Le plastique, prochain défi du recyclage

Patrick Cappelli

Patrick Cappelli
Le sixième continent continue de dériver dans le Pacifique, tuant vie marine et plancton. Cette énorme masse de déchets contient certainement une partie du million de tonnes d'emballages ménagers en plastique mis sur le marché chaque année en France.
En effet, ce matériau est encore très peu recyclé (23 % du total, contre 70 % pour le verre et 90 % pour le papier carton en 2011, source ministère de l'Écologie) et la plus grande partie se retrouve dans les décharges puis dans la nature. C'est pourquoi Éco-Emballages, société privée à but non lucratif agréée par l'État, veut doubler ce chiffre d'ici à 2030.
Plusieurs facteurs expliquent ce taux très bas : la complexité du plastique, avec sept résines de natures très différentes qui le composent, la complexité du tri - seules les bouteilles en PET et quelques pots et barquettes sont recyclables - et un outil industriel peu adapté. Or, d'un point de vue écologique, le recyclage du plastique est important : l'extension des consignes de tri à tous les emballages plastiques pourrait faire diminuer les émissions de gaz à effet de serre d'un million de tonnes à l'horizon 2030.
Éco-Emballages a mené entre 2011 et 2013 une expérimentation des consignes de sélection auprès de 51 collectivités et 34 centres de tri dont dépendent regroupent 3,7 millions d'habitants.
Il faut donc adapter les centres à ces contenants, particulièrement les films, très difficiles à séparer des autres emballages.
Le Syndicat mixte de la Vallée de l'Oise (SMVO) qui gère un bassin de 410000 habitants, a investi 8 millions d'euros pour moderniser son outil de sélection des déchets ménagers. Pourtant, malgré cet effort financier considérable, il a dû remettre au pot en achetant une nouvelle machine à 800 000 euros capable d'extraire ces films dès le début du processus de tri.
L'expérimentation a aussi montré qu'il est nécessaire d'adapter le parc actuel des centres (241, soit un pour 250 000 habitants) aux bassins de population, avec des installations moins nombreuses mais plus grandes et capables de trier les plastiques.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Troisième étape : maîtriser le calendrier pour la mise en oeuvre des nouvelles consignes de tri incluant les plastiques.
Suite à cette expérimentation en grandeur réelle, le recyclage des emballages plastiques concernera 8 à 10 millions d'habitants d'ici à 2016, puis sera généralisé à l'ensemble du territoire en 2022. Un calendrier « plus rapide que ceux des autres pays européens», se félicite Éric Brac de la Perrière.
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Pour appuyer ce déploiement, la société à but non lucratif va investir 45 millions d'euros : 15 pour poursuivre l'expérimentation en cours, 10 pour la nouvelle tranche jusqu'en 2016 et 20 millions pour aider la modernisation du parc, avec à la clé une réduction de 15 % du coût de tri unitaire à la tonne en 2022. Un appel à candidature auprès des collectivités volontaires est en ligne sur le site d'Éco-Emballages. Grâce à cette campagne pour améliorer le recyclage des déchets ménagers en plastique, ÉcoEmballages espère bien faire diminuer la pollution, mais également la mise en décharge et améliorer les conditions de travail dans les centres de tri, très difficiles et génératrices de TMS (troubles musculo-squelettiques).
Une initiative bienvenue qui devrait bénéficier à toute la filière et à l'ensemble de la population française.
Patrick Cappelli