Pourquoi la transformation financière n'a pas encore eu lieu

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(Crédits : DR)
Quand la technologie fait, paradoxalement, obstacle au changement... Par Thierry Mathoulin, Directeur France de Workday

Vous rappelez-vous les années 80 ? Non ? Alors au cas où, petit flashback : l'époque du magnétoscope, des bonnes vieilles cassettes VHS, du Walkman et du Minitel.

À ce stade, soit quelques vagues réminiscences refont surface, soit vous faites partie de la génération qui ne peut concevoir la vie sans Netflix. Dans un cas comme dans l'autre, nous sommes tous d'accord pour dire que le monde a incroyablement changé ces 30 dernières années et que la technologie a été le plus grand moteur du changement. Le monde de l'entreprise n'y a pas échappé. Un grand nombre d'entre elles ont su apprivoiser le changement pour créer de toutes nouvelles activités et générer de la valeur. D'autres, en revanche, se sont littéralement volatilisées : près de 50 % des sociétés qui, en 2000, étaient cotées au palmarès Fortune 500 ont aujourd'hui disparu.

Quand la technologie fait obstacle au changement

Que s'est-il donc passé ? Si certaines ont fait les frais de la frénésie de fusions-acquisitions, si d'autres ont été victimes de la crise financière de 2008, force est de constater que la plupart n'ont juste pas réussi à prendre le virage du numérique. Leur inertie face aux évolutions technologiques a permis à des start-ups innovantes ou des concurrents plus agiles de s'imposer grâce à des méthodes inédites et résolument plus rapides et efficaces.

Lorsqu'on y pense, c'est un véritable paradoxe que la technologie puisse faire obstacle au changement ; mais c'est pourtant le cas pour nombre d'entreprises. Elles peinent car les technologies en place pour piloter leurs activités n'ont pas été conçues pour leur permettre de s'adapter et d'exceller à l'ère du numérique. Elles ont été créées dans les années 80/90, autrement dit à une époque où les impératifs des entreprises n'étaient pas ceux d'aujourd'hui.

Les problématiques technologiques auxquelles les directions financières ont dû faire face depuis cette période constituent un bon exemple. La technologie, initialement conçue pour automatiser les transactions et la comptabilité générale, les freine aujourd'hui pour réaliser leur principal objectif : être un meilleur « business partner » au sein de l'entreprise.

Trop temps passé pour la gestion transactionnelle et la comptabilité

Aujourd'hui, la Direction Financière regroupe trois domaines de responsabilité : la gestion transactionnelle et la comptabilité, la conformité et le contrôle, le partenariat avec l'entreprise et ses autres métiers. Les responsables financiers constatent que leurs équipes consacrent toujours bien trop de temps aux deux premières missions, et donc trop peu pour s'affirmer comme « business partner ». Cette nouvelle donne requiert de la fonction Finance des informations allant bien au-delà de la comptabilité générale, que les systèmes en place avaient pour mission d'automatiser. Compte tenu de la multiplicité des parties prenantes et d'un environnement économique en transformation permanente, la fonction rencontre de sérieuses difficultés pour produire des informations utiles aux différents acteurs de l'entreprise en matière décisionnelle.

Un amalgame complexe de solutions différentes

La Finance doit impérativement se transformer. Elle a besoin d'un accès plus rapide aux données pertinentes, d'un meilleur reporting et de mécanismes de contrôle intégrés plus performants. Parce que les systèmes financiers traditionnels n'avaient pas été élaborés dans cette optique, les entreprises et leurs éditeurs ont tenté de combler les vides en rajoutant d'autres logiciels pour suppléer aux fonctionnalités manquantes. De ce fait, les systèmes financiers sont devenus un amalgame complexe de solutions différentes, qui s'intègrent difficilement.

Si cette approche colmate certains déficits fonctionnels, elle ne peut soutenir la transformation complète dont a besoin la fonction Finance. Les systèmes résultants de cette architecture complexe sont tout bonnement incapables de s'adapter aux changements et à la croissance dont ont besoin les entreprises aujourd'hui. Tenter de les adapter s'avère fastidieux, lent, coûteux et, dans certains cas, quasiment impossible.

Nouveaux business models

Fort heureusement, en créant de nouveaux business modèles, la révolution technologique a également permis de repenser la façon dont les systèmes financiers devraient être élaborés et ce qu'ils devraient proposer. L'émergence du cloud, la démultiplication de la puissance de calcul, la baisse des coûts de stockage, l'essor des appareils mobiles et l'avènement de l'Internet grand public ont jeté des bases nouvelles, plus économiques, solides et agiles, pour la fonction Finance. Ceux qui mettent à profit ces évolutions concrétisent l'objectif, poursuivi de longue date mais rarement atteint, consistant à transformer la fonction Finance en un « business partner » de premier plan de l'entreprise.

La transformation financière n'est pas juste une brique supplémentaire à rajouter à un existant : elle implique d'être agile, d'être prêt à remettre en cause des idées bien ancrées, de réfléchir à l'objectif à atteindre et d'envisager une totale refonte technologique.

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Commentaires
a écrit le 13/04/2017 à 10:40 :
Oui c'est vrai que cela a été vachement lent la transition vers les transactions financières au millionième de seconde; aussitôt que la technologie l'a permis cela a été appliqué.

Ah tout ces jolies histoires qu'on nous raconte...

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