Marché du travail : la grande réforme... en catimini

Olivier Passet, Xerfi

Olivier Passet, Xerfi
La France ne se réforme pas, c'est un fait entendu. Et l'impasse parlementaire autour de la loi Macron et l'échec récent de la négociation autour de la négociation interprofessionnelle sur le dialogue social en entreprise apportent il faut bien l'avouer de l'eau au moulin de ceux qui défendent ce point de vue.
Et si le chômage persiste, et c'est un fait, c'est parce que l'Etat, les partenaires sociaux persistent dans leurs erreurs : un coût du travail trop rigide au niveau des faibles qualifications ou des primo-entrants, obstacles au licenciement et insécurité juridique excessifs, code du travail trop contraignant, indemnisation des chômeurs trop peu sélective etc...
Ce n'est pourtant pas rendre justice à nos efforts fastidieux mais constants de réforme. Il est toujours confortable de forcer le trait, de considérer comme dérisoire ce qui a été fait et de s'épargner de la sorte un bilan circonstancié.
Si l'on avait envisagé il y'a encore 10 ou 15 ans une situation de croissance zéro ou quasi zéro, s'étirant sur près de sept ans, aurions-nous imaginé un seul instant que l'emploi ne se dégraderait « que » (entre guillemets) de 300.000 unités et que le taux de chômage resterait contenu dans des territoires déjà observés par le passé. Assurément non. Force est de constater que nous n'avons pas reproduit les comportements passés. Et si le bilan est moins noir que prévu, la réponse est peut-être à rechercher dans les multiples ajustements qui ont changé plus profondément qu'on ne le dit le fonctionnement de notre marché du travail.
Un nouvel outil de la Commission, la base de données LABREF, qui recense de façon exhaustive toutes les dispositions législatives ou conventionnelles impactant le marché du travail, montre que la France, contrairement aux idées reçues, est depuis 13 ans un des pays européen qui a réformé le plus intensément son marché du travail. Un point de vue auquel se rallie une récente note de terra nova « Et si les (vraies) réformes étaient ailleurs ? » de Luc Pierron et Martin Richer qui nuance à juste titre me semble-t-il ce qui est généralement dit sur notre prétendu immobilisme.
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Subrepticement et par petites touches, la France a mis en place de vrais brèches en matière de flexibilité. Je vais me lancer ici dans une liste à la Prévert pour en prendre la mesure
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Olivier Passet, Xerfi