Les 700.000 tests par semaine restent fondamentaux

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(Crédits : Brendan McDermid)
OPINION. L'objectif du gouvernement en matière de tests semble loin d'être atteint. Or il est essentiel pour éviter un reconfinement qui serait désastreux pour la France tant sur le plan sanitaire qu'économique. Par Cécile Philippe, Institut économique Molinari.

Le directeur général de la Santé s'est doté de l'objectif de « réaliser 700.000 tests par semaine dans la semaine au 11 mai ». Cet objectif a été annoncé à la Mission d'information de la conférence des Présidents sur l'impact du Covid 19, à la presse, puis relayé par le Premier ministre le 28 avril à l'Assemblée nationale indiquant que « nous serons en capacité de massifier nos tests jusqu'à 700.000 tests virologiques par semaine ». La massification des tests est un outil crucial pour éviter la reprise de la contagion qui nous obligerait à un nouveau confinement, délétère sur les plans humains et économiques. Par conséquent, le suivi de cet indicateur de santé est crucial. Or, dans le dernier point épidémiologique publié par Santé publique France, la donnée n'a pas été publiée sachant qu'il est très probable que le nombre de tests ait diminué plutôt que de monter en puissance.

Un objectif fondé

L'objectif de 700.000 tests par semaine à la sortie du confinement semble fondé, étant donné que le dépistage est un élément clé du succès sanitaire et économique de pays qui, en dépit de l'épidémie, ont continué à fonctionner relativement normalement. A l'inverse, la France qui n'avait pas cette capacité au début de la crise a dû confiner plus que d'autres pays comme l'Allemagne, comme l'illustre l'indice comparatif de restriction élaboré par l'université d'Oxford. La baisse du PIB français au 1er trimestre a été de 5,8% alors qu'elle a été en moyenne de 3,3% dans l'Union européenne à 27 et de 2,2% en Allemagne. Comme l'indique une note de conjoncture du Sénat en date du 11 mai, la chute plus prononcée du PIB enregistrée en France « apparaît globalement cohérente avec l'intensité des mesures prises pour lutter contre la crise sanitaire, très variable selon les pays ».
En dépistant massivement, la France devrait être en mesure d'appliquer des mesures de confinement moins dures en ciblant celui-ci. Les tests sont un indicateur sanitaire clé tout autant qu'un investissement utile sur le plan économique. Or, les capacités, nous les avons, aussi bien dans les laboratoires de biologie privés que dans les hôpitaux publics. Si bien que les 700.000 tests par semaine annoncés sont réalisables.
Est-on en bonne voie de réaliser 700 000 tests par semaine ? Rien n'est moins sûr. Les précédents bulletins de santé publique France montraient que nous faisions de l'ordre de 110.000 tests par semaine. Le dernier point épidémiologique publié le 14 mai par l'agence nationale ne mentionne pas le nombre de tests réalisés dans les laboratoires de ville et dans les structures hospitalières.

Léger fléchissement

Il semblerait plutôt que l'on assiste à un léger fléchissement du nombre de tests, comme le montre les données concernant les laboratoires privés disponibles sur le site Etalab. Si cette tendance était confirmée, cela irait à l'inverse des annonces gouvernementales. Plus grave, cela nous exposerait au risque d'une nouvelle vague de contagion. A l'instar des pays développés qui ont réussi à contenir l'épidémie, il faudrait tester tout autant les personnes présentant de forts symptômes que celles présentant des symptômes légers. Il faudrait aussi dépister toutes les personnes ayant pu être en contact avec des malades et aussi des personnes autres prises au hasard. La Corée du sud qui parvient à contenir efficacement le virus continue de pratiquer quotidiennement 15.000 tests alors qu'elle ne dénombre chaque jour que quelques dizaines de cas (27 le 15/05/20).
En attendant des traitements efficaces ou un vaccin, le déploiement des tests est clé pour maintenir notre société ouverte aux interactions sociales et économiques. On peut s'étonner de ce que les données permettant de le suivre n'aient pas été publiées au moment où elles sont le plus cruciales afin d'évaluer notre résilience face au virus. C'est d'autant plus malvenu que les tests sont un outil de responsabilité individuelle et collective. Leur déploiement à grande échelle est clef pour valoriser l'effort fait par la société française et éviter un reconfinement qui serait désastreux.

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Commentaires
a écrit le 18/05/2020 à 4:11 :
c'est 7 millions de tests par semaine qu'il aurait fallu pour faire ça vite et bien ... mais bon ça arrange bien le gouvernement de maintenir l'état d'urgence
a écrit le 17/05/2020 à 20:40 :
Ils sont achetés et ils ne valent rien, faudra faire sans.
a écrit le 17/05/2020 à 19:05 :
Oui ou sinon on ne reconfine pas. Aucune loi n'interdit à quelqu'un de démissionner et de rester cloitré chez soi.
a écrit le 17/05/2020 à 11:42 :
Le monde bouge trop vite ;
à part les tests sérologiques, les autres ne valent rien , que de la pub «  en attendant « 
, par contre d’après des informations sur sputnik , les scientifiques Américains ont trouvé “ “une parade” ( un cocktail d’anticorps qui écoule le virus du corps ) en attendant un vaccin anti Covid 19 , pour un retour à la normale .
Réponse de le 17/05/2020 à 11:55 :
Erreur de frappe **
Qui «  expulse du corps »
a écrit le 16/05/2020 à 18:15 :
J'ai oublié d'ajouter qu'il faut évidemment tester les personnes qui présentent les symptômes du virus...
Cordialement
a écrit le 16/05/2020 à 17:36 :
Des masques...pas de masques..
Des tests...pas de tests...Personne n'est d'accord. Cette situation arrange le gouvernement, vu qu'il y a pénurie...que ça coûte cher(aussi), c'est service minimum. Les masques par contre devraient être gratuit pour se rendre au travail, le trajet fait partie du travail le masque devrait dans ce cas être considéré comme un EPI.
Réponse de le 17/05/2020 à 8:26 :
@Valbel89 16/05/2020 17:36
Les masques ne servent à rien sauf si vous êtes dans un espace confiné. Dans la rue, il suffit de garder 2-3 mètres être de distanciation physique. En revanche, vous avez raison: prendre le métro/bus pour aller au boulot, il faut un masque et cela pourrait être considéré comme un EPI, à la charge de l'employeur.
Cordialement
Réponse de le 17/05/2020 à 19:01 :
Les tests aujourd'hui servent à quoi? Quand une personne est testé positive on s'empresse de tester son entourage,il est vrai que c'est très bien, mais il faudrait aussi tous les isoler et les re-tester deux semaines après et seulement là on pourrait dire qu'ils l'ont pas eu... C'est pas parce que quelqu'un m'a contaminé que demain je serait détectable !
Mais bon cette gestion se paiera en mai 2022...
a écrit le 16/05/2020 à 16:54 :
Tester tout le monde ne sert à rien. Toutefois, il faut absolument tester les personnes qui ont pu avoir un contact avec une personne infectée et trouver ces personnes n'est pas simple (ref: incident en Corée du sud il y a quelques jours: incident de vie nocturne).
Cordialement
a écrit le 16/05/2020 à 16:52 :
Qu'en dit le professeur RAOULT? Je suis tenté de lui faire davantage confiance qu'à notre système de santé qu'on nous vante comme le premier du monde … malgré ses éclatants échecs.
a écrit le 16/05/2020 à 15:38 :
Et combien de test pour le cancer, pour le diabète et autres ???
Réponse de le 16/05/2020 à 16:10 :
Un jour j'ai trouvé un test cancer colorectal dans le conteneur emballages, pas ouvert, le modèle que seul le médecin traitant délivre (pas hémocutt), quelqu'un n'a pas du oser dire "non", et est reparti avec et l'a jeté (pourquoi pas dans la poubelle générale ?). Y a des campagnes de dépistages depuis des années et des années, selon les ages, les sexes aussi (les hommes peuvent avoir un cancer du sein mais très très² rarement), des journées consultation gratuite de dermatologue contre le mélanome (mais ça semble pris d'assaut, certains espèrent une consultation gratuite pas juste une analyse "mélanome", un jour c'est peu).
Si vous avez une prise de sang par an, on ne peut pas détecter votre diabète ? On dirait que plus rien n'existe... (?)
a écrit le 16/05/2020 à 15:14 :
On est très loin de cet objectif. La stratégie pour les tests est à peu près la même que pour les masques : gérer la pénurie (discours soit officiel soit officieux, c'est là ou c'est très fort) et organiser pour qu'un maximum de français y soient de leur poche (labo à côté de chez moi, le 14 mai, plage horaire d'une demi-heure : 14 clients , 1 seul avec une ordonnance).
Réponse de le 16/05/2020 à 16:13 :
ceux venant sans ordonnance, ça va peut-être les rassurer mais comment saura-t-on que le voisin est négatif (car testé, négatif = pas porteur ?), ou positif ? Si c'est personnel, absent de toute base de données "covid", peut-être quand ça se fera partout ils seront re-testés (67 millions, c'est trop vaste, il faut des tests statistiquement pertinents, hors cas positifs avérés bien sûr, là c'est systématique)
Réponse de le 16/05/2020 à 21:04 :
Je suis d'accord avec vous sur le fond, mais je ne suis pas sûr du tout qu'ils se fassent re-testés, sauf à re-présenter des symptômes covid.

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