Sacs plastique : les petits commerçants victimes de l’écologie punitive

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Sophie Duprez, présidente et fondatrice de l'association Alimentation et Tendances
Sophie Duprez, présidente et fondatrice de l'association "Alimentation et Tendances" (Crédits : DR)
Au 1er janvier, les « sacs plastique à usage unique » seront interdits. Si tout le monde est d’accord avec cette proposition qui semble couler de source, Sophie Duprez, présidente et fondatrice de l'association "Alimentation et tendances" regrette toutefois l'impact de cette mesure sur les consommateurs, mais surtout sur les petits commerçants.

L'enfer réglementaire est-il pavé de bonnes intentions ? A priori, l'idée d'interdire les sacs plastique à usage unique va de soi. Jusqu'au début des années 2000, les Français en consommaient plus de 10 milliards par an et les conséquences pour l'environnement étaient désastreuses. Ceux qui n'étaient pas incinéré finissaient dans la nature, en particulier dans les mers, s'agglutinant le long des côtes ou pire, se dégradant en microparticules consommées par les poissons.

Le problème, c'est quand le politique essaie d'écrire des lois complexes sur la base d'idées simples sans se soucier des avis des professionnels des secteurs concernés. Aussi, alors que les Français ont considérablement réduit leur utilisation de sacs plastique et que celle-ci continue à baisser grâce à l'action concertée des commerçants et des consommateurs eux-mêmes, le gouvernement veut porter le coup de grâce dès l'année 2016.

Des critères défavorables aux petits commerces

Seront considérés comme « sacs à usage unique » tous ceux de moins de 25 litres de volume. Et c'est là que l'on touche à l'absurde. Manifestement, le gouvernement n'a pas réfléchi aux conséquences pratiques de sa décision.

On se rappelle le Premier ministre Lionel Jospin qui, lors du passage à l'euro en 2002, ne savait pas combien coûtait une baguette ! Car en l'occurrence, interdire les sacs de moins de 25 litres, c'est ne pas connaître la réalité du commerce et notamment le commerce de proximité.

Comment les commerçants vont-ils vendre du poisson, de la viande ou des fruits et légumes dans des sacs de 25 litres ? La question est absurde, la réponse le sera tout autant : il faudra bien transporter les produits d'une manière ou d'une autre, et un simple filet de sole se retrouvera donc dans un grand sac contenant plus de matière plastique... soi-disant par écologie !

Et le délai de six mois donné aux commerçants pour écouler leurs stocks est très court, trop court : nous allons nous retrouver avec des tas de sacs plastique sur les bras, qu'il faudra détruire. Vous avez dit ubuesque ?

L'alternative aux sacs plastique, nous dit-on, réside dans les sacs en papier. Mais là encore, ces affirmations sont sans lien avec la réalité du commerce. Les sacs en papier prennent 15 fois plus de place à stocker à produits égal, ce qui va augmenter les frais d'entreposage et de transport qui se répercuteront sur les commerçants et les consommateurs.

Consulter les commerçants

Rappelons-le, nous pensons comme les Français que l'objectif de réduire la consommation de sacs plastique est louable. Mais nous pensons aussi que cette réforme doit être réfléchie plutôt que de s'appuyer sur des critères arbitraires et sans lien avec la réalité.

Aussi, plutôt que de fixer par décret un volume minimal sans rapport avec les usages du commerce, pourquoi ne pas consulter les commerçants et les consommateurs pour mettre en place une politique de transition afin d'accompagner les producteurs, les commerçants et les consommateurs vers une moindre consommation de sacs plastique, sans nuire à l'activité économique en attendant ?

Pourquoi user de l'arme de la réglementation plutôt que de faire confiance aux acteurs économiques pour prendre les bonnes décisions ?

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Commentaires
a écrit le 31/12/2015 à 18:12 :
On peut aussi voir les choses d'une autre manière: notre environnement victime de l'économie punitive. Celle qui impose que rien ne peut être fait pour moins consommer et consommer différemment, celle qui ralentit la transition écologique. L'économie punitive, c'est cette économie qui explique que l'économie doit guider nos vies et que toute contestation ne peut mener qu'à la ruine de nos sociétés. En tout cas, j'aime beaucoup les leçons de morale de Sophie Duprez, représentante CGPME, sur l'écologie: ça sonne pas faux et idéologique...
a écrit le 30/12/2015 à 16:07 :
Donc abattons des arbres pour avoir moins de sacs plastiques en circulation. Encore un truc qui montre que la politique préfère légiférer sur autre chose que ce qui est vraiment urgent (emploi, chômage, etc.), même si je ne suis pas fan de voir des poches plastiques voler dans la nature (personnellement, je m'en sers pour emballer mes déchets). De toute façon, nous vivons déjà dans un régime totalitaire et liberticide (voir la loi sur le renseignement etc.), ça va juste en rajouter une petite couche qui sera saluée par mes béni-oui-oui de concitoyens... Fermez le ban!
a écrit le 30/12/2015 à 15:14 :
utiliser des cabas peut-être? une question d'organisation?
a écrit le 30/12/2015 à 14:01 :
"faire confiance aux acteurs économiques pour prendre les bonnes décisions ? " souvent ça ne fonctionne pas. L'autorégulation, ça cafouille. Faites nous confiancccccce.
Par contre il faudrait une décision intelligente, pas décidée d'en haut, de façon détaché des réalités.
Un sac comme les fruits/légumes pour mettre un poisson, est-ce un sac de caisse vu que le commerçant au marché n'a pas de boutique en dur ? Ceux là doivent disparaitre en 2017.
Normalement, quand ça sera disponible, l'alternative sera des sacs en plastique comme avant mais qui se dégradent rapidement (pur végétal, mixte pétrole végétal n'a que des inconvénients), le papier, c'est très polluant à fabriquer. Recyclé (dans la filière, pas gardé par devers soi), sera-t-il autorisé à l'usage alimentaire ? Non ?
Mon sac durable Lecl*** je le traine partout, en Suède, Allemagne, Italie, il suffit de s'organiser, y penser, le prévoir (les Suédois me désolent à aller faire les courses les mains dans les poches).
Distinguons les sacs pour emporter les provisions de ceux pour emballer (critères sanitaires).
J'ai lu 7 milliards de sacs dans la nature sur 17 milliards distribués, sur le Canard, il n'y en aura que deux mais pas sept, on veut nous manipuler, tromper ? 50% des sacs que les gens jettent par la fenêtre c'est bizarre quand même...
En dix ans (15 ? sais plus) on en consomme 94% de moins, pas mal, non ?? Restent 6% de gens qui sont insouciants.
a écrit le 30/12/2015 à 13:59 :
La solution est déjà connue : sac en papier comme aux US !
Et hop !
Réponse de le 30/12/2015 à 17:10 :
Et les sacs papiers vous pensez qu'ils viennent d'où? Et hop un arbre en moins, et hop 1000 arbres en moins, et hop...
a écrit le 30/12/2015 à 6:28 :
la transition elle urge un peu... alors au lieu de voir si ça nous pique un peu de faire un petit effort de prévoyance avant de faire les courses (c'est pas au dessus de la plupart de nos cerveaux) on pourrait regarder la quantité de plastique dans nos mers et océans... ça, ça pique vraiment, et ça met les 70% de la surface de notre terre en vrac dans son écosystème...
à vous de voir, Sophie, mais moi c'est tout vu, ça vaut le coup d'utiliser notre bon sens!
Réponse de le 01/01/2016 à 13:33 :
Et la tranche de foie qui coule dans le papier du boucher, elle coulera dans le cabas? c'est du grand n'importe quoi, les commerçants sont capables de gerer leur sac! faut toujours emmmerder les petits mais au gouvernement on utilisera sans compter, voitures, avions etc... ça pollue pas quand ça arrange! tant d'idioties m'enerve

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