Municipales 2020 : quel maire veulent les Toulousains ?

Pierrick Merlet

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Rémi Benoit

Pierrick Merlet

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Rémi Benoit
Quel est le climat politique à Toulouse un an avant les élections municipales de mars 2020 ? Qui a le plus de chances de l'emporter, du maire sortant, Jean- Luc Moudenc, ou des autres forces politiques ? La Tribune publie un sondage exclusif de l'institut BVA qui fait l'état des lieux des forces en présence. Et même s'il est encore tôt, en raison de l'imprévisibilité de toute élection, il donne des enseignements précieux face à la recomposition du paysage politique tant local que national.
Si l'élection avait lieu aujourd'hui, Jean-Luc Moudenc (LR) est bien placé pour espérer être réélu. Il est la personnalité dont la candidature est la plus attendue dans la population toulousaine (52 %), devant l'ancien maire Pierre Cohen (33 %) et Carole Delga (25 %), la présidente PS de la région Occitanie, qui a priori ne sera pourtant pas candidate à la mairie de Toulouse. Selon l'institut BVA, 64 % des sondés se disent "satisfaits de l'action menée par Jean-Luc Moudenc et l'équipe municipale de la Ville de Toulouse". Ce taux est même bien plus élevé auprès des sympathisants de La République en Marche (84 % des sondés), tout comme chez Les Républicains (91 %), le parti auquel appartient le maire sortant. Un sentiment d'adhésion de la part des sympathisants de ces deux partis que le sondage met également en avant dans le souhait de le voir réélu lors du prochain scrutin municipal en mars 2020. Si 50 % des 671 sondés souhaitent que Jean-Luc Moudenc "soit toujours le maire de Toulouse à l'issue des prochaines élections", ils sont respectivement 71 % et 93 % du côté de LREM et LR à désirer voir le maire de Toulouse briguer un second mandat consécutif.
Sondage exclusif BVA pour La Tribune.
Le parti fondé par le président de la République, Emmanuel Macron, était prêt à le sou- tenir en mars 2020 (et donc à ne pas présenter de liste LREM contre lui à Toulouse), en échange d'un soutien appuyé de l'édile toulousain en faveur de la liste "Renaissance" aux élections européennes, portée par La République en Marche. Signe, sans doute, de l'affaiblissement du parti présidentiel suite à la crise des "gilets jaunes", qui a été particulièrement intense à Toulouse, le maire sortant a dénoncé publiquement "un chantage" et fait savoir qu'il soutiendrait finalement la liste Les Républicains, avec comme tête de liste François-Xavier Bellamy, au scrutin du 26 mai.
Une décision dont a pris acte la direction locale de La République en Marche, qui s'apprête donc à se lancer dans la bataille municipale à Toulouse.
Si ce scénario devient réel dans les faits, le sondage exclusif réalisé par l'Institut BVA pour La Tribune crédite de 8 % des intentions de vote au premier tour une liste LREM menée par le député Mickaël Nogal. Dans ce cas, la liste menée par la majorité sortante et Jean-Luc Moudenc obtiendrait 36 % des voix au soir du premier tour, en mars 2020. Mais ce chiffre grimperait à 40 % sans liste LREM, et dans les deux hypothèses, le premier poursuivant de Jean-Luc Moudenc serait la liste d'Europe Écologie-Les Verts conduite par Antoine Maurice, avec 16 % des intentions de vote, parti qui s'est associé au collectif Archipel Citoyen pour ce prochain scrutin municipal.
Pour la gauche toulousaine, tout l'enjeu sera là : se rassembler pour espérer gagner. Et ça, tous les protagonistes à gauche l'ont bien compris. "Toulouse peut changer de majorité si l'alternative proposée est ambitieuse et crédible. Une dynamique qui fédère les énergies citoyennes, et les formations de gauche et progressistes, est gagnante à Toulouse avec 47 % au premier tour contre 40 % pour le maire sortant [score le plus favorable pour Jean-Luc Moudenc avec le soutien de LREM] selon les chiffres de votre sondage", fait remarquer Nadia Pellefigue.
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Dans le cas où une liste de la majorité s'invite au scrutin, les forces de gauche (avec La France Insoumise) sont créditées à 45 %, d'après l'institut BVA. Pour composer ce bloc, une liste d'extrême gauche obtiendrait 2 % des voix, La France Insoumise [premier parti à Toulouse lors de la présidentielle de 2017] 10 %, le Parti Socialiste, 12 %, la liste Divers gauche, conduite par Nadia Pellefigue, 5 %, sans oublier les 16 % d'Europe Écologie-Les Verts et Archipel Citoyen.
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Pour obtenir l'investiture socialiste, deux candidats sont en lice : Romain Cujives et le sénateur Claude Raynal, mais le PS pourrait soutenir la fondatrice du mouvement UNE. "Nous désignerons notre chef de file avant l'été", précise le membre du bureau national du parti. Néanmoins, les discussions ont déjà débuté en coulisses pour travailler à une alliance et un projet commun. Enfin, la liste Rassemblement National, menée par Quentin Lamotte, est créditée de 8 % des voix au premier tour, comme en 2014.
Ce scrutin s'annonce donc plus que jamais rempli d'incertitudes à tous les niveaux.
Pierrick Merlet
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