est plus utilisé pour les échanges mais pour la sécurité virtuelle du possédant!
Une bulle prête a explosé que l'on veut résorber en tapant sur le mauvais coté du problème parce ce qu'ils sont en plus grand nombre pourtant moteur des échanges!
C'est l'erreur d'une "politique de l'offre" au lieu d'un ajustement a la demande!
Une monnaie ne devrait pas exister s'il n'y a rien en échange!
a écrit le 25/07/2019 à 11:15 :
Encore un "TITRE" sous forme de question, voilà la force des fake-news qui ne donnent pas de réponse!
a écrit le 25/07/2019 à 10:56 :
"14% au lieu de 1,6% cette année."
1,4% ?
a écrit le 25/07/2019 à 9:19 :
"Une Europe en léger ralenti, 14% au lieu de 1,6% cette année"

Ouais bon enfin, "ralenti, ralenti"... ^^

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