Réconcilier économie durable et capitalisme !
Collectif (*)

Photo d'illustration
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Environnement et Société sont des capitaux à préserver à pied d'égalité avec le capital financier. En tant que langage de l'économie, la comptabilité peut et doit évoluer pour nommer les nouvelles réalités qui s'imposent à nous telles les limites planétaires.
La règlementation européenne s'accélère depuis le 1er janvier 2024 avec de nouvelles normes extra-financières obligeant un nombre croissant d'entreprises et leurs instances de gouvernance à s'approprier le sujet de la durabilité et à rendre compte de leurs actions en matière de société, d'environnement et de gouvernance. On peut se réjouir que ce mouvement soit également initié au-delà de l'UE.
Pour autant, il faut voir ces progrès comme un « galop d'essai » visant à préparer le bouleversement des méthodes de comptabilisation et de valorisation des entreprises sous un prisme plus durable, en inscrivant directement dans les comptes les impacts à long terme de décisions de l'entreprise sur la société et la planète pour notamment corriger son résultat net.
C'est ce qu'envisagent les différentes méthodes comptables qui émergent aujourd'hui et qui ont été analysées dans le cadre d'une enquête réalisée en France auprès d'entreprises utilisatrices en partenariat entre les étudiants d'HEC Impulse, le bureau d'études Tek4life, et des praticiens (le projet Cube).
Ces méthodes permettent d'enrichir le référentiel comptable existant en y incluant les impacts liés aux capitaux naturels et humains, à l'instar des méthodes CARE, Lifts, Thésaurus triple empreinte, la Comptabilité Universelle ou bien encore Sema.
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Les entreprises qui les expérimentent en font un levier essentiel de leur stratégie : des mutuelles comme la MSA, des groupes privés tels que Kering, Arkea ou Yves Rocher, de petites ETI familiales comme le Groupe Jean Hénaff et des plus petites entreprises comme Janus les ont testées ou déployées depuis longtemps.
L'objectif poursuivi consiste à obtenir des indicateurs comptables, simples et monétarisés, permettant le retraitement du résultat net comptable.
Si certains acteurs privilégient une approche orientée Compte de Résultat avec des impacts généralement calculés sur une année à l'instar de la méthode ePL ; d'autres vont plus loin en ajoutant les impacts environnementaux sociaux et de gouvernance long terme au travers de comptes bilantiels, complétant ainsi le référentiel existant du capital financier par celui du capital humain et environnemental.
Ces initiatives sont faites de manière indépendante, aucun régulateur n'ayant arrêté de méthode.
Au-delà de ces expérimentations, notre économie doit muter vers une économie du vivant, et progressivement, se doter de ce référentiel comptable commun qui accorde la même valeur aux enjeux environnementaux et sociétaux qu'aux aspects purement financiers. Toutes ces initiatives doivent être vues comme des tests grandeur nature visant à accélérer cette évolution.
Un libéralisme responsable, et plus encadré doit être réinventé et cela passe par la transformation de nos indicateurs financiers (fonds propres, endettement, résultat des entreprises...) pour drainer l'investissement responsable vers les entreprises vertueuses.
Cet appel peut sembler très lointain alors qu'un gigantesque chantier européen est en cours autour des nouvelles normes de reporting extra-financier devenues obligatoires. Mais seule la véritable intégration de ces données aux états comptables pourra garantir la préservation des capitaux naturels, la compatibilité devenant le langage de la transition écologique et économique.
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(*) Signataires :
Collectif (*)