SUPPLY CHAIN WEEK : JLL : les organisations logistiques évoluent vers plus de proximité et d’agilité
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La Tribune Business Interviews - Paroles d’acteurs économiques
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Le groupe JLL, qui est reconnu en tant qu'opérateur immobilier, s'est doté depuis 10 ans d'une expertise de consulting en supply chain, par le biais du rachat successif de deux cabinets. Aujourd'hui, nous conseillons les grands groupes internationaux sur les sujets de schémas directeurs logistiques, d'appels d'offres logistiques et de mise en performance.
Actuellement, les marchés sont assez matures dans le secteur du retail en Europe. La problématique des entreprises est donc de trouver des relais de croissance, soit en créant de nouveaux points de vente physiques, soit en développant les ventes digitales.
Durant le Covid, tout le monde pensait qu'il y avait un nouveau paradigme lié à l'explosion de l'e-commerce. Pourtant, un après, beaucoup d'entreprises avaient retrouvé des niveaux de ventes digitales inférieurs.
Mais depuis trois ans, nous observons des taux de vente similaires à la période Covid. Au vu des pays plus matures sur ce segment, nous allons largement dépasser ces taux. Cependant, la situation est très hétérogène selon les pays.

Il y a quelques années encore, les entreprises avaient des organisations logistiques très centralisées, avec des entrepôts dont la vocation était de servir plusieurs pays, avec une distribution se faisant par l'intermédiaire de plateformes dans différents pays, et où on recherchait les synergies par la massification des flux amont.
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Aujourd'hui, on observe dans le retail un développement des réseaux logistiques par essaimage, avec la création de plateformes régionales - des entrepôts avec du stock dans différents pays. Cela permet d'avoir une meilleure agilité par rapport au marché, rendue nécessaire par l'e-commerce. En effet, la demande connaît des variations bien plus fortes que sur le canal physique, notamment à certaines périodes de l'année, comme les fêtes ou le Black Friday.
En outre, le canal des ventes directes via les réseaux sociaux demande une réactivité accrue, car il s'adresse à une clientèle jeune. La proposition de valeur se calque sur le modèle des géants du e-commerce américains et leurs promesses de livraison en 24h. Cela nécessite donc des organisations particulières, avec une proximité des entrepôts par rapport aux marchés, une proximité des stocks, mais aussi des hubs de transport, car si le transporteur chargé de livrer la commande a un point d'entrée trop loin, il ne sera pas possible de livrer dans les délais.
Il y a quelques années, les entreprises voulaient développer l'omnicanal, c'est-à-dire avoir une organisation aussi efficiente pour traiter une commande qu'elle soit à destination d'un magasin ou d'un consommateur. Chez JLL, nous pensons que la demande liée au e-commerce est spécifique, et que la traiter selon la proposition de valeur faite par le site suppose d'avoir une organisation particulière, et donc une stratégie de développement dédiée à la vente digitale.

L'ancien modèle, basé sur la centralisation, est en train de perdre du terrain. Les entreprises ne ferment pas leurs entrepôts, mais gèrent une transition progressive en ouvrant de nouveaux entrepôts supplémentaires, afin de créer cette proximité avec le local.
Au-delà des comportements consommateurs, cette évolution fait aussi écho à la problématique réglementaire. Les entreprises ont pris des engagements forts sur les aspects RSE, car la logistique et le transport représentent une part importante d'émissions en gaz à effet de serre. Elles font donc face à un véritable défi pour respecter ces obligations de diminution des émissions, tout en se rapprochant des consommateurs et en générant plus de livraisons. Cette proximité permet d'utiliser des moyens plus vertueux, notamment les véhicules électriques, qui ont un coût prohibitif sur des grandes distances, mais sont très opérationnels sur les trajets plus courts.
Pour optimiser l'efficacité de son service, un site e-commerce doit se baser sur la conjonction de trois facteurs : la localisation du client, l'allocation dynamique du stock - c'est-à-dire avoir une connaissance parfaite en permanence de tous ses stocks pour situer le produit le plus proche du client, et le comparatif de ses moyens de transport et de leurs coûts, pour livrer au meilleur coût et dans le meilleur délai.
Les nouveaux modèles d'intelligence artificielle vont constituer des leviers importants pour développer la qualité de service, en permettant de faire de la prévision de commandes et d'allocation de stocks.
En revanche, la problématique de ces nouveaux moyens est qu'ils coûtent cher en termes de coûts de distribution, et qu'ils ne sont pas vertueux en termes de RSE. Il faut ainsi résoudre avec les outils de modernisation une équation impossible : livrer plus, dans des meilleurs délais, mais à moindre coût. Un des enjeux du développement des ventes digitales est donc de trouver des leviers de synergies et d'économies, tout en répondant à la demande des nouveaux modes de consommation.
La consultation du présent article est notamment soumise aux CGU de Scribeo
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Comment les nouveaux outils technologiques peuvent-ils servir cette nouvelle manière d'appréhender la supply chain ?