Présidentielle au Brésil, "apocalyse now" !

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Manifestation contre le candidat à la présidentielle brésilienne Jair Bolsonaro.
Manifestation contre le candidat à la présidentielle brésilienne Jair Bolsonaro. (Crédits : Reuters)
Ce qui est en train de se passer au Brésil est d'une importance capitale pour les démocraties occidentales, déjà rongées par la montée de droites radicales, souvent dites « populistes ». Par Armelle Enders, Université Paris 8 - Vincennes Saint-Denis

Risquons une triste prophétie : quoi qu'il advienne lors du second tour des élections présidentielles, des gouverneurs et du sénat fédéral, ce dimanche 28 octobre prochain, le Brésil - 210 millions d'habitants, 10e économie mondiale - s'achemine inexorablement vers le chaos.

Le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro (Parti social libéral - PSL) a largement devancé son adversaire, Fernando Haddad (Parti des Travailleurs - PT) au premier tour et a creusé l'écart dans les projections pour le second tour : un sondage daté du 23 octobre le crédite de 57 % des suffrages exprimés contre 43 % pour Haddad. Même si Fernando Haddad, renversait miraculeusement la tendance, il ne fait guère de doute que le verdict des urnes serait immédiatement contesté et que le président-élu ne serait pas investi.

L'un des fils du candidat d'extrême droite, Eduardo Bolsonaro, lui-même élu député fédéral le 7 octobre dernier avec un score historique, ne cache pas le peu de cas qu'il fait des barrières légales et institutionnelles. La Cour suprême ? Il suffirait, selon lui, d'« un soldat et un caporal » pour s'en débarrasser, s'il prenait l'envie à celle-ci de chercher des noises à son candidat de père.

Les possédés, version brésilienne

Même dans cette perspective, il faut espérer que l'instinct de survie et l'amour de leur pays pousseront une majorité d'électeurs à faire barrage à Jair Bolsonaro dont les gesticulations ne détoneraient pas dans Pulp Fiction ou un mauvais show de télé-réalité. Si l'extrême droite doit accéder au pouvoir, autant que ce soit par effraction, comme en 1964, et sans l'onction du peuple souverain.

Ce qui est en train de se passer au Brésil est d'une importance capitale pour les démocraties occidentales, déjà rongées par la montée de droites radicales, souvent dites « populistes ». Comment un pays, dont les habitants considèrent à 69 % la démocratie comme le meilleur des régimes, peut-il se précipiter dans les bras d'un ancien capitaine de parachutistes, politicien de troisième zone depuis 30 ans, dont la seule ligne claire, depuis ses débuts en politique, est l'apologie de la dictature, de la torture, du meurtre ?

Le Brésil est actuellement le théâtre d'une hystérie et d'un aveuglement collectifs aux proportions inédites, lequel doit être analysé et médité à la mesure de sa gravité.

La campagne de Bolsonaro, sur laquelle planent les ombres de Cambridge Analytica, de Steve Bannon et de l'extrême droite étatsunienne, repose sur la dissémination systématique de mensonges, de fausses nouvelles et d'infox par les réseaux sociaux, principalement la messagerie fermée WhatsApp. Une enquête du quotidien Folha de São Paulo vient de révéler que cette campagne de bobards a été financée illégalement, à hauteur de 3 millions d'euros par des patrons.

Indépendamment des manipulations, le plus sidérant reste que des millions de personnes se soient emparées de ces sinistres fariboles et adhèrent sans ciller à un imaginaire aussi délirant que haineux.

La démocratie brésilienne dans le coma

La campagne pour les élections générales de 2018, loin de revigorer une démocratie malade, a accentué ses maux. Depuis le 5 octobre, date du premier tour, la démocratie brésilienne s'enfonce de plus en plus profondément dans le coma.

Le candidat Bolsonaro, poignardé par un illuminé lors d'un bain de foule, le 6 septembre dernier, invoque son état de santé pour fuir tout débat télévisuel avec son adversaire et déroge à ce rituel, si ancré dans les mœurs démocratiques internationales. Il faut voir dans ce boycott plus qu'une tactique destinée à masquer la faiblesse d'un candidat sans aucune compétence ni expérience, qui ignore à peu près tous les dossiers et alterne les contradictions abyssales et les mensonges horrifiques. Ce refus de confronter ses idées, son programme et sa personnalité à son adversaire traduit le rejet foncier de l'essence même de la démocratie libérale et l'interdiction du dissensus, qui forment le socle de l'extrême droite brésilienne dans son versant militaire.

L'impossibilité du débat affecte tout l'espace public, gagné en retour par la violence. La campagne électorale est devenue un gigantesque dialogue de sourds, comme l'illustre cet échange rapporté :

« Comment pouvez-vous défendre un candidat qui fait l'apologie de la torture et des pires tortionnaires de l'histoire du Brésil ?
- Le Brésil a bien été torturé par le Parti des Travailleurs pendant des années ».

Le mantra, inlassablement dévidé, selon lequel le Parti des Travailleurs et Lula ont pillé et mené le Brésil à la faillite et que le pire des génocides n'est rien comparé à un tel forfait, empêche toute forme de discussion.

Les agressions, symboliques, verbales, physiques, ont pris le pas sur la discussion et vont crescendo. Au lendemain des élections, à Salvador da Bahia, l'artiste noir Moa do Catendê a été tué, de 12 coups de couteau, par un électeur de Bolsonaro pour avoir affirmé ses sympathies à l'égard du PT.

Ce cas n'est malheureusement pas unique. La journaliste de la Folha de São Paulo, Patrícia Campos Mello, qui a enquêté sur le financement illégal de la campagne du candidat d'extrême droite, reçoit toute sorte de menaces, comme l'ensemble des médias qui osent faire leur métier.

Dimanche 21 octobre, le candidat Bolsonaro a annoncé au milieu des vivats qu'il allait se livrer « à la plus grande opération de nettoyage de l'histoire du Brésil » et « rayer de la carte du Brésil ces bandits rouges ». Dans ce climat d'intimidation, la croix gammée est devenue tendance et commence à souiller les murs des institutions désignées comme l'ennemi : des locaux universitaires, des églises catholiques... Un avertissement ?

Jair Bolsonaro n'est pas un « populiste »

Jair Bolsonaro n'est pas un « Trump tropical », ni un « populiste » au sens où l'on entend communément et ces analogies contribuent à le banaliser dangereusement. Dans le registre brésilien de l'insulte politique, « populiste » reste d'ailleurs synonyme de « communiste » et se place au plus haut degré de l'échelle de Richter de la détestation pour l'ensemble des droites. Sont ainsi taxés de « populisme » et voués aux gémonies tous les partisans de l'État-Providence et un social-démocrate comme Fernando Haddad.

On ne trouve pas, dans les prises de parole de Bolsonaro, les passages obligés des populismes classiques. Le capitaine à la retraite se réfère rarement au « peuple » et ne déploie pas la rhétorique anti-oligarchique ou anti-élite habituelle.

Bolsonaro est d'ailleurs le candidat de la bourgeoisie brésilienne - de la haute à la petite - et du patronat, même s'il a considérablement élargi son électorat à d'autres strates de la société, et est le champion toute catégorie dans les mégapoles du pays. Bolsonaro reste identifié comme le « candidat des riches » et Haddad comme celui des pauvres - ce que confirme la sociologie de leur électorat.

Au patronat, il promet la suppression de toutes les contraintes, sociales comme environnementales. Aux propriétaires fonciers, il accorde le droit de passer en force sur les petits paysans, les paysans sans terre, les Amérindiens, les réserves naturelles. À tout ce qui porte uniforme, il garantit le droit de tirer à vue, en toute impunité, sur les « bandits » et la « canaille », qui ont remplacé le « subversif » comme ennemi intérieur.

Le discours de Bolsonaro, faiblement articulé, se réduit à un ultranationalisme chimiquement pur, totalitaire et vengeur. Le « Brésil », incessamment invoqué dans toutes les phrases, doit être libéré, nettoyé, purifié des « délinquants (marginais) rouges ». Le monde de Bolsonaro est extraordinairement manichéen : d'un côté, le monde en vert et jaune, celui des « bons citoyens » ou « citoyens du bien » (« cidadãos de bem ») qui brandissent la Bible et ont le droit de s'armer ; de l'autre, le mal.

Le PT et, avec lui toute forme d'opposition, est assimilé à l'anti-Brésil, à un chancre qu'il est légitime d'extirper par les moyens les plus violents.

L'extrême droite militaire à l'heure de la revanche

Bolsonaro, son colistier, le général Hamilton Mourão, et l'extrême droite militaire (armée et police) qui les soutient, ne sont pas, à proprement parler, des « nostalgiques de la dictature militaire », mais ils se considèrent comme les soldats d'une guerre éternelle contre un ennemi fantasmé. Pour eux, la « Révolution de 1964 », c'est-à-dire le coup d'État qui a installé le régime militaire jusqu'en 1985, est une victoire remportée sur la « subversion » qui avait commencé à infiltrer le Brésil.

Les plus « durs » d'entre les militaires n'ont jamais estimé que la répression avait été suffisante (434 morts officiellement reconnus, des milliers de torturés et d'exilés), n'ont pas accepté le retour de la démocratie ni esquissé le moindre mea culpa ou regret.

La partie la plus politisée de la corporation ne se contente pas de l'impunité, garantie par la loi d'amnistie de 1979, mais veut reprendre les armes. La « Nouvelle République », qui a succédé à la dictature, a permis le retour dans la vie politique et même l'accession au pouvoir de ceux que l'extrême droite voit comme les « vaincus de 1964 », c'est-à-dire le large spectre de tous les opposants à la dictature militaire.

En 1999, le capitaine Bolsonaro estimait que l'avenir du Brésil passait par une bonne guerre civile et l'élimination de 30.000 personnes (le chiffre des victimes de la dictature militaire argentine), en commençant par le président social-libéral de l'époque, le sociologue Fernando Henrique Cardoso.

Sous les deux présidences de Dilma Rousseff, les couteaux se sont aiguisés. Non seulement la présidente était elle-même une ancienne guérillera, prisonnière politique et torturée sous la dictature, mais elle a eu le front de réunir une Commission nationale de la Vérité (2011-2014) pour faire la lumière sur les violations des droits humains perpétrées par des agents de l'État entre 1946 et 1988.

La crise politique brésilienne, accentuée par le coup d'État parlementaire de 2016 contre Dilma Rousseff, la récession économique d'une ampleur historique, le désastreux gouvernement Temer (97 % d'impopularité !), l'opération « mains propres » à la brésilienne (opération « lava jato »), ont disqualifié à la fois la classe politique et la politique elle-même, nourri le dégagisme et créé les conditions du succès de Jair Bolsonaro.

À la veille du premier tour, des candidats du PSL, le parti de Bolsonaro, sont allés démonter une plaque en hommage à Marielle Franco, l'édile municipale assassinée en mars 2018, vraisemblablement par des paramilitaires. Le probable futur gouverneur de l'État de Rio de Janeiro, Wilson José Witzel, bolsonariste, assistait à la scène. Sinistre augure.

The Conversation ______

 Par Armelle EndersHistorienne (Institut d'Histoire du Temps Présent), CNRS, Université Paris 8 - Vincennes Saint-Denis

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

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Commentaires
a écrit le 29/10/2018 à 17:46 :
Toujours cette bonne vieille défiance "d'intellectuels" vis à vis de la democratie quand elle ne s'exprime pas selon ses idées , le brésil ( ou la France ) qu'on aime ect ....
Au fait pourquoi le CNRS paie t il des gens pour écrire un pamphlet politique ?????
Réponse de le 30/10/2018 à 17:59 :
Pour que tu puisses donner ton avis.
a écrit le 29/10/2018 à 16:57 :
Le grand peuple Brésilien s'est exprimé. Respectons sa parole, son choix, et attendons de voir comment le nouveau président va se comporter. Souhaitons leur de trouver la paix.
Qui sommes nous pour les juger ? Laissons à ce nouveau président une chance de faire le job. De rétablir l'économie en priorité, et la sécurité un peu partout dans ce grand pays.
Qu'est ce que la démocratie ? Es-ce la "meilleure" forme d'organisation politique?
Avons nous, nous mêmes, aujourd'hui, une réelle démocratie ?
Nos votes ont ils été respectés par nos dirigeants (2005...)?
Réfléchissons à ce ménage à plusieurs : l'Europe, la France, les citoyens français.
Qui élit qui ? Qui décide et a les pouvoirs effectifs pour imposer ses décisions sur le citoyen ? Que représente le rôle de président français et quel est son réel pouvoir ? Respecte t'il les attente des français ?
Quels rôles supra assument la. finance et les lobbies ?
Sommes nous réellement clairs vis à vis de tout cela ?
Quels seront les partis gagnants qui sortiront aux prochaines élections européennes ? Ne jugeons pas de manière trop hâtive.

a écrit le 29/10/2018 à 14:36 :
Seul la minorité bien confortablement installé peuvent se permettre d'avoir peur d'un changement et seraient bien capable d'être plus radicale pour protéger leur acquis qui n'est que rarement issue de leur travail!
a écrit le 29/10/2018 à 14:32 :
Titre parfaitement justifié, en raison de ce qu'implique le résultat d'une élection présidentielle pour un grand pays comme le Brésil et les démocraties occidentales. L'opération "Car Wash" avait permis d'éliminer Lula et Rousseff, sans preuves tangibles, mais le remplaçant Michel Temer était tout autant compromis. On peut se demander ce qui a permis l'élection de Bolsonaro quand on voit son profil politique, et l'appui des évangéliques. Le qualificatif "populiste" désigne tour et son contraire, comme en Europe. A ce stade, il faut se référer à la guerre hybride entreprise, comme pour les révolutions de couleur de ces dernières années. Voir l'article du journaliste brésilien Pepe Escobar ci après: https://consortiumnews.com/2018/10/09/future-of-western-democracy-being-played-out-in-brazil/
a écrit le 29/10/2018 à 14:26 :
Jair Bolsonaro pourrait être le nouveau Getulio Vargas ! Ce que pensent beaucoup de Brésiliens.
a écrit le 29/10/2018 à 11:50 :
Les "démocraties" ( !!!!) européennes sentent la tempête qui les emportera venir !!! d'où de tels "articles' pour tenter, encore et toujours, de discréditer les partis populistes d'extrême droite qui défient les jean foutre des partis "officiels".....
a écrit le 29/10/2018 à 11:40 :
Titre de l’article affligeant.....
La Tribune est elle en train de devenir un France Inter bis ?
a écrit le 29/10/2018 à 11:11 :
Si La Tribune se met à nous faire subir ce type d'article, émanant de l'Université très "gaucho" de Vincennes qui va à l'encontre d'un phénomène politique quasi mondial qui n'a rien à voir avec le totalitarisme, de nombreux lecteurs et Industriels, hommes d'affaires (même mondialistes..), risquent de chercher ailleurs une info moins "dirigée"...
Réponse de le 29/10/2018 à 18:52 :
Voila un avis qui a du poids pour la Tribune, puisque mon commentaire devait être trop "gaucho" pour être publié (référence au journaliste brésilien Pepe Escobar ).
a écrit le 29/10/2018 à 9:35 :
La seconde guerre mondiale nous a vacciné contre le fascisme, mais plus le temps passe, plus le vaccin perd de son efficacité...
a écrit le 29/10/2018 à 8:39 :
"le désastreux gouvernement Temer (97 % d'impopularité !)"

C'est vrai ,on avait oublié que Bolsonaro remplace non pas le PT mais un président de droite par interim depuis 2016.
Réponse de le 29/10/2018 à 18:49 :
Droite très centriste, il faut quand même le dire.

Qu'avait donc fait Temer pour être aussi impopulaire?

Et bien il a appliqué des mesures d'austérité très mal vécues par les brésiliens et qui ont boosté l'insécurité à la fois sociale et criminelle.

Et les brésiliens, (avec une logique qui ne leur appartient pas) ont voté pour un neoliberal dont le programme est de pratiquer une politique d'austérité et antisociale puissance 10.

Ce monde est fou...
a écrit le 29/10/2018 à 8:09 :
Regardez bien les positions du Dilma Roesseff dans l'entreprise et monopole de l'etat Petrobras pendant le gouvernement Lula, elle a ete suivi par sa amie Forest, et en suite comme ministre de finance, encore sous parapluie du gouvernemt Lula, et vous comprendez bien le structure du corruption Lavo Jato. Alias, combien des corrumpus condamnes a des annees d'emprisonent sont vraiment en prison? Les pluspart sont rentrees chez eux.
a écrit le 28/10/2018 à 19:31 :
À la lecture de cet article, je suis tenté de dire: « Ce qui est excessif est insignifiant ». Ils rappellent la dernière élection présidentielle, le Brexit, les votes sur la constitution, etc: « votez pour nous, sinon, c’est l’apocalypse ». Ce n’est pas rationnel.
Mais soyons réalistes. Nous avons des affaires en cours avec le Brésil. Le pb de Bolsonaro ne réside pas dans ses idées ni son programme, qui sont nettement meilleurs que celles de son adversaire. Le pb de Bolsonaro n’est pas qu’il est corrompu. Il l’est peut-être, mais son adversaire l’est aussi plus que probablement. Le vrai pb de Bolsonaro est qu’il est plutôt pro américain. Et ça, ce n’est pas un élément à prendre à la légère. Je pense qu’il faudrait plutôt se demander comment composer avec lui.
Les gauches mènent la politique du pire depuis bien trop longtemps en matière d’élections. Le trucage et la bêtise ont assez duré. Là bas, comme chez nous.
a écrit le 28/10/2018 à 18:11 :
Un autre massacre en perspective :

Si Jair Bolsonaro est élu dimanche face au candidat du Parti des travailleurs, Fernando Haddad, le Brésil quittera l’Accord de Paris, il n’y aura plus de ministère de l’Environnement, et une nouvelle autoroute pavée sera lancée à travers l’Amazonie.

Et ce n’est pas tout. Le candidat favori, qui a obtenu une quasi-majorité des votes lors du premier tour de l’élection présidentielle le 7 octobre, entend ouvrir des territoires autochtones à l’exploitation minière, assouplir l’application de la loi en matière d’environnement et l’octroi de permis d’exploitation. Tandis que les ONG internationales, telles que Greenpeace et WWF, pourraient être interdites dans le pays, M. Bolsonaro entretient une alliance étroite avec le lobby du bœuf.En Amazonie, des bûcherons, des mineurs, des accapareurs de terres ainsi que de grands propriétaires terriens se sont ralliés à lui. Ils ne s’attendent pas à ce que Bolsonaro fasse respecter la loi. Au contraire, ils espèrent qu’il tiendra sa promesse d’anéantir presque toutes les législations environnementales et pro-indigènes. Il a obtenu un soutien massif dans les États ruraux du centre-ouest et dans tous les États amazoniens sauf un.En août, Bolsonaro s’est engagé à retirer le Brésil de l’Accord de Paris. Ainsi, le pays ne chercherait plus à réduire ses émissions, notamment celles dues à la déforestation de l’Amazonie, qui est pour le pays une source de gaz à effet de serre plus importante que la combustion des énergies fossiles.Dans un discours prononcé l’an dernier, il a déclaré : « Les minorités doivent se plier à la majorité… Les minorités [devraient] s’adapter ou simplement disparaître. »
Réponse de le 29/10/2018 à 11:44 :
Alors, pourquoi vous n'expulsez pas vos agriculteurs de leurs terres deja cultives et en suite replantez les abres? D'ou l'arrogance des europiennes de critiquer les peuples d'autres pais pour des faits quels les europiennes meme ont largement practiques dans leurs pais et se refusent de reparer?
a écrit le 28/10/2018 à 18:05 :
"Bolsonaro est d'ailleurs le candidat de la bourgeoisie brésilienne - de la haute à la petite - et du patronat, même s'il a considérablement élargi son électorat à d'autres strates de la société"

Comme l’Église évangéliste anti PT.
a écrit le 28/10/2018 à 16:53 :
Mais qu'est-ce que c'est que cette tribune ?

Je respecte les idées politiques de chacun mais là : a-t-on encore du respect pour la Démocratie, pour l'expression des opinions ? Qui sommes-nous pour délivrer des injonctions idéologiques à un Peuple étranger ?

Citons cet article : "apocalyse", " contra fascismo" (sur la photo), "rongées par la montée de droites radicales", " triste prophétie", "fausses nouvelles", "ultranationalisme chimiquement pur, totalitaire et vengeur", "extrême droite militaire", etc.

Cette tribune n'est qu'un ramassis d'inepties visant à diaboliser d'une façon grotesque le candidat politique qui n'est pas de gauche, mondialiste, dit progressiste.

Le procédé n'est pas nouveau, nous assistons même tous les jours, sur tous les sujets, à ce genre de farces irrespectueuses de la volonté des Peuples. La machine a manipulé les gogos est bien en marche !

J'en veux pour preuve que cet article est habilement classé dans la rubrique Opinions/Tribunes, et est rédigé par une personne présentée comme extérieure à la rédaction : mais dommage cela ne trompe aucun habitué savant décoder les pratiques médiatiques actuelles !

LaTribune.fr accordera-t-elle le même espace d'expression à un des soutiens de Jair Bolsonaro ?
a écrit le 28/10/2018 à 16:45 :
Nos banlieues sont les favelas du Brésil . Les mêmes causes produisant les mêmes effets … notre président est juste bon à servir la messe . Collomb a tout dit en claquant la porte !
a écrit le 28/10/2018 à 14:58 :
"Chauffez le marron cela le fait péter" (Vassilu) La vertu devient rigide quand le reste ne l'est plus, il fallait peut-être y penser avant.
a écrit le 28/10/2018 à 11:38 :
Le Bresil compte bcp plus de prolos que de rupins. Fort de ce postulat, au moment du vote, Haddad devrait arriver clairement le premier.
Ne dit- on pas " l'union fait la force "? Si le militaire a la retraite est elu, ils n'auront pas de seconde chance.
La reflexion fait l'action.
Réponse de le 28/10/2018 à 13:36 :
C'est pas garanti...

Il existe un lumpenproletariat au Brésil aussi qui est parfaitement capable de voter contre ses ses intérêts et contre sa classe.

Ce ne serait pas la première fois.
a écrit le 28/10/2018 à 11:28 :
Les brésiliens n'oublient rien, mais vous oubliez beaucoup : ce qui est frappant, c'est bien de voir les élus de la "démocratie" (ou de la République, comme vous voulez) être totalement déconnectés de la vie réelle des peuples et ne rien faire pour adapter le cadre de vie sociale. Il est également frappant de voir cette idéologie hyper simpliste qui consiste à croire qu'une bonne santé économique règle tout : eh bien non, la vie économique a besoin de régulation et de contrôle pour le bien être des peuples. Pour exemple, prenons le cas des pesticides, c'est mauvais, ça tue toute vie souterraine, ça provoque des cancers et diverses maladies. Sans régulation, nous serions envahis par ces produits toxiques et pourtant Bayer se porte économiquement bien. Donc le retour des populistes n'est qu'une réaction "normale" après des décennies de dérives inadmissibles de la part des élus, qui ne représentent en rien la voie de leurs électeurs.
a écrit le 28/10/2018 à 11:16 :
Cet article est quand même bien indulgent pour Dilma Roussef dont la seule erreur serait d'avoir créé "une Commission nationale de la Vérité". Elle devient présidente d'un pays qui va bien économiquement, euphorique même, probablement un peu trop puisque il voulait venir au secours de la dette européenne au début des années 2010. Quelques années plus tard, on est au bord de l'apocalypse et elle n'aurait aucune responsabilité??? Outre son incompétence évidente, Dilma Roussef faisait preuve d'une arrogance exceptionnelle, méprisait tout le monde notamment la France qui a 500km de frontière avec le Brésil en Guyane. Elle a fait capoter le contrat Rafale, a interdit l'ouverture du pont sur l'Oyapock pendant 6 ans, a refusé de rencontrer Nicolas Sarkozy...etc. Bref quand un président arrive dans un pays qui va bien et laisse un champ de ruine proche de la dictature si ce n'est de la guerre civile, j'ai du mal a croire que sa seule erreur ait été de vouloir rétablir la vérité.
a écrit le 28/10/2018 à 10:56 :
les peuples n'ont plus de mémoire et se condamnent à revivre sempiternellement les mêmes atrocités.

Ils ont oublié l'état dans lequel la junte militaire a laissé le pays en 1985 après 21 ans de dictature et pourquoi ce régime est tombé.

Ils ont oublié qu'une dictature, on sait quand on y rentre, mais jamais quand on en sort et que c'est rarement à l'amiable et par les urnes.

La crise économique n'a même pas 4 ans et les brésiliens en sont déjà à bazarder la démocratie qui permis la sortie de 20 millions de brésiliens de la pauvreté, diminué de moitié la malnutrition infantile, fait du pays une puissance reconnue internationalement et stabilisé l'économie pendant 20 ans.
a écrit le 28/10/2018 à 10:45 :
C'était écrit, un peu trop bien d'ailleurs... :

"Au Brésil, la fabrique des démagogues" https://www.monde-diplomatique.fr/2018/10/GREENWALD/59162

Démagogue est déjà bien plus vrai et donc crédible que "populiste", déjà rien que ça...
a écrit le 28/10/2018 à 10:39 :
voila un portrait particulièrement "documenté" du candidat Bolsonaro qui donne à penser qu'Armelle Enders doit entretenir une proximité certaine avec ce dernier .
cela étant , les treize années où les démocrates Lulla et Roussef ont fait prospérer la corruption , la criminalité , et provoqué une crise économique majeure , ont sans doute pesé fortement sur le choix d'une majorité de brésiliens de voter Bolsonaro .
Armelle Enders - si Bolsonaro est confirmé au second tour de l'élection - expliquera dans un prochain article que la démocratie à été trahie par une majorité d'électeurs et confisquée par des facistes . pendant ce temps , les démocrates Lulla et Roussef restent en prison !
Réponse de le 28/10/2018 à 11:58 :
Si vous connaissiez réellement le Brésil vous verriez que cet article est parfaitement objectif et très clair. Les années PT n'ont pas fait fleurir la corruption, elle était là bien avant, pas plus que la criminalité qui a toujours été présente dans ce pays. Ceci dit, certaines cités de notre beau pays feraient passer pas mal de favellas pour le club med en matière d'insécurité....Venez voir la misère du Brésil et les inégalités en place avant de débiter le catéchisme anti PT.
Réponse de le 28/10/2018 à 12:30 :
"la démocratie à été trahie par une majorité d'électeurs et confisquée par des facistes "

C'est une bonne formule qui historiquement s'est vérifiée à de nombreuses reprises.
Il est encore trop tôt pour savoir si ce cas de figure va se concrétiser au Brésil mais à l'évidence Bolsonaro n'est pas un démocrate, c'est lui même qui le revendique.

La corruption, la criminalité et la faillite économique ne sont pas ue spécialité de gauche, ce sont les raisons même qui ont fait chuter la junte en 1985.

On oublie de dire que de 1985 à 2014 le pays a eu des résultats intéressants en matière sociale et économique. Il y a eu un trou d'air en 2015 à 2016 mais le retour de la croissance est de retour depuis 2017.
Le Brésil n'est pas dans la situation de la Grèce ou l'Espagne, on pouvait espérer une meilleure résilience de la démocratie, le pire régime à l'exception des autres.
Réponse de le 28/10/2018 à 17:54 :
On peut rappeler que dès le début, le procès de Lula a été marqué par des vices de procédure. Il a fait l’objet d’une plainte pour violation des droits auprès du Haut-Commissariat des Nations unies. L'arbitraire de la procédure et ses motivations politiques sont internationalement dénoncés par plusieurs ONGs, des mouvements sociaux, des personnalités politiques ainsi qu'un grand nombre d'intellectuel.les. Cet arbitraire s'est d'ailleurs traduit par une condamnation de Lula pour des «faits indéterminés» reposant sur «l'absence de preuves matérielles».

Cette condamnation vient prolonger le coup d’État institutionnel déclenché lors de la procédure de destitution de la présidente Dilma Rousseff en 2016. Elle prend des allures de justice d'exception alors que d'autres élus de la nation, mis en cause dans de graves affaires de corruption et d'enrichissement personnel, font l'objet d'une étrange impunité, à l'image du président en exercice, Michel Temer ou encore de Aécio Neves, candidat de la droite vaincu lors des Présidentielles de 2014. La décision prise par les trois juges de la Cour d'appel vient ainsi sonner le glas des institutions démocratiques nées de la Constitution de 1988.
a écrit le 28/10/2018 à 10:09 :
Article quelque peu hystérique qui évite de dire que l'arrivée de Bolsonaro au pouvoir est le résultat de 30 ans d'une social démocratie corrompue, socialiste, et cupide. La gauche essaye toujours d’inverser le sens de la preuve, pour ne pas se remettre en cause.
a écrit le 28/10/2018 à 10:04 :
Dans ces débats, qui ne nous concernent qu'à la marge de nos frontières, la seule interrogation que cela suscite est la limite de l'intelligence du vote populaire, et du suffrage universel direct. Derrière les discours populistes, c'est à dire axés sur les instincts les plus primaires, voire les plus bas des citoyens, sans vista, il y a une réalité des faits. Evidemment, l'Allemagne nazie a fait la preuve de la grande dangerosité de ce qui peut advenir derrière de tels discours. Et pour l'instant, n'en déplaise à beaucoup, nous ne sommes pas dans une telle situation aux USA avec le Président Trump, qui in fine, avec son verbe plus que discutable, soulève de vraies questions (les limites d'une mondialisation débridée par exemple) et, chacun se fera son avis, apporte globalement de mauvaises réponses. En France, depuis bien trop longtemps maintenant (les années Chirac probablement - Mitterand avait le sens du politique et de la prise de décision en solo impopulaire), nos élus jusqu'au plus haut niveau appuient leurs décisions sur des sondages permanents (Sarkosy a eu le pompon à ce sujet), M.Macron étant toujours empêtré dans un respect de la volonté populaire pour conduire les réformes pourtant évidentes et nécessaires: pas assez jupitérien, trop populiste donc?
Réponse de le 28/10/2018 à 11:53 :
Pas qu'à la marge.

Depuis 2009 la France a signé unpartenariat militaire avec le Brésil.
D'où une quantité impressionnante de contrats de fourniture d'armement et de prestations afférentes . Cela va de sous-marins et d'hélicoptères de transports neufs à la maintenance du Foch (acheté en 2000 par le Brésil et décommisionné en février 2017), de mirages 2000.

S'il s'avère que le régime brésilien vire à la dictature sanguinaire, qui de ce partenariat?
a écrit le 28/10/2018 à 9:51 :
Chaque pays mérite ce qu il cherche depuis longtemps.
Malheureusement les politiciens (d une majorité de pays) ne sont pas aux niveaux des attentes.
Cela donnent des choix par réaction (en France, au Brésil comme ailleurs).
Nous qui critiquons (dans le sens positif du terme), si nous en avions la possibilité, souhaiterions nous être élu?
A titre personnel, non.
Plus que du courage, la plupart des élus ont surtout un sacré problème psychologique allant du besoin de reconnaissance, de pouvoir, d image, de mise en avant, d aider les autres pour remplir l abyssale médiocrité qui anime leur vie terrestre.
Il n y a pas de philanthropie en politique. C est un marché - tu me laisses gérer les droits et devoirs de ta vie citoyenne car tu ne peux/veux pas le faire - en échange laisse moi exercer mes pulsions.
Seuls les moutons ont besoin d un chien pour les guider et de son maître pour donner les lignes directrices.
Les loups ne font pas partie de cette race. Mais sont pourchassés par le premier groupe qui les perturbent.
a écrit le 28/10/2018 à 9:47 :
La démocratie fait grise mine sur tous les continents. En plus c'est une menace écologique, pour la planète entière .
a écrit le 28/10/2018 à 8:25 :
Manifestement cette "historienne" du CNRS est parfaitement objective et n'a pas vraiment choisi son camp, celui au pouvoir depuis une quarantaine d'années dans les sociales démocraties, seules détentrices de La Vérité qu'ils nous assènent à longueur de journée. Bolsonaro est peut être dangereux, l'avenir le dira. Mais c'est le peuple qui choisit. Je n'ai pas mémoire qu'un tel déluge se soit abattu quand Chavez puis Maduro ont pris le pouvoir. Pourtant là, les dégâts immenses sont bien visibles, reconnu mezo voce par ces mêmes donneurs de leçons. La crédibilité est au prix de l'objectivité malheureusement pas souvent là.
Réponse de le 28/10/2018 à 9:03 :
Le peuple choisit dites-vous. Vous citez Chavez ou Maduro pour essayer de justifier votre point de vue biaisé en oubliant Hitler qui est aussi arrivé au pouvoir sous l'acclamation du peuple. L'auteur de l'article commente l'actualité qui n'est pas au Venezuela ou dans l'Allemagne de 1933. L'objectivité consiste à juger sur les paroles et les actes quelle que soit le bord politique. En l'occurrence au Brésil, l'objectivité consiste à relever le discours de haine et l'éloge de la dictature et de la torture d'un des deux camps en présence. Et aussi le bilan catastrophique laissé par Dilma Roussef et Temer. De mon point de vue cet article ne manque pas d'objectivité.

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