Refuser le choix entre le "tout pour la com" et l'immobilisme frileux

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(Crédits : DR)
Il faut réorienter cette campagne électorale. Le futur chef de l'Etat devrait mettre les questions régaliennes au coeur de son action, et promouvoir une présidence exemplaire. Par François Vigne, Président de la France en Marche , Candidat à l'élection présidentielle

La France vient de perdre près d'une semaine sur "nos ancêtres les Gaulois." Après plusieurs mises au point, Nicolas Sarkozy a précisé hier que les tirailleurs africains en faisaient aussi partie... Il aurait pu rajouter les Phocéens qui ont fondé Marseille, les Bretons qui ont peuplé l'Armorique, les Vascons qui se sont installés en Aquitaine et bien d'autres... Mélenchon approuve, mais ce n'est pas avec ce type de polémiques stériles que l'on fera progresser le débat politique et que l'on apportera des solutions constructives aux vrais défis que sont le terrorisme, l'emploi, le déficit et la dette publics ou le délitement de l'Europe pour ne citer qu'eux.

Je suis décidé à tracer ma route entre ce "Tout pour la com" et l'immobilisme frileux. Je veux proposer un autre choix aux Français, celui d'un Nouvel élan pour la France. Afin de réussir ensemble, nous devons nous concentrer sur quelques réformes essentielles dont tout procédera.

Renforcer les fonctions régaliennes

La première est celle des institutions, que je propose de profondément simplifier et de libérer du système des partis actuel qui les paralysent. La seconde est celle de l'Etat dont il faut renforcer les fonctions régaliennes et alléger les autres missions. La troisième est celle du marché du travail qu'il faut faire évoluer profondément pour l'adapter à la révolution des métiers sans sacrifier la protection des salariés. La quatrième est celle du nouveau modèle d'intégration que je propose pour mettre un terme au mouvement de décomposition actuel. La cinquième est celle du système éducatif dont l'excellence déterminera le futur de la France. La sixième est celle du passage volontariste à une économie décarbonée, qui est la clef de notre prospérité future. La septième est celle de l'Europe qu'il faut complètement refonder à partir d'une vision claire et d'objectifs compris de tous.

Un projet partagé

Je veux faire souffler sur la France un grand vent de liberté et de modernité sans renoncer à ce qui fait l'identité, l'histoire et la grandeur de notre pays. La France n'est pas l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, Cuba ou la Russie. Il n'y aura de renaissance que si nous savons mobiliser la richesse de notre héritage et parvenons à rassembler les Français autour d'un projet partagé, plutôt que de continuer à les diviser.

Les premiers jours de la primaire des Républicains ou de la pré-primaire de la gauche montrent que nos politiciens professionnels n'en prennent pas le chemin. Il est clair aussi que, loin d'être un progrès pour notre vie publique, les primaires témoignent de la crise de la démocratie française.

L'éviction d'Hervé Mariton confirme en effet ce qu'est la soi-disant primaire de la droite et du centre, vraie primaire des Républicains. L'alibi Poisson ne doit pas faire illusion. Il ne s'agit que d'une campagne de sélection interne entre apparatchiks d'un parti devenu incapable de faire émerger un candidat légitime. Et cette élection partisane est financée sur fonds majoritairement publics grâce au mécanisme de déduction fiscale dont bénéficient les dons accordés à chacun des candidats à la primaire, ainsi que le micro-parti constitué par la Haute Autorité de la primaire pour assurer son fonctionnement.

Si la démocratie n'a pas de prix, le système des partis a un coût de plus en plus élevé pour la collectivité nationale. Ce système des partis a complètement phagocyté la Vème République que le général de Gaulle avait institué pour en débarrasser la France. On n'est décidément jamais mieux trahi que par les siens !

 Le centre disparaît de l'échiquier politique

Après l'UDI, c'est le Modem qui a renoncé à présenter un candidat. Du ralliement à Sakozy au soutien à Macron, ses élus et représentants font le grand écart au risque de perdre leurs âmes et leurs électeurs. Atomisé, le centre disparaît de l'échiquier politique. Les stratégies personnelles de ses leaders l'ont assassiné. Son engagement européen et sa force modératrice manquent déjà à notre démocratie. Il est aujourd'hui à rebâtir.

Curieusement, aucun des candidats à la présidentielle des vieux partis de gauche comme de droite n'a réagi à la révélation mardi 20 septembre de Mediapart, selon laquelle François Hollande a gardé secret un rapport de la Cour des Comptes daté de l'été 2014 relatif aux privilèges des anciens présidents de la République et aux moyens d'en réduire le coût. On les a déjà vus plus teigneux... Le rapport de la Cour des Comptes  prévoit notamment de rendre certains avantages dégressifs.

Pour moi, l'esprit de service, qui doit animer les élus de la République, n'est pas une formule vide ou dépassée. On ne se présente pas à l'élection pour se servir, mais pour servir. Les présidents en titre comme les ex présidents doivent être les premiers à appliquer l'effort de maîtrise des dépenses demandé aux fonctionnaires et à l'ensemble des Français.

Revoir le statut des anciens présidents

C'est pour cela que je propose, avec la France en marche, d'aller plus loin que les mesures suggérées par le rapport Migaud-Sauvé et de regrouper l'ensemble des bureaux mis à leur disposition en un lieu unique, "l'hôtel des présidents", afin de mutualiser leur garde, ainsi que le parc de véhicules avec chauffeur dont ils disposent. Je propose également que toute rémunération obtenue par un ancien président en complément de sa dotation annuelle soit utilisée pour la rembourser, tout montant supplémentaire pouvant évidemment être conservé par son bénéficiaire. Le traitement accordé par la République à ses anciens présidents est là pour assurer leur dignité, pas leur argent de poche...

Présider la France, c'est non seulement rassembler les Français autour d'un projet fédérateur pour le pays, mais c'est aussi montrer l'exemple. Près de 50 ans après sa mort, les Français se souviennent autant de l'honnêteté scrupuleuse du général de Gaulle que de sa politique et de ses réformes. Dans l'état de discrédit actuel de la politique, l'éthique de gouvernement est plus que jamais nécessaire. Il me revient, candidat hors système, de la promouvoir.

Retour à la campagne, qui continue à s'intensifier : nouveaux contacts médias, prochaines interventions et déplacements, contacts avec les maires. Mon défi : être audible sans tomber dans les pièges de la communication instantanée et du tweet de trop. Le compteur des signatures affiche maintenant 330. Plus que jamais, le temps est à l'action.

François Vigne, Président de la France en Marche , Candidat à l'élection présidentielle président de Sycomore Corporate finance

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