Le sens de la RSE est l'économie du bien commun !
Patrick d'Humières (*)
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Comme épilogue à l'éviction de Emmanuel Faber, l'économiste Jean-Marc Daniel exprimait récemment dans un journal concurrent une interrogation très ironique sur l'utilité de la RSE en économie, laissant entendre que la bonne régulation publique de la concurrence et des taxes correctrices étaient préférables à des gestions d'entreprise qui tordent leurs objectifs d'optimisation de leur mission économique et financière...
Ce débat doctrinal sérieux court de longue date ; mais ce n'est pas l'embardée (provisoire), très particulière, de Danone, à laquelle chacun peut faire dire ce qu'il veut, qui peut remettre en cause une autre vision de l'économie politique qui s'affirme aujourd'hui, celle d'un optimum collectif visant « le bien commun ». Ou qui puisse remettre en selle la doxa classique d'une Ecole de Chicago néo-libérale qui s'est auto-condamnée par ses excès, et surtout ses incapacités à réguler les enjeux collectifs qui obèrent la poursuite du modèle de croissance post trente-glorieuses.
Et ce n'est pas parce que des patrons auraient entendu des voix « en Société » ou sont en réaction contre des mécanismes de marché qui les désavantagent, que « la RSE » est devenue un modèle mainstream dont les 5000 premières entreprises de la zone OCDE et au-delà, rendent compte aujourd'hui dans leur rapport de gestion !
Le mouvement est passé en vingt ans d'une communication réactive faisant suite aux critiques violentes des ONG, à une transformation volontaire des modèles de production et de répartition de la valeur, enseignée dans les grandes business schools, à la performance mesurée et reconnue, reposant sur des cadres normatifs internationaux.
Mais si on en était resté là, la critique de Jean-Marc Daniel s'imposerait, car il n'a pas suffit que les grandes entreprises prennent conscience de leurs impacts, négatifs et pas seulement positifs, pour qu'on sache gérer les risques climatiques et environnementaux, mais aussi sociaux et sociétaux et qu'on fasse basculer la mondialisation dans une « économie responsable ».
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Patrick d'Humières (*)