Suicides à France Télécom : des dirigeants coupables, le système français aussi

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Les coupables de harcèlement moral à France Télécom doivent être sanctionnés. Mais ces pratiques désastreuses sont aussi et surtout le résultat d'un manque de flexibilité du marché du travail. Par Marc Guyot et Radu Vranceanu, professeurs, Essec

La tragédie qui se dessine autour des suicides en masse chez France Télécom dans les années 2006-2009 est révélatrice d'un marché de travail profondément dysfonctionnel.

Selon le Parquet de Paris, les dirigeants de l'époque de France Télécom avaient mis en place un système de harcèlement moral avec l'objectif d'inciter un nombre ciblé à 22 000 employés à quitter l'entreprise. Si les juges confirment la thèse du Parquet, il s'agirait un acte profondément immoral, un acte de gestion irresponsable qui doit être sanctionné conformément à la loi. L'énormité de ce comportement, au-delà de la responsabilité individuelle des dirigeants mis en cause, interpelle sur les causes structurelles qui ont pu y mener.

En première analyse il nous apparaît immédiatement un lien direct de causalité avec l'organisation actuelle du marché du travail français. En effet, notre système figé, où le CDI est anormalement surprotégé, génère deux types d'effets indésirables. D'une part la perte de son emploi en CDI plonge souvent le travailleur français dans une grande détresse et d'autre part, des employeurs indélicats utilisent des stratégies de harcèlement pour se débarrasser d'employés en CDI lorsque la situation économique de l'entreprise impose une réduction d'effectifs.

Des normes pointilleuses

Notre système qui empile normes pointilleuses, règles absurdes et règlementations inadaptées dans un code du travail obèse de 3500 pages, crée du chômage, en décourageant l'embauche et en limitant la flexibilité salariale. Ce système est farouchement gardé par certains syndicats ultra-minoritaires marqués à l'extrême gauche qui en sont les rentiers et qui entravent toute tentative de réforme, même la plus mineure. Ils sont aidés en cela par les luttes politiciennes entre des partis traditionnels qui ne cherchent que le succès aux élections futures et qui se gardent bien de prendre des mesures vues comme impopulaires. Le taux de chômage élevé qui en découle, notamment le chômage de longue durée, crée fatalement cette grande peur d'être licencié.

Une protection finalement illusoire

Les employés sont souvent complices de cet état de fait. Chacun dans son coin se refuse à renoncer à une infime partie de ses avantages même si cela peut améliorer la situation des chômeurs et travailleurs en situation précaire. L'exemple de la loi El Khomri est sans équivoque. Dans sa version initiale la loi cherchait à donner une chance aux exclus du marché du travail en affaiblissant à la marge certains éléments sclérosants du fonctionnement du marché du travail. Après quatre mois de grèves et manifestations de rue violentes, les négociations en coulissent entre syndicats et gouvernements ont abouti à un texte qui est une pâle image de la première version pourtant bien timide. Les employés se croyant protégés par leurs CDI sont naturellement hostiles à une réforme qui affaiblirait cette protection, finalement illusoire, et introduirait plus de flexibilité donc de probabilités d'être licencié, alors même que dans le même temps elle augmenterait considérablement les possibilités d'être embauché.

Une pratique du harcèlement érigée au rang de système

Dans une économie de marché animée par la concurrence, les firmes doivent pouvoir se réorganiser et ajuster leurs effectifs à leur niveau d'activité, par nature fluctuant, en embauchant en période de croissance et en licenciant en période de ralentissement. Qu'une firme comme France Télécom, ex monopole public aux effectifs pléthoriques, devant s'adapter à la concurrence venue de SFR et de Bouygues Telecom et aux disruptions technologiques venant du numérique, cherche à réduire ses effectifs n'est pas absurde de point de vue économique. Ce qui est absurde en revanche ce sont les conditions autorisant le licenciement économique. En effet, depuis le célèbre amendement Michelin, si la firme n'est pas en quasi-faillite, elle ne peut pas réduire ses effectifs pour s'adapter et préparer son développement futur. France Telecom a donc eu recours à l'ignoble pour surmonter l'absurde. Cette pratique du harcèlement qui chez France Télécom semble avoir été érigée au rang de système, devrait avoir lieu de manière cachée dans de nombreuses autres firmes, pour pousser à la faute les employés en surnombre, afin d'utiliser l'argument de la faute professionnelle.

Sanctionner les coupables

L'absurdité du système ne peut en aucun cas justifier la mise en place d'un tel système et les coupables doivent être sanctionnés. Mais il est grand temps de débarrasser la France et les Français de ce planisme hors d'âge. L'excès de réglementation, la fausse protection de l'emploi par les lois de plus en plus complexes, le corporatisme - toutes ces entraves à liberté d'entreprendre, nourrissent l'immoralité de certains dirigeants et crée un moloch froid et sans âmes.

L'économie de marché se situe aux antipodes de ce monde planiste absurde où les dirigeants cherchent à organiser le bonheur des autres sans se soucier des libertés individuelles. Elle repose au contraire sur la fraîcheur de l'initiative individuelle et la vitalité de la récompense du mérite dans une Société où chacun doit pouvoir faire ses choix de vie et déployer ses talents en poursuivant l'idéal de bonheur qui est le sien. C'est cette organisation de la vie sociale qui génère des comportements éthiques alors que la réglementation excessive déresponsabilise, déshumanise et génère au contraire des comportements déviants et de recherche de rente.

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a écrit le 19/07/2016 à 15:17 :
REPONSE AUX ECHOS

Votre article est intéressant en cela qu'il pointe la grande peur des salariés face aux impératifs du Marché, présenté comme la seule organisation sociale possible : laisser faire les intérêts individuels, dont la somme constitue l'intérêt général, si j'ai bien compris la grande leçon du libéralisme.

Mais si vous n'êtes pas avare de leçons de morale sur les défauts supposés des salariés et sur leur crainte maladive du changement, ce qui fait un peu tarte à la crème, vous ne dites rien de l'inhumanité d'un système tout entier tourné vers la satisfaction de l'appétit féroce des grands actionnaires qui peuvent en toute impunité exiger le beurre de la baisse du coût du travail, l'argent du beurre des gains de productivité faramineux engendrés par l'automatisation des tâches et par les délocalisations des emplois vers les pays à bas coût et faibles protections sociales, et le sourire du gouvernement Valls-Macron-Hollande, encore plus large que celui du quinquennat Sarkozy.

Malgré le CICE, et autres aides à l'embauche qui ne suffisent évidemment pas à "rassurer les marchés," ces grands sensibles sont effrayés par la moindre incertitude même s'ils proclament à qui veut l'entendre qu'eux seuls savent prendre des risques...

Oui, mais quand des prises de risques inconsidérées conduisent les banques au bord de la faillite, c'est quand même le contribuable qui paie, et ces mêmes banques qui touchent des intérêts sur les sommes que le gouvernement, ce tyran ennemi de la liberté d'entreprendre, leur a aimablement avancées pour leur éviter une honteuse banqueroute.

Et quand le grand patronat reçoit des dizaines de milliards d'allègements fiscaux divers contre la vague promesse de créer 1 million d'emplois, et que le pays ne voit rien venir, on peut se demander à bon droit qui est risquophobe, qui est assisté et qui joue à celui qui a peur de son ombre, tout en ne perdant pas de vue le bien-être de son portefeuille; il suffit d'ouvrir les journaux financiers pour le constater...

Il se trouve que j'ai vécu les grands bouleversements qui ont secoué France Télécoms à l'époque et qui ont conduit au suicide de nombre de mes collègues... Je ne vous dirai qu'une chose: d'une entreprise bénéficiaire, (l'Etat prélevait 5 milliards de francs par an d'excédents sur l'exercice annuel, sans obérér les investissements et malgré les évolutions normales des carrières), performante et armée pour faire face à tous les défis technologiques, tant qu'elle était entièrement contrôlée par l'Etat. (après le changement de statut en EPIC la faisant passer d'Administration d'Etat en entreprise de droit privé pour une meilleure gestion comptable).

A cette époque j'étais encore à la CFDT ,qui a permis cette réforme de modernisation majeure , qui a été vécue positivement par la majorité du personnel, car elle permettait de répondre à la demande exponentielle de télécommunications de la société en général et aux besoins croissants des entreprises en particulier.

Là où ça n'a plus du tout été, c'est la suite: l'ouverture à la concurrence et la course à la baisse de qualité des prestations, le poker menteur, le turn-over perpétuel, la mise en place des 7 principes du reenginering, la suppression de l'annuaire interne de l'entreprise

J'ai passé 24 ans au service de relève des dérangements téléphoniques, et j'y ai été recyclé cinq fois sur le même poste de travail, comme tous mes collègues, pour suivre l'évolution technologique.

Suite à la privatisation, et aux changements incessants d'organisation ( notion clé dans l'application du reenginering, permettant à chaque fois perte de repère des salariés dans leur environnent de travail et naturellement augmentation de la rentabilité par agent, but ultime de la vie humaine, comme chacun sait ), j'ai passé les dernières années de ma vie professionnelle aux renseignements téléphoniques où je l'avais comencée un quart de siècle plus tôt, et qui ne nécessite que 8 heures de formation pour être opérationnels...

Que de pertes d'expérience et de compétence ! Que de savoir-faire foutu en l'air au nom de courbes et de graphiques uniquement préoccupés d'augmentation de la profitabilité des actionnaires, de "création de valeur" comme ils disent, que de destruction de valeurs humaines ! ) Que de pertes d'énergies entre les opérateurs concurrents, qui pourraient être consacrées à une tâche commune !

Suppression de l'annuaire interne donc, qui nous donnait conscience de notre cohérence et servait de boussole à notre action quotidienne en nous permettant à tout moment de nous situer dans ce système complexe et d'user de chemins de traverse pour plus d'efficacité et de pertinence, opération scélérate pour mieux nous asservir au système informatique et couper tout lien humain dans une communauté de travail à la conscience professionnelle chevillée au corps et animée d'un esprit de service public bien éloigné des caricatures éculées qui courent sur les fonctionnaires... Il n'était que de voir le faible taux d'absentéisme et d'arrêt maladie à l'époque, et les performaces techniques et commecriales au service du public !

Quinze ans après le grand chambardement, quel est le paysage des télécoms ? Un bazar innommable, des offres de service illsisibles, changeantes, impossibles à comparer, mensongères, aux performances techniques extraordinaires, mais souvent surdimensionnées et trop complexes pour les particuliers et mises à disposition dans un environnement délétère et assurées dans des conditions de travail déplorables..

Et je ne parle pas des services après-vente lacunaires, souvent payants même quand ce n'est pas la faute du client, pris en charge à des années lumières du lieu où l'incident se produit, avec toutes les sources d'erreurs, de malentendus et de retards que cela implique...Sans compter qu'on demande souvent au client d'en savoir autant sinon plus que la personnes censée le dépanner (24 ans de service des dérangements à France Télécoms, ça laisse des traces !)

On ne dira jamais assez l'asservissement qui règne dans les centres d'appel, ces lieux d'abattage à peine moins insalubres mentalement que les BMC (bordels militaires de campagne), souvent basés dans les pays francophones pour des raisons de coût de main-d'oeuvre... Bref, des lieux où seule la nécessité de ne pas mourir de faim oblige une main d'oeuvre résignée à se soumettre à ces pratiques inhumaines...Car s'il faut que le salarié se contente de peu, et de moins que peu si possible...

L'actionnaire, lui, le gros, le majoritaire, ne saurait envisager une baisse de ses rentrées de cash, même pas un ralentissement de leur augmentation, sinon n'est ce pas, il va mettre ses billes ailleurs, le bon apôtre, le "créateur d'emplois", le "preneur de risques"......

Ainsi, l'avènement de l'informatique non seulement dans les télécoms, mais dans l'ensemble de la société, en France mais aussi partout dans le monde, était une formidable opportunité pour libérer l'homme au travail des tâches répétitives et usantes moralement et physiquement, pour lui permettre de se consacrer à des tâches plus dignes de son statut d'être pensant.

Mais c'était sans compter avec l'esprit de lucre, censé régir tous les actes de notre vie humaine, si l'on en croit certaine philosophie à la mode, qui a réussi l'exploit de faire d'un moyen potentiel d'émancipation de l'humanité, en instrument de surveillance, d'oppression et d'asservissement aux fins d'"optimisation de la rentabilité financière" (ce que j'appelle le harcèlement économique) de 99% de la population mondiale au profit des 1% les plus riches... Ne me parlez pas des patrons de PME et autres professions libérales: ils sont tout autant laminés que leurs salariés sous ce rouleau compresseur qui ne sert qu'à faire du cash à quelques uns...

Si vous trouvez que j'exagère, ce que je peux comprendre, plongez-vous donc dans vos propres publications et considérez à travers vos propres données statistiques comment la richesse produite par tous se retrouve surtout dans le patrimoine de quelques uns, et que ceux qui vivent de leur travail ne cessent de voir leurs revenus et avantages revus à la baisse;..

N'y aurait-il pas là un effet de vase communicant, que je ne suis quand même pas le seul à relever, les économistes attérés, Piketty et les Pinçon-Charlot peuvent en témoigner ? Bien entendu, nous avons, vous avez Jean Tirole qui saura bien tirer une équation de son chapeau nobélisé pour prouver que tous ces acrimonieux ne sont que des petits Mickey qui ne comprennent rien à l'Héconomie avec un grand H...

Eh bien, si vous en avez l'occasion, invitez donc Monsieur Tirole à passer, non pas une vie, mais une semaine incognito dans un centre d'appels à Madagescar ou même en région parisienne, et qu'après cela il nous ponde une belle équation pour nous prouver de façon convaincante qu'il faut souffrir de bonne grâce au banc des galériens pour complaire aux raisonnements raisonnants de Monsieur Tirole...

Etonnez-vous après cela que je défende moridicus un code du travail protecteur contre les appétits insatiables de certains accumulateurs compulsifs de richesses, et peu enclins en général à les faire circuler ...Etonnez-vous après cela, que j'aie quitté la CFDT au lendemain de sa honteuse signature de l'accord sur les retraites, au prétexte imparable que les salariiés vivent maintenant trop longtemps après avoir cessé de travailler, sans doute ne les a-t-on pas assez malmenés durant leur vie professionnelle, pour qu'ils aient l'impolitesse de prétendre avoir une vie après le travail ?

Et au risque de vous étonnez, j'ai rejoint la CGT, ce syndicat ultraminoritaire et ultragauchiste qui ne comprend rien à rien et ne signe jamais ou si peu, de négociation sur le poids des chaînes et la couleur du boulet...

Je l'ai dit au début, j'ai été 24 ans à la CFDT, inventive, progressiste, ambitieuse,courageuse quand il s'est agi d'appuyer la transformation de France Télécoms en EPIC... A mille lieux du syndicat jaune qu'il est devenu aujourd'hui, à lasuite de son "recentrage" sournois, qui n'était qu'une vente déguisée à son adversaire, le CNPF à l'époque, le MEDEF actuel, dont il ne s'est pas vanté jusqu'à aujourd'hui, où la vérité éclate enfin ...

Il n'est que de voir le parcours de ses anciens dirigeants, Edmond Maire, Jean Kaspar, François Chérèque, le pompon revenant à Nicole Notat, présidente du Diner du Siècle, je vous demande un peu !

Et vous voulez que j'encense ce syndicalisme-là ?

Je ne sais pas si j'ai appris quelque chose à quelqu'un sur ce site, mais je tenais à y développer mon opinion, que vous ne partagez sans doute pas, mais qui ne se résume pas à quelques slogans et éructations, comme devrait le laisser penser mon affiliation au "syndicat qui dit non à tout".

Mais rassurez-vous: si vous proposez un accord sur la baisse de la rémunération des actionnaires et un renforcement de leurs devoirs à l'égard des salariés à qui ils ont la bonté de verser un salaire en échange de leur labeur, ce qui est bien le moins... et sur une réforme dans le sens de plus de justice fiscale, au nom de la solidarité entre tous les citoyens de ce pays, Pas que des grands mots, aussi des actes !...et la garantie d'un salaire correct en échange d'un travail de même, alors je signe des deux mains !

Bien à vous.
a écrit le 17/07/2016 à 12:54 :
quasiment tous les suicidés de FT avaient un statut de fonctionnaire ce qui en principe les protège d'un licenciement mais pas du harcelement.Les cadres ainsi que toute la chaine manégeariale ont du sang sur les mains ce sont des criminels en puissance qui sont prêts a recommencer leurs crimes n'importe où n'importe quand
Réponse de le 17/07/2016 à 16:15 :
Quand cela se reproduira, on dira la même chose :" ils avaient des problèmes personnels, c'est une mode que de suicider, c'était des personnes fragiles, le management n'explique pas tout, des choses ont changé depuis un certain temps, il n'y a pas de réorganisation sans accroc, des mesures internes ont été prises (lesquelles ?), un psychologue va venir, on a installé les filets anti-suicides par défenestration ( comme en Chine ), le dialogue avec les syndicats et le CHSCT va être renforcé, un médiateur a été nommé, désormais les personnes en situation de stress prolongé pouront faire une demande de changement de poste vers ceux dont personne ne veut, on a fait venir des "communiquants" spécialisés en PNL "...etc ...


Huit ans plus tard, les dirigeants, l'encadrement supérieur auront quitté l'entreprise avec des retraites "châpeaux" bien douillettes, regretteront la main sur le coeur le passé, une décision de justice condamnera l'entreprise à réparer les préjudices qu'elle payera grâce une toute petite part des profits réalisés pendant cette période. Puis cela recommencera avec la nouvelle équipe...dans une autre entreprise ou dans la même
Réponse de le 19/07/2016 à 12:10 :
Des stages de formation en communication non violente ou en PNL ou en respiration Beta+ vont être organisés avec de VRAIS spécialistes pour les cadres. Si ça coute cher, c'est que c'est bien.
La mobilité géographique des salariés du groupe va être encouragée ( youpi) afin de permettre à certains collaborateurs de changer d'air vers des régions très agréables à vivre (à l'écart des grands centres urbains) : vente de la maison familiale, perte de l'emploi du conjoint, tensions avec les enfants et éloignement d'une ville universitaire pour leurs études..
On a installé des repose-pieds pour chaque salarié.
On a créé des groupes de parole.
Placement en Allocation Adulte Handicapé pour troubles mentaux pour les personnes qui le demande.

L'entreprise d'aujourd'hui: la volonté de toujours mieux vous aider.
a écrit le 17/07/2016 à 9:36 :
Combien de suicides à l'Essec ? Avec ce mode d'enseignement libéral on ne peut avoir que des managers du type FT à l'arrivée dans les entreprises
Réponse de le 18/07/2016 à 7:40 :
"Team production with PUNISHMENT option: insights from a real effort experiment". Nous sommes dans le management par la sanction.

Les manageurs nous diront: "Cela ne peut vous faire du mal. La sanction, la peur ou l'incertitude a toujours motivé les troupes. Je suis sûr que vous aimerez ça".

Bienvenus dans le monde merveilleux de l'entreprise d'aujourd'hui !
a écrit le 16/07/2016 à 15:45 :
Doit-on comprendre que dans les pays ultra-libéraux (Etats-Unis, Grande-Bretagne, il n'y a pas de management abusif, il n'y a pas de harcèlement moral au travail ? Pourtant on n'y trouve pas de "code du travail obèse".
Réponse de le 17/07/2016 à 7:03 :
Non mais le taux d'emploi des 55-64 ans (selon Eurostat 2014) est de 69% aux USA et de 62% au Royaume Uni..., 46 % en France.
Où est la protection ?
a écrit le 16/07/2016 à 13:13 :
Marc Guyot et Radu Vranceanu pour taper ainsi à bras raccourcis sur le CDI manifestement vous ignorez que de nombreuses société - et souvent bénéficiaires - remplissent par charettes entières les files d'attente de Pôle Emploik. Quelqu'un devrait vous mettre au courant que le CDI n'est pas un emploi à vie. Tenter de dédouaner le harcèlement avéré chez France Telecom et supposé dans les autres entreprises, et de faire un parallèle idiot entre le statut de fonctionnaire et le CDI, est-ce digne du statut, plutôt protégé, de "Professeur" à l'Essec ?? Ou bien tout l'Essec "professe"-t-elle ce genre de doctrine ?
a écrit le 15/07/2016 à 13:28 :
Marc Guyot et Radu Vranceanu : CDD ou CDI? propriétaires ou locataires? épargnants ou endettés?
Réponse de le 17/07/2016 à 7:53 :
L'exemple est meilleur que le conseil
a écrit le 14/07/2016 à 19:26 :
Certains sont disciples d'Ayn Rand comme d'autres d'ISIS.....Comparaison disproportionnée voire déplacée ? ! Au nombre de morts directs et indirects à l'échelon mondial certainement, mais pas dans le sens auquel on pense à priori....
a écrit le 13/07/2016 à 18:43 :
Oui, bien sûr. Gageons que toutes ces personnes qui ont préféré se suicider plutôt que de démissionner auraient sans doute survécu à un licenciement si ce fichu code du travail l'avait permis. Tout ça tombe sous le sens, c'est de la grande presse d'opinion.
a écrit le 13/07/2016 à 17:39 :
En Allemagne, il parait que les CDI sont encore plus difficiles à rompre (trop 'protégés' ?) qu'en France.
Sur la période prévue, combien de départs à la retraite "classique" devaient avoir lieu chez FT ? 22 000 peut-être. Donc indolore, mais ça n'est pas du management de laisser les choses se faire.
a écrit le 13/07/2016 à 17:07 :
Messieurs Guyot et Vranceanu ont raison de critiquer les lourdeurs du marché du travail en France mais quel rapport avec le sujet ? La conclusion des deux professeurs de l'Essec pour lesquels l'économie de marché favorise une organisation de la vie sociale générants des comportements éthiques est digne d'une profession de foi d'adorateurs fanatiques du "dieu Marché" ! La vraie question est celle de l'éthique dans le monde du travail aujourd'hui et force est de constater qu'il n'y en a plus guère et les suicides liés au travail en sont la preuve . La financiarisation de tous les secteurs de l'économie a été accompagnée par la diffusion d'une culture managériale brutale, sans foi ni loi, où la fin justifie les moyens . Le phénomène généralisé du "burn out" est caractéristique d'un malaise profond de notre époque qui se refuse à voir que le monde du travail est devenu pathogène . Les suicides chez France Télécom ne sont que la partie émergée de l'iceberg . Le seul moyen d'y remédier sera de faire figurer le "burn out" en tant que maladie ou accident professionnel et la sanction financière sera immédiate pour les employeurs "indélicats" . Les entreprises mettent aujourd'hui un point d'honneur à mettre dans leurs présentations "corporate" un tableau de suivi des accidents (corporels) du travail car c'est un coût pour l'entreprise . Le procès à venir des dirigeants de France Télécom mettra t-il en lumière cette effrayante culture mortifère et provoquera t-il une reconnaissance du "burn out" en tant qu'accident du travail ? Si c'est le cas, les tableaux de reporting des entreprises devront intégrer ce paramètre . Les dirigeants et les grandes écoles de management seront alors contraints de revoir leurs méthodes .
a écrit le 13/07/2016 à 15:31 :
excellent article atypique. Il faut ajouter que le système français de surprotection est suicidaire (sans jeu de mots) dans une zone Euro qui autorise les entreprises à délocaliser librement dans les pays européens où le marché du travail est plus flexible. Renault, entre autres, fabrique 4 voitures sur 5 hors de France. L'article est d'autant plus courageux que la majorité des médias évite d'écrire ces vérités de peur de froisser les politiciens qui les subventionnent (avec nos impôts).
a écrit le 13/07/2016 à 15:12 :
dur de cornaquer un mammouth (ratio de 35 / 100000)
a écrit le 13/07/2016 à 14:54 :
J'étais chez Orange et peut sans doute plus témoigner opus que de nombreux commentateurs ici qui le font sans réellement connaître la situation chez orange France Télécom, en France et à l'étranger ou j'étais aussi.
Avec un tel chômage en France, on ne peut plus rester campé sur cette situation et s'accrocher à un CDI pour les uns voire un fonctionnariat (j'avais des collègues avec ce statut, moi pas... Ambiance...), et toute une nouvelle génération, vos enfants, dehors, interdits de contrats. 2500 pages de lois, bien sûr qu'aucun employeur ne peut gérer cela, et à part pour le marché franco français, part installer son activité européenne, mondiale, ailleurs ! La faute ne leur incombe pas, c'est le monde tel qu'il est. Mais les français sont romantiques utopistes voulant que le reste du monde change plutôt qu'eux de s'y adapter.
Un travailleur est aussi un consommateur. Il ne peut pas demander à la fois de changer de crémerie quand il le désire, et être employé d'une des crêmeries à vie !
Si Peugeot sort une auto qui se vend plus qu'une Renault, pourquoi ce dernier ne peut il pas 'transferer' ses ouvriers désœuvrés à Peugeot qui en aurait pourtant bien besoin ?
Moi aussi j'aurais bien aimé avoir cette protection, je me suis retrouvé au chômage des années, et n'ai pu retrouver d'emploi parce que ctte protection absurde effraiyait tout employeur de m'embaucher.

La solution allié les deux: être en CDI d'une entreprise de' ressources humaines ' comme adecco par exemple, vous assurant la sécurité vous permettant un emprunt capable justement d' acquérir les produits que vous construisez justement, et être 'vendu', 'missionné' si vous préférez le terme, à une industrie utilisatrice de RH, selon leurs besoins qui ne font que suivre... votre comportement d'acheteur, in fine.
CQFD
Réponse de le 19/07/2016 à 16:07 :
Cher NICO, moi aussi j'étais chez Orange ou plutôt France Télécoms aveccl fameux statut de fonctionnaire... Vous avez dit "ambiance ?" j'étais syndicaliste à la CFDT (du moins jsuqu'à la signature de l'accord sur les retraites), et je défendais tout le monde sans distinction de statut... mais j'avais 24 ans de boîte derrière moi à mon départ à la retraite, il ya quinze ans, et j'ai vu tous ces bouleversements avec d'autres yeux que les vôtres, comme je le décris plus haut...Je serais ravi si vous pouviez commenter mon expérience avec votre vision de la société et des rapports de travail qui doivent selon moi s'y instaurer...
a écrit le 13/07/2016 à 14:19 :
"des employeurs indélicats utilisent des stratégies de harcèlement pour se débarrasser d'employés en CDI lorsque la situation économique de l'entreprise impose une réduction d'effectifs".

Il serait donc seulement indélicat de pousser les gens au désespoir et au suicide?
La situation économique de l'entreprise impose une réduction d'effectifs? Les entreprises qui réduisent les coûts et imposent une réduction d'effectifs le font généralement parce qu'elle appartiennent à des fonds d'investissement ou fonctionnent comme des fonds d'investissement. On sait aujourd'hui que la fortune de ces instances, imitées dès la fin des années 70 et le début des années 80 par nos apprentis millionnaires (Tapie, Despessailles, Borloo, Arnault, Pinault etc...), est tirée de la suppression très rentables de secteurs d'activités et la mise en place de charrettes de licenciements. Les auteurs de cet articles sont-ils ignorants ou stipendiés. Dans les deux cas, ce sont des obscurantistes. Ils feraient de lire et de comprendre l'Histoire secrète du patronat, écrite par Collombat, Servenay, Chapuis, Orange et Seznec.
a écrit le 13/07/2016 à 13:58 :
- Bruits de l'estomac
- Eternuement sans protection en direction des autres dans un open-space
- Moqueries en groupe sur le physique de collègues, en leur présence ( "ce n'est pas méchant")
- Absence de nettoyage des mains en sortant des toilettes
- Discussions à caractère sexuelle
- dénonciation de collègues

Une totale absence de l'encadrement intermédiaire et des syndicats
Réponse de le 13/07/2016 à 17:43 :
- Autodidacte ou formation en histoire de l'art, communication, géographie
- aucune culture générale
- dévoué(e) CORPS et âme pour ses supérieurs
- directivité et assertivité ( "de la gueule")
- Un strict respect des procédures internes
- Le chiffre
- Ne pas penser, ne pas créer, ne pas améliorer
- Le court terme

Une totale absence de la DRH et des syndicats
Réponse de le 14/07/2016 à 19:06 :
Que font et disent le CHST et l'inspection du travail dans ces cas ?
a écrit le 13/07/2016 à 12:30 :
Très juste! On ne mesure pas assez les effets pervers d'une organisation du travail complètement dépassée par la globalisation et les progrès technologiques.
a écrit le 13/07/2016 à 12:01 :
Ces shadocks nous expliquent qu'il aurait été préférable d'autoriser l'entreprise à dégager immédiatement et sans indemnités les salariés, ce qui ne l'aurait pas contraint à recourir à des moyens détournés pour arriver au même résultat.

Peut être les salariés se seraient ils qd même suicidés, mais pas sur leur lieu de travail. Problème réglé pour nos brillants chercheurs...
a écrit le 13/07/2016 à 11:12 :
Et alors..........
a écrit le 13/07/2016 à 10:41 :
Imaginons des quadra-quinqua ayant fait toute leur carriere à FT au moment de l'ouverture du marché des telecom à la concurrence. Leur vie (famille,maison et credit qui va avec) était construite sur un modèle de carrière qui les enfageait à se fixer. La réduction drastique des effectifs pour faire face à la fois à la concurrence et aux rentiers voraces de la finance avides de de dividendes à fait voler en éclat ces certitudes. Comme si toute une vie vous ne deviez n'être que des nomades au service de votre entreprise sans la moindre considération pour votre famille. C'est aussi celà dont il est question. Combien parmi nous sommes prêts à accepter cette flexibilité permanente toute une vie avec une retraite dont l'horizon porté au delà des62 ans....comment se construire ?
A 45 ans j'ai déjà 7 déménagements pour raison professionnelle et un divorce. Est-ce celà le bonheur et l'accomplissement de soi ?
Réponse de le 13/07/2016 à 19:12 :
Votre exemple, qui n'est pas isolé, montre que l'investissement sacrificiel dans l'entreprise sur l'autel de l'intérêt commun et de la réciprocité est purement et simplement une FAUSSETE.
Les salarié( e)s sont des mouchoirs jetables, guère plus ("compétitivité, concurrence, marchés émergeants, demande des actionnaires, nouvelle direction, fusion, réduction des couts"…..etc….etc.... ). Leur date limite de consommation s'arrête à 55 ans dans le meilleur des cas. Dans l'attente de la retraite, vous bouffez toutes vos économies. La date du départ en retraite s'éloigne d'année en année pour gagner au final, des clopinettes.
a écrit le 13/07/2016 à 10:38 :
Article parfaitement répugnant,reprenant lamentablement tout les poncifs les plus éculés sur " la sur protection des CDI" la " non représentativité des syndicats "( il existe une loi sur la représentativité, je conseille aux auteurs de l'article de la lire et de s'informer des résultats des élections professionnelles) et sur la "violence des manifs", façon d'amalgamer des travailleurs qui ont fait le choix de perdre des jours de rémunération pour empêcher leur pays de retourner 150 ans en arrière avec des nervis d'origine douteuse.
Réponse de le 13/07/2016 à 12:09 :
Et ils étaient où les syndicats de France telecom, pendant que se mettait en place ce systeme de pression sur les départs "volontaire" ?

Je me suis toujour pose la question...
Réponse de le 14/07/2016 à 10:04 :
Tout à fait d'accord avec vous. Les termes, le ton, l'analyse sont purement et simplement d'une bassesse incroyable !. Une vision à court terme, axée sur le profit. Existe-t-il, aujourd'hui, des chefs d'entreprise capables de raisonner AVEC les hommes pour la croissance ?. Oui, mais visiblement pas ici, du moins pas chez ces auteurs, bien loin de la réalité du monde du travail !
a écrit le 13/07/2016 à 10:11 :
Ils doivent halluciner les familles des défunts en lisant cet article.
a écrit le 13/07/2016 à 8:36 :
Faire un lien entre la rigidité du code du travail et le cas de France telecom est une escroquerie intellectuelle.

France telecom étaient à l'epoque compose de plus de 75% de fonctionnaires... Qu'il est tout simplement impossible de virer.

Les incitations visaient à pousser ces fonctionnaires à rejoindre la fonction publique, et aux mères de 3'enfants à prendre leur retraite dès qu'elles le pouvaient.(55ans)...
Le probleme est que les fonctionnaires de France telecom sont bien plus rémunérés que la fonction publique territoriale...

Un vrai plan social aurait été préférable... Assurément, que ce plan social déguisé... Et s'il fut décidé d'en haut... Transmis sans etat d'âmes etbsansnaucune humanité par Le,management intermédiaire ... La necessite d'encourager les départs vers la fonction publique ou la,retraite s'est transformer en objectif chiffré pour les managers de proximite...
Une parfaite illustration de la médiocratie qui gouverne France telecom, comme l'état français...
Les lois travail sont une chose.. La manière de les appliquer une autre.
Réponse de le 13/07/2016 à 9:38 :
La dérive marxiste est un cancer pour l'économie.
Réponse de le 13/07/2016 à 10:13 :
@Réponse de Excellent article

La dérive libérale va plus vite à tuer.
Réponse de le 19/07/2016 à 15:55 :
Réponse @ Excellent article: Je suis un ancien de France Télécom, fonctionnaire aujourd'hui à la retraite depuis 15 ans, et toujours engagé auprès des chômeurs et précaires qui nont pas eu la chance de bénéficier comme moi de la sécurité de l'emploi à vie... j'ai vécu cette période disons "troublée" de la privatisation et de l'ouverture à la concurrence... pas de ma faute si les analyses de Marx (ce doigt qui montre la lune et que nos savants économistes désignent à notre regard désapprobateur ) sont plus pertinentes que jamais en matière de description des rapports de forces à l'oeuvre dans l'économie... Si vous voulez sortir des imprécations convenues, je vous invite à lire mon texte plus haut, je serais ravi de lire vos réactions et observations, car je suis toujours avide d'apprendre de l'expérience et des connaissances des autres...

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