CSRD : quels défis attendent les DAF (et les clés pour les relever)
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Succédant à la NFRD (Non Financial Reporting Directive), la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) impose toujours aux entreprises de collecter leurs données relatives aux performances ESG (environnement, social, gouvernance) mais sera désormais plus exigeante et concernera, d'ici 2026, un plus grand nombre d'entreprises.
Déjà d'actualité pour les entreprises de plus de 50 millions d'euros de CA, le reporting CSRD sera non seulement attentivement contrôlé par un commissaire aux comptes ou un organisme indépendant accrédité, mais il sera également scruté par les différentes parties prenantes des entreprises, telles que les investisseurs et les partenaires.
Aux contraintes d'image et de responsabilité environnementale s'ajoute un véritable défi organisationnel : par qui et comment orchestrer cette collecte massive de données ?
Pour Karim Souiah, responsable marketing produit chez l'éditeur de solutions de gestion Cegid, l'un des principaux défis de la CSRD concerne en premier lieu la gouvernance de la data au sein de chaque entreprise : « Les DAF ont désormais de plus en plus systématiquement la main sur l'exploitation des données des ERP au sein des entreprises. La gestion de données relatives à la CSRD, même si elles vont au-delà de leur expertise financière stricte, va donc certainement leur incomber aussi ».
La question de la quantification des enjeux de durabilité au sein des entreprises ne date pas d'hier, mais devient véritablement stratégique. « La feuille de route et le pilotage des indicateurs CSRD sont devenus des axes opérationnels aux enjeux majeurs. Même si les DAF sont en train de reprendre la main sur ce pilotage des données RSE, un travail en binôme avec la partie opérationnelle métier reste nécessaire » précise Karim Souiah.
Auparavant souvent rattachée à la direction de la communication ou des ressources humaines, l'équipe RSE change désormais de plus en plus systématiquement d'étage, pour passer sous la gouvernance de la direction administrative et financière.
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12 normes communes aux entreprises pour un rapport de durabilité standardisé ? Pas de panique : le reporting CSRD intègre un nombre important de données en partie déjà recensées pour de précédents questionnaires RSE, Ecovadis ou encore les demandes clients ou investisseurs. Certains points de données à contrôler nécessiteront cependant une attention particulière de la part des entreprises, notamment concernant l'impact carbone et sa centaine de données à renseigner.
« Ce travail de recensement de la donnée extra financière représente un travail considérable, car le plus souvent manuel » souligne l'expert Cegid. « De fait, cette mission complexe et chronophage de recensement et de cartographie des données à impact, est souvent confiée à un cabinet de conseil par les grandes entreprises, qui n'ont pas connaissance des solutions existantes pour faciliter ce travail. »
« Les processus de contrôle internes sont-ils définis et partagés au sein de l'entreprise ? » Pour Karim Souiah, c'est la réponse à cette question préliminaire qui permettra de déclencher un travail de compréhension en profondeur des données de l'ERP, afin d'identifier où elles se trouvent et comment les gérer. « Une fois le travail laborieux d'identification et de récolte des données rationnalisé, la préparation du premier rapport CSRD pourra avoir lieu, et pourra être reproduit chaque année sans avoir à tout reprendre depuis le début. D'où l'importance de bien comprendre et optimiser ses processus d'exploitation des données la première année, pour gagner du temps les années suivantes » confirme l'expert Cegid.
Chez Cegid, l'IA permet d'ailleurs déjà d'automatiser la récolte d'une partie des données nécessaires au reporting CSRD, comme les données comptables (comptes), les portefeuilles d'immobilisations et de crédit-bail, les données d'achats, les notes de frais directement extraites des ERP, etc. !
Qu'elle émane des institutions publiques, des partenaires ou des investisseurs, la fourniture de données tangibles concernant l'impact positif d'une entreprise sur l'environnement devient incontournable et s'accompagne d'un certain nombre d'écueils à éviter.
En première position des pièges à éviter : l'exhaustivité. Le travail de fourmi induit par la récolte de données nécessaires au rapport CSRD doit être mis en place de manière logique et pertinente en répondant à une interrogation directrice : dans quels domaines l'entreprise impacte-t-elle fortement l'environnement ?
Deuxième écueil : sous-estimer l'importance d'un outil adapté à la collecte d'un tel volume de données. « 62% des entreprises utilisent encore Excel pour réaliser leurs reportings » déplore Karim Souiah. L'expert Cegid préconise l'utilisation d'une plateforme de reporting connectée à l'ERP, qui permettra à la fois l'automatisation et la fiabilisation de la collecte des données, et de faire de l'analyse de la data visualisation sur ces données.
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