La crise sanitaire a pris la forme d’une "destruction créatrice" schumpetérienne
Christophe Morel

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Avec le déconfinement, les signes de reprise s'accumulent. Si le pire conjoncturel est derrière, la reprise ne s'effectuera pas non plus en « ligne droite ». C'est l'hypothèse principale de notre scénario en « U » : les défaillances d'entreprise augmenteront, les taux de chômage ne déclineront que très progressivement, la faiblesse du commerce mondial pèsera sur les modèles de croissance des pays émergents et surtout, les soutiens budgétaires (notamment en Europe) exigeront du temps et de la négociation avant d'être mis en place. Sur la seconde partie de 2020 et en 2021, le retour de la confiance des entrepreneurs et des ménages permettra le rebond de la croissance.
Toutefois, certains risques qui s'étaient atténués pourraient réapparaître : l'aléa sanitaire peut ressurgir, une issue de type « hard Brexit » en fin d'année augmente en probabilité, les élections américaines alimenteront les incertitudes et le conflit sino-américain a une nature structurelle qui persistera quel que soit le vainqueur de la présidentielle aux États-Unis.
Même si des incertitudes persistent sur l'évolution conjoncturelle des 18 prochains mois, notre confiance est plus marquée sur la reprise à moyen/long terme : les crises sont des accélérateurs de tendance pré-existantes et permettent de mettre en place des politiques de rupture. La crise sanitaire constitue une excellente occasion pour l'Europe de réaliser les investissements nécessaires à la transition environnementale et numérique.
Avant la crise, nous avions identifié plusieurs défis qui ne semblaient pas avoir de solution : la stagnation séculaire, la « zombification » de l'économie, la nécessité de réallouer les ressources vers de nouveaux besoins (environnement, numérique...) et l'impasse dans laquelle se situait la construction européenne. Parce que la crise sanitaire a affecté tous les pays simultanément, elle constitue une opportunité « historique » d'envisager des solutions à tous ces défis de long terme sous la forme d'une « destruction créatrice » schumpetérienne, et dans le cas européen, d'initier un fédéralisme avec une solidarité budgétaire ce qui constitue une « nouvelle donne ».
Plusieurs facteurs nous rendent plus confiants sur un cycle de croissance prolongé :
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Au total, la reprise sera ponctuée d'aléas. C'est l'esprit même de notre scénario en « U ». Cependant, dans les solutions à la crise, certaines sont de « nouvelles donnes » à même de nous rendre plus confiants sur les perspectives de croissance au-delà de 2021.
Christophe Morel