IA et gestion fiscale des entreprises : pour aujourd'hui ou pour demain ?
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Formations ou publicités vantant les mérites de l'IA, conseils pour des prompts IA à destination des professionnels : la démocratisation de l'intelligence artificielle est bel et bien en marche, avec toutes les limites et interrogations qu'elle soulève. Lorsque les fiscalistes sont interrogés, ils déclarent à 42% que la maîtrise de l'IA est la compétence qui leur sera la plus indispensable pour la gestion fiscale de demain. Spécialiste de solutions de fiscalité des entreprises pour l'éditeur Cegid, Julien Cherrier anticipe le potentiel de l'IA appliqué à ce domaine, entre optimisations à venir et conseils pour préparer au mieux ce nouveau cadre de traitement des données comptables.
Aujourd'hui forme la plus utilisée de l'IA depuis le lancement de ChatGPT en 2022, l'IA générative en est toujours à ses prémices sur le marché des solutions de fiscalité. Et pour cause : le manque de recul quant à la fiabilité de ses sources semble profondément incompatible avec l'exigence de véracité de l'administration fiscale... à moins que ces sources ne soient uniquement composées de données certifiées.
« Connectée au Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFIP) et cantonnée aux données internes d'une entreprise, l'IA de Cegid (Cegid Pulse) est en mesure de créer du contenu fiable et vérifié... mais cela soulève un autre sujet : celui de la conformité et de la gestion pertinente des données par l'entreprise » souligne Julien Cherrier, qui insiste sur le besoin de formation, de pratique en ce qui concerne la manipulation et la vérification des données retranscrites par l'IA auprès des fiscalistes.
Optimisation de la collecte des données, assistant fiscal qui serait en mesure d'indiquer quelle déclaration réaliser pour un groupe ou quel pourcentage appliquer à une taxe : pour Julien Cherrier, les potentiels cas d'usage de l'IA en gestion fiscale ne manquent pas et pourraient véritablement révolutionner le quotidien des fiscalistes.
Véritable nerf de la guerre contemporaine, le gain d'efficacité est au cœur des attentes vis-à-vis des nouvelles technologies. L'Intelligence Artificielle générative appliquée à la gestion fiscale n'y déroge pas et s'y attèle en permettant une automatisation des tâches du système d'information encore plus rapide. « Elle permettra également de simplifier le quotidien du fiscaliste, notamment concernant par exemple les prévisions du taux effectif d'imposition (TEI) » ajoute l'expert Cegid. En collectant, structurant et classant ces données, l'IA permettra au fiscaliste d'économiser un temps précieux et de se réorienter vers des fonctions à plus forte valeur ajoutée, en l'assistant dans son analyse stratégique et de pilotage de l'activité fiscale. « Un assistant agentique fiscal pourra suggérer des simulations ou optimisations d'acompte d'IS (Impôt sur les sociétés), proposer des visualisations graphiques de prévisions de charges fiscales ou encore aider à anticiper des échéances ou des changements réglementaires, permettant au fiscaliste de prendre des décisions plus éclairées et anticipatives » explique Julien Cherrier.
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Aux Etats-Unis, la gestion autonome et proactive par IA agentique est d'ores et déjà en application via des solutions dédiées. Julien Cherrier imagine, d'ici cinq ans (et une évolution nécessaire du cadre légal), des systèmes entre machines, générant d'un côté une déclaration fiscale qui serait vérifiée de l'autre, en toute autonomie et sans intervention humaine.
En 2024, l'intelligence artificielle a participé au ciblage de 56 % des contrôles fiscaux des professionnels.
Selon une récente étude PwC, le principal investissement de la fonction financière concernerait aujourd'hui les nouvelles technologies. Plus facilement engagés et amortis par les grandes entreprises et groupements de société, ces investissements n'en restent pas moins accessibles aux plus petites structures, notamment grâce à la démocratisation de l'IA générative permise par Mistral, Gemini ou ChatGPT. « Il est d'autant plus intéressant que les TPE et PME puissent prendre en main ces nouveaux usages qu'ils leur permettront de réaliser de potentielles réductions de coûts de gestion comptable » souligne Julien Cherrier.
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Formation des utilisateurs, coûts de développement informatique ou de système d'information : qu'il soit temporel ou financier, l'investissement représenté par l'intégration de l'IA dans une solution de gestion fiscale internalisée ne doit pas être sous-estimé. En revanche et qu'il concerne les TPE ou grandes entreprises, le coût du passage à l'IA générative dans le cas d'une solution de gestion fiscale externalisée est (pour le moment) la plupart du temps intégré sans surcoût à un abonnement, comme c'est aujourd'hui le cas pour Cegid Tax Ultimate. Julien Cherrier ajoute : « La valeur de l'IA en gestion fiscale sera directement démontrée par l'usage qui en sera fait, surtout à ses prémices de démocratisation ». Le développement de l'IA ayant un coût, l'expert Cegid reste cependant prudent quant à l'évolution des tarifs de ces solutions, au regard de cas d'usage plus avancés.
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