Comme un air de déjà-vu. En plein conflit sur les retraites, la guerre des droites est de retour. Cette fois-ci, l'affrontement se déroule en plein cœur de la Macronie. Peu de commentateurs l'ont relevé, mais, à l'origine, le démissionnaire Jean-Paul Delevoye est un très proche de Brigitte Macron. Ancien député-maire dans le Pas-de-Calais, il fut, plus jeune, élève au lycée de la Providence à Amiens, où celle-ci a enseigné quelques années plus tard. L'ancien chiraquien est aussi « très apprécié » du président, selon un initié. À droite, il fut l'un des premiers à le rallier dès 2016. Sa démission devenue inéluctable du fait de ses « oublis » auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) est donc un coup dur pour l'Élysée.
La vieille droite, ou plutôt Édouard Philippe et quelques-uns de ses alliés, comme Gérald Darmanin : depuis le mouvement des « gilets jaunes », l'ancien maire du Havre se sait sur la sellette. À chaque épreuve, l'opération « bouc émissaire » est enclenchée par l'Élysée, mais jusqu'à présent Emmanuel Macron apparaissait trop présent sur le terrain médiatique pour aller jusqu'au bout de cette tactique. Sur le dossier des retraites, le Premier ministre s'est retrouvé en première ligne, ce qui permettrait au président d'utiliser enfin cette carte. Un classique de la Ve République où les locataires de Matignon ont souvent servi de fusible.