Le bruit nuit gravement à la santé et… à la qualité de votre travail

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Une exposition prolongée à un environnement trop bruyant peut causer des troubles mentaux et physiques chez l'être humain.
Une exposition prolongée à un environnement trop bruyant peut causer des troubles mentaux et physiques chez l'être humain. (Crédits : Unsplash)
OPINION. Bruits parasites et mauvaise qualité sonore peuvent provoquer stress, frustration, problèmes cardiaques, etc. Et les lieux de travail ne sont pas épargnés. Les entreprises doivent donc protéger leurs employés d'un environnement trop bruyant ou leur offrir une technologie audio de qualité. Les outils adéquats peuvent les y aider. * Par Theis Moerk, vice-président d’EPOS, société de solutions audio haut de gamme

Il est possible que vous vous sentiez souvent épuisé ou éreinté à la fin d'une journée de travail. Si c'est le cas, ce sentiment peut venir d'un réveil trop matinal, d'une accumulation de stress ou d'un manque de caféine. Cela peut également résulter d'une journée passée à discuter au téléphone et à assister à des réunions virtuelles dans des conditions sonores difficiles. Ce que beaucoup de gens ignorent, c'est que toute « mauvaise expérience sonore » peut avoir une incidence néfaste sur notre santé mentale.

Contrairement à nos autres sens, le cerveau met plus de temps à réagir au son, car il lui est plus difficile de passer d'un stimulus sonore à un autre qu'avec les stimuli visuels ou tactiles. Par exemple, lorsque vous assistez à une conférence téléphonique et que celle-ci est interrompue sans cesse par des bruits de fond agaçants, des interférences ou un écho, le cerveau fournit davantage d'efforts pour rester concentré sur la source sonore la plus importante.

Ces expositions répétées à une mauvaise qualité sonore peuvent causer des « micro-frustrations » et avoir une incidence encore plus importante et préoccupante sur notre état de bien-être général. D'après une étude que nous avons menée, 95 % des personnes interrogées évoquent des problèmes de concentration et d'efficacité liés à des nuisances sonores. Nous avons déjà tous fait l'expérience d'une qualité d'appel médiocre, mais nous oublions souvent de penser à la manière dont cette situation nous affecte. Environ 35 % des personnes interrogées rapportent s'être senties frustrées, irritées ou contrariées par une mauvaise expérience sonore. De plus, 25 % des personnes rapportent se sentir stressées et 15 % disent même éprouver une certaine confusion.

Lire aussi : Stress au travail : les 5 sources du "burn out" pour les salariés et les managers

Perte de la concentration et maux de tête

Quel élément nous affecte le plus ? Le son que nous entendons ou ce que nous ressentons quand nous percevons un son ? La réponse est à mi-chemin entre les deux. En effet, certains sons résonnent en nous d'une manière bien particulière, et notre réaction face à eux peut soit avoir été acquise au cours de l'évolution de notre espèce soit être liée à notre propre vécu. Les sons ont le pouvoir d'influencer nos pensées, nos émotions et notre comportement, comme ils peuvent profondément altérer notre humeur. Mais comment le son agit-il sur le cerveau lorsque la qualité sonore est médiocre ou insuffisante ?

Une mauvaise qualité sonore provoque bien plus qu'un désagrément : elle agit sur notre bien-être physique et émotionnel. Avec le développement du télétravail en cette année 2020, la vie nous impose de surmonter de nouveaux défis. Les bruits de fond causés par les travaux de voirie, par nos colocataires ou les membres de notre famille rendent le télétravail pas toujours aussi simple qu'il n'y paraît. Ces bruits parasites peuvent nuire grandement à la concentration, mais aussi avoir une incidence néfaste sur la santé. Bien que certaines personnes pensent qu'il est possible de s'habituer au bruit constant, ce n'est pas vrai. Les bruits parasites peuvent par exemple aggraver les signaux physiques liés au stress comme la pression sanguine, les maux de tête, et aussi les maladies coronariennes.

Une augmentation significative du stress

Du cortisol (l'hormone du stress) est libéré lorsque le cerveau est inondé de stimuli sonores et sensoriels. Présent en excès, le cortisol peut inhiber les fonctions du cortex préfrontal du cerveau (le siège de l'apprentissage et du traitement des émotions qui nous permet de réguler nos comportements, comme le raisonnement et la planification). L'exposition à des bruits qui provoquent du stress chez un individu se traduira inévitablement par des problèmes aussi bien mentaux que physiques.

Les maladies liées au stress représentent l'une des principales causes d'arrêt de travail au Royaume-Uni et coûtent près de 26 milliards de livres sterling par an à l'économie britannique. Il est important qu'aussi bien les employés que les entreprises aient conscience des effets de leur environnement de travail. Selon Cary Cooper, professeur en psychologie organisationnelle et santé à la Business School de Manchester, l'accumulation croissante de ces frustrations a une incidence profonde sur le bien-être émotionnel des employés : « Ces derniers mois, nous avons pu constater que les lieux bruyants qui n'ont pas été étudiés pour garantir un bon environnement de travail créent des situations encore plus stressantes, et ce d'autant plus lorsque les employés subissent de fortes pressions. À cause du télétravail et de la possibilité d'être constamment connecté avec ses collègues au moyen de plusieurs appareils et applications (téléphones portables, e-mails et plateformes de communication et de collaboration), les entreprises demandent de plus en plus à leurs employés de générer des résultats presque instantanément. »

Lire aussi : «L'économie a tourné pendant le confinement grâce au télétravail» (Olivier Girard, Accenture)

Opter pour des outils audio adaptés

Même si le télétravail semble constituer la nouvelle norme, les employeurs doivent désormais créer et encourager une culture de travail qui favorise un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée, mettre en place des processus d'activité appropriés et fournir à leurs employés les outils dont ils ont besoin pour travailler efficacement. « Il est nécessaire que les employeurs collaborent avec leurs employés afin de leur apporter les solutions qui répondent à leurs besoins. En travaillant main dans la main avec leur personnel, les entreprises peuvent instaurer des bonnes pratiques pour améliorer le moral de leurs équipes, créer un environnement de travail harmonieux et optimiser la productivité et l'efficacité de leurs employés », déclare le Dr Cary Cooper.

Partout dans le monde, les entreprises ont l'obligation de protéger la santé de leurs employés. Elles doivent notamment s'assurer que leurs télétravailleurs ne sont pas en train de prendre des risques. De plus, il est nécessaire que les employés des échelons inférieurs bénéficient du même niveau de bien-être que ceux des échelons supérieurs. Selon notre rapport, 79 % des décideurs sont d'accord pour dire que le fait de disposer d'un équipement audio de qualité composé de micro-casques, d'écouteurs et de speakerphones peut atténuer les difficultés liées aussi bien à la qualité sonore des appels qu'à l'environnement de travail. Afin d'améliorer la sensation de bien-être au travail tout en évitant les situations de stress et l'accumulation de micro-frustrations, les chefs d'entreprise doivent mettre en place des politiques de travail et faire des investissements spécifiques pour réduire les sources de stress telles que les bruits indésirables, le manque d'équilibre entre vie professionnelle et vie privée ou bien encore les problèmes de sécurité.

Le télétravail en toute sérénité

La technologie nous permet de communiquer et de collaborer en toute simplicité. En outre, dans un monde où le télétravail est appelé à perdurer, elle facilite la continuité des opérations. Les réunions virtuelles vont elles aussi perdurer pendant longtemps, et malgré la nature omniprésente de ces technologies de communication, les défis à relever sont nombreux. Il ne fait aucun doute que les solutions et environnements technologiques dans lesquels évoluent les utilisateurs vont devenir de plus en plus complexes. Une chose est certaine : l'avenir du travail sera fait de plus d'appels téléphoniques, de plus de visioconférences et de plus de chances d'être interrompu dans vos activités par une mauvaise qualité sonore. Dans un tel environnement, les employés comme les employeurs ont donc besoin de disposer d'outils audio d'exception et de profiter d'une expérience sonore exceptionnelle afin de garantir une collaboration en toute fluidité.

Lire aussi : Comment la crise sanitaire a ouvert la voie à une révolution du travail sans précédent

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Commentaires
a écrit le 12/08/2020 à 10:37 :
Parlons des "Open space": pas de mur, pas de cloison. Tout le monde profite du bruit, des bruits, des odeurs. Qualnd le chef dit quelque chose, il suffit de gueuler sur le plateau et c'est terminé sauf si vous êtes à l'extrémité du plateau et en même temps au téléphone en communication. Votre chef vous dira d'un ton sentencieux: " je l'ai déjà dit ça devant tout le monde'' [(soupir): car si tu n'as pas appliqué, c'est que tu n'écoutes pas].

Plus je parle fort, plus le collègue va parler fort et les autres aussi. C'est super les Open Space, quelle convivialité, quelle meilleure interaction entre salariés, quelle ambiance, quelle révolution. En un mot quel progrès !

Quelle économie en terme d'investissement ! L'argent qui n'est jamais investi dans l'immobilier, une vraie économie: un vrai profit immédiat !
On peut mesurer les intérêts d'une telle pratique surtout en période d'épidémie.

Mais au fait pourquoi autant de rotation de personnel, de stress, d'arrêts maladie, de difficultés pour recruter ?
Réponse de le 12/08/2020 à 17:33 :
Lire l'ouvrage de Johann Chapoutot Libres d’obéir - Le management du nazisme à nos jours.Une réflexion sur le management moderne ,l'open space développée par les nazis et qui a continué à être utilisé bien après la guerre.
Réponse de le 12/08/2020 à 17:55 :
Ça ne marche pas mais on continue

Dans toutes boites où j'ai travaillé, l' "open space" y était présenté comme le nec plus ultra des conditions de travail; un atout, un outil de progrès en matière de communication.

C'est à se demander si les salariés sont capables de se parler par téléphone, par messagerie interne, par note écrite ou bien de vive voix lors des "réunions", "briefing" ou autre "débriffing" ou bien séminaire….
a écrit le 11/08/2020 à 10:07 :
C'est un vrai sujet, qui est éludé des décisions politiques de manière systématique.
Le bruit dans les zones denses et hyperdenses est vecteur indirect de maladies ( hypertension, pb cardio-vasculaire, fatigue chronique, trouble du sommeil...).
Le bruit des métropoles à dépassé le seuil depuis longtemps, mais les mesures effectuées sont basé sur un protocole obsolète.
Ainsi uniquement ceux qui habitaient dans des zones calmes provinces, campagnes mesuraient la puissance de ce bruit de fond. Le confinement a eu pour effet que chacun d'entre nous en prenne conscience.
De la même manière, l'ensemble des petits conséquences néfastes se cumulent en ville : pollution ( lumineuses, sonores, déchets...), économique ( tension sur le foncier, bataille pour l'accès aux services , lutte pour trouver un emploi, difficultés à monter une entreprise...), mais aussi sociales/sociales ( indifférence et déshumanisation des contacts, bureaucratie, incivilités, criminalité organisée, captation des richesse par un minorité...).
La doxa dit si on double la population, le PIB généré est de 203% (+3%) du fedes économie d'échelle. Or certains facteurs comme la maintenance des infrastructures et les effets néfastes du bruits ne sont jamais pris en compte ! Cela est accentué par le bureau de renouvellement des populations (les jeunes en forme arrivent, les parents et personne âgées partent) qui ne permet pas de mesurer cet effet statistiquement ( idem sur les richesses, on attendait avec impatience le rapport de France Strategie basé sur les déclarations de revenus prévus fin 2018 et qui n'est jamais sortie).
C'est un signal faible, d'un problème qui me semble plus profond,
a écrit le 11/08/2020 à 9:29 :
Quand va t'on enfin se décider de sanctionner les automobilistes et les motards qui circulent avec des engins munis de pots d'échappement non conformes qui produisent un bruit anormalement important ? bonjour les décibels ! Parfois on a l'impression que c'est échappement libre...le laxisme organisé !
a écrit le 11/08/2020 à 9:27 :
Merci beaucoup pour cet article.

Imaginez tout ces gens qui habitent au bord d'autoroutes, de carrefours citadins ou d'aéroports et autres, ils doivent être sans arrêt épuisés j'y pense à chaque fois que je passe à côté, non définitivement nous ne naissons pas tous égaux en droit.
a écrit le 10/08/2020 à 18:38 :
Le mauvais son est dangereux.
Ne pas confondre avec la musique.
Ce qui exclut de fait le Rap et toute la "musique" produite au kilomètre à grand renfort de technologie dont les principaux composants sont des basses abrutissantes et des bimbos décolorées, siliconées, tortillant des fessiers comme des ver de terre coupés en 2.
"Madonna, Beyoncé et les autres nuisent gravement à la santé".
Sur ce, je retourne chez Pink Floyd et Led Zeppelin, quelques copains du Jazz et anciens de la musique classique. Des valeurs sûres qui ne me "pètent" pas les oreilles ...et le reste.

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