Réinventer le MEDEF pour une France en croissance

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Haïba Ouaissi, cofondateur et porte-parole du mouvement « La France en Croissance »
Haïba Ouaissi, cofondateur et porte-parole du mouvement « La France en Croissance » (Crédits : DR)
Depuis huit mois, la France est engagée dans sa plus grande transformation de ces trois dernières décennies. Beaucoup ont le sentiment que l'Ancien monde est révolu et qu'il faut inventer de nouvelles manières d'agir. Cette remise en question et en action touche d'abord les organisations représentants les chefs d'entreprise, qui doivent sortir d'une posture de combat pour jouer le rôle qui leur revient aujourd'hui : celui de promoteurs du progrès. Par Haïba Ouaissi, cofondateur et porte-parole du mouvement « La France en Croissance »

 Le séisme politique auquel nous avons assisté il y a quelques mois est en train de redessiner l'ensemble du paysage français. Du simple citoyen à l'ensemble de la société civile, de la jeune entreprise à la grande multinationale, chacun est invité à prendre part à la construction du « Nouveau Monde » promis.

Dans la conquête de cette nouvelle frontière du progrès, les chefs d'entreprise sont évidemment en première ligne. De Versailles à Davos, le chef de l'État leur répète à tous : « France is back ! ». La phase dépressive dans laquelle nous végétions depuis le début des années 2000 est désormais terminée : la « start-up nation » à la française est née.

Les entrepreneurs sont chaque jour plus nombreux à s'engager, créer, embaucher, investir, et réussir sur tous les territoires et dans tous les secteurs. Ils ont parfaitement intégré cette nouvelle donne : ils sont prêts à devenir les ambassadeurs de cette France nouvelle. Ce grand mouvement de fond, que certains qualifient de révolution entrepreneuriale, accompagne autant qu'il nourrit ce nouvel optimisme.

Une nouvelle génération de chefs d'entreprise

Cette nouvelle génération d'entrepreneurs préfigure les PME et les ETI de la France de demain. Elle a évolué profondément, en ce qu'elle ne recherche pas exagérément le profit, mais l'utilité sociale. Pour ces nouveaux chefs d'entreprise, l'argent ne suffit pas. L'entreprise du XXIe siècle ne calcule plus seulement ses bénéfices en termes financiers, mais aussi, et surtout par le respect vis-à-vis de valeurs beaucoup plus inclusives.

L'entrepreneuriat social, l'empreinte territoriale, la transition écologique, les nouveaux modes de travail, l'innovation au service de l'intérêt général... autant de concepts qui dépassent de beaucoup les ambitions de la responsabilité sociale et environnementale (RSE) des organisations. Le temps du « social washing » n'est plus. Dans le Nouveau Monde, l'utilité sociale des entreprises est au cœur de la démarche de cette nouvelle génération de patrons, qui attendent en retour que l'on reconnaisse leur action.

Ces entrepreneurs et chefs d'entreprise du XXIe siècle veulent rompre avec l'image négative qui, depuis les années 1970, reste attachée aux patrons. Les entreprises se retrouvent aujourd'hui à l'avant-garde du progrès et comptent bien le faire savoir : elles sont facteur de cohésion et de protection sociale, elles sont au cœur des mutations et proposent des solutions concrètes aux défis contemporains.

Du patronat de combat au patronat de progrès

En 2018, les organisations patronales doivent absolument se moderniser pour être en mesure de représenter toute l'énergie des entreprises. Il n'est plus possible de se contenter du mantra « il y a trop de charges ». Si le socle régalien demeure une fonction vitale de ces organisations, les chefs d'entreprise attendent tous aujourd'hui une incarnation plus fidèle à leurs valeurs, plus conforme à leur conception ouverte de l'entreprise, plus attentive à la diffusion des bonnes pratiques, au partage des fruits de la croissance et à l'impact socio-environnemental de leur activité.

Les chefs d'entreprise d'aujourd'hui ne sont pas coupés de la réalité. Ils sont durablement connectés à la société française, à laquelle ils veulent contribuer par les emplois qu'ils créent, par leurs investissements, par les risques qu'ils ont consentis, par la vision qu'ils veulent partager. Toutes ces femmes et ces hommes qui se battent au quotidien à la tête de nos entreprises pour l'emploi, l'innovation, la prospérité et le bien commun, méritent la reconnaissance du pays.

Des pionniers pour une France en croissance

Alors que le MEDEF s'apprête à élire en juillet 2018 un nouveau Président, nous devons donner une place à des représentants en phase avec l'entreprise d'aujourd'hui, plus ancrée dans la réalité des entrepreneurs, plus tournée vers l'utilité sociale, car, au-delà de la nécessaire réussite économique, c'est bien la plus-value sociétale qui anime maintenant l'esprit d'entreprise à la française.

La nouvelle génération d'entrepreneurs s'est investie d'une mission pour le progrès. Ce patronat du progrès doit maintenant être entendu et représenté au plus haut niveau, car cette nouvelle génération construit déjà la France de demain : une France conquérante, une France de progrès, une France en croissance.

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Commentaires
a écrit le 28/02/2018 à 15:30 :
"Réinventer le MEDEF pour une France en croissance"

Etre representatif se sera déja pas mal.


Pour les syndicats de salariés, on sait, le chiffre officiel c'est 11% des salariés syndiqués. Régulièrement ce chiffre est mis en avant pour regretter le peu de représentativité de la CGT, CFDT FO CGC etc, mais pour les syndicats d'employeurs, vous n'entendrez jamais aucun chiffre.Et c'est bien normal, car il n'y en a pas. Aucune statistique officielle sur la question. Un rapport rendu par la direction générale du travail en 2013 le dit clairement :
"Il n’y a quasiment rien dans le code du travail, ni d’ailleurs dans tout autre code, concernant la représentativité patronale (...). L’organisation de la représentation patronale est encore un no man’s land que les principaux intéressés hésitent à investir, préférant s’appuyer sur une situation de fait."
Réponse de le 02/03/2018 à 9:11 :
Bonjour lachose,

Vous êtes mal renseignés :

MEDEF : 29,4% des entreprises de France et 70,72% des salariés de France
CPME : 34,54% des entreprises et 25% des salariés
U2P : 35,89% des entreprises et 4,22% des salariés

Source :
http://travail-emploi.gouv.fr/dialogue-social/representativite-syndicale-et-patronale/article/premiere-mesure-de-l-audience-pour-la-representativite-patronale-annonce-des

Bonne journée !
Réponse de le 02/03/2018 à 11:13 :
"70,72% des salariés de France"

Non votre présentation est fausse.

MEDEF 29.4% des entreprises de france qui englobent 70,72% des salariés.

Parce que présentée comme vous le faites on croirait que 70ù des salariés sont au MEDEF.

Par ailleurs afin de relativiser votre affirmation bien péremptoire:

"Les entreprises n'adhèrent pas au Medef directement mais elles adhèrent à une fédération, (du bâtiment, de la métallurgie, des industries pétrolières etc...), qui elle adhère ensuite au Medef ou ailleurs"

https://www.franceculture.fr/emissions/le-billet-economique/le-medef-represente-t-il-les-entreprises
a écrit le 28/02/2018 à 10:09 :
Pour l'instant beaucoup de candidats du MEDEF pro-macron donc, ce qui est regrettable puisque l'on ne demande pas aux chefs d'entreprise de suivre bêtement, on leur demande d'être des leaders et de savoir prendre des initiatives indépendamment des uns et des autres en fonction seulement de leur analyse propre.

Ils vont arriver à nous faire regrettez Gattaz vous allez voir...

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