La finance participative, une bonne option pour investir en 2016

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(Crédits : DR)
Comment concourir au financement du tissu industriel français? Seul le crowdfunding le permet. Par Jean Carjaval, président fondateur d'Investbook

A l'heure où les bourses sont toujours plus incertaines, où la volatilité des marchés actions n'a jamais été aussi forte, où les rendements offerts par les placements classiques type livret A ou assurance-vie n'ont jamais été aussi bas (avec une tendance anticipée encore à la baisse), où le taux d'épargne des français est l'un des plus élevé en Europe, où la croissance est atone et le chômage massif inextricable, les français ont-ils les bonnes habitudes en matières de placements financiers ? L'argent des français est-il bien placé en termes de rendements et l'est-il notamment au profit de la croissance ?

Préférer les actions, une erreur

Premièrement, la préférence des français pour les actions est une erreur stratégique. L'espérance de gain d'une action est forte mais lorsqu'il s'agit de souscrire à des actions du CAC 40, sur des entreprises dont le cycle de croissance est déjà parfaitement mature, la probabilité de voir son investissement multiplié par 5 est relativement faible. Qui plus est sur un marché extrêmement volatile, l'investisseur s'expose surtout à des pertes.

D'autre part, investir dans des fonds de jeunes entreprises, essentiellement pour des raisons fiscales et d'ISF, est également un calcul risqué. Tous les business angels vous le diront, sur dix start-ups investies, au moins cinq ne donneront jamais rien, quatre permettront d'en sortir sans gain au bout de 5-7 ans et une permettra de faire fois 5. Encore faut-il avoir la success story dans son portefeuille. Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle si l'on considère l'investissement dans des start-up comme uniquement un placement financier ? A quoi bon baisser ses impôts si l'on perd de l'argent au final ? Cela est vrai pour les personnes qui investissent dans des fonds permettant une défiscalisation mais qui n'en connaissent pas la composition. En revanche, pour ceux comme les business angels qui considèrent que l'investissent dans une start-up se fait en direct et que cela est avant tout une aventure humaine, une implication intellectuelle, l'investissement prend alors tous son sens. C'est aussi un investissement responsable, un soutien aux jeunes entreprises qui créent de la valeur et des emplois mais que les banques considèrent souvent comme trop risquées car trop jeunes et n'ayant pas assez d'actifs tangibles à se mettre sous la dent. L'investissement direct dans des start-up comble ainsi un vide laissé par les banques, mais combien de personnes en France investissent réellement dans les jeunes entreprises ? Trop peu sans doute.

Deuxièmement, le placement sur le livret A est certes la meilleure des sécurités et des liquidités mais est-ce vraiment rémunérateur ? Pourquoi placer ses économies inutilisées sur ce produit dont le rendement est à peine plus haut que l'inflation ? En y retranchant les frais des comptes courants par ailleurs et de tous les services facturés par les banques, le calcul conclurait probablement que le rendement du livret A est négatif.

Une assurance-vie qui ne finance pas la croissance

Troisièmement, l'assurance-vie. C'est le placement financier préféré des français. Un placement dont le risque est relativement faible, selon les contrats et fonds choisis, mais dont le rendement est également faible. Par ailleurs, à toutes celles et ceux qui critiquent les multinationales, les optimisations fiscales des grands groupes, leurs politiques salariales inéquitables, les pratiques de marché des grands face aux petits, etc.... notez que vous financez ces entreprises via votre assurance-vie. Il n'est pas honnête de bénéficier de rendements financiers d'un côté, et de critiquer les entreprises qui versent justement ces rendements de l'autre. Enfin, il est important de savoir de quoi son contrat d'assurance-vie est composé. Il s'agit essentiellement d'actions et d'obligations de grandes entreprises, ainsi que d'obligations d'Etat. Ce n'est pas financer la croissance et les emplois que d'investir sur des supports qui financent (1) des multinationales dont les bénéfices sont trop peu taxés puisque optimisés fiscalement (2) des multinationales qui ne créent pas forcément des emplois nationaux français (3) des Etats qui accumulent les déficits budgétaires. Sur ce troisième point, nous pouvons dire que les français, via leur assurance-vie, financent la dette française. Et nous ne finançons même pas le remboursement de la dette existante ! L'Etat émet essentiellement de nouvelles dettes pour payer des intérêts ! Serait-il absurde d'affirmer que les français financent l'incapacité des politiques à gérer et équilibrer un budget ?

Quelle valeur ajoutée ?

Pourquoi ce sont essentiellement les très grandes entreprises et les Etats qui bénéficient des flux d'épargne en général et d'assurance-vie en particulier ? Alors même que les grandes entreprises sont trop lourdes pour faire bouger la croissance et que les Etats accumulent les coûts de fonctionnement, quelle est la valeur ajoutée et la contribution économique de tels placements financiers ? Pourquoi l'épargne des français n'est-elle pas orientée vers les petites et moyennes entreprises ? Ces PME qui sont en dehors des circuits d'investissement traditionnels et qui pourtant créent de l'emploi, de la valeur ajoutée et de la croissance.

Financer le tissu économique via le crowdfunding

Finalement, en intégrant que le rendement rémunère le risque et qu'il est possible d'investir utilement, de nombreuses voies alternatives et de diversification d'investissement existent comme l'illustre si bien la finance participative (crowdfunding). Financer autrement le tissu économique, en soutenant notamment des PME diverses et variées qui offrent par la même occasion des rendements attractifs, c'est possible, plus de 2 millions de français ont déjà franchi le pas. Le marché du crowdfunding double d'année en année, atteignant 300 millions d'euros en France en 2015, et les premiers chiffres 2016 sont très prometteurs.

En prêtant (crowdlending) ou en investissant via des actions ou des obligations (crowdinvesting), il est non seulement possible de soutenir des PME qui embauchent et qui sont dans un cycle de développement, mais il est aussi constaté qu'une nouvelle classe d'actifs se créée. L'investissement sur une plateforme de finance participative proposant des financements d'entreprise constitue en effet une nouvelle forme de placement financier. Les rendements y sont d'ailleurs intéressants. La moyenne des taux d'intérêt sur le marché du prêt et de l'obligataire en crowdfunding est d'environ 7/8%. Ces rendements sont connus dès le départ, car contrairement aux actions, les prêts et les obligations fixent contractuellement, avant d'investir, le taux d'intérêt et la durée d'engagement. Les flux sont ainsi réguliers et stables, les prêts étant remboursés tous les mois, avec les intérêts, et les obligations sont remboursées tous les ans, les coupons étant payés tous les six mois (termes et conditions spécifiques à Investbook). Quels que soient les résultats financiers de la société financée, celle-ci à l'obligation de payer les intérêts, le rendement est fixe et connu à l'avance. Certes les rendements offerts sont moins importants que ceux espérés sur des actions, mais connaitre à l'avance le rendement de ses investissements est un confort non négligeable en ces temps d'incertitudes.

Investir sur des produits de taux à fort rendement (prêts/obligations) sur des PME génératrices de croissance et d'emplois, et sur un créneau innovant voué à transformer la finance classique, est probablement la meilleure des solutions en ces temps d'atonie économique.

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