Gaz de Bordeaux condamné à un million d'euros d'amende par l'Autorité de la concurrence
Jean-Philippe Déjean

Une affaire qui éclate en pleine flambée des prix du gaz
WOLFGANG RATTAY
Jean-Philippe Déjean

Une affaire qui éclate en pleine flambée des prix du gaz
WOLFGANG RATTAY
Gaz de Bordeaux vient d'être condamné -sur plainte de la Commission de régulation de l'énergie- par l'Autorité de la concurrence à une amende très conséquente d'un million d'euros "pour avoir entre 2017 et 2019 abusé de sa position dominante dans la fourniture de gaz naturel aux clients résidentiels et petits clients non résidentiels de Bordeaux et des communes avoisinantes". Gaz de Bordeaux assure la distribution de gaz dans la Métropole mais aussi dans quarante-cinq communes girondines, très nombreuses en Médoc, où sa part de marché était, de 2016 à 2019, supérieure à 98 %, lui conférant ainsi une situation quasi-monopolistique.. La sanction est assortie d'une obligation, pour Gaz de Bordeaux, de publier, pendant trois mois, sur son site internet, le résumé de la décision de l'Autorité de la concurrence.
Dans le détail, cette condamnation sanctionne des agissements particulièrement graves, dans un contexte national de dérèglementation des prix de l'énergie marquée par une suppression des tarifs réglementés de vente (TRV), votée en 2007.
Le cœur du problème pour l'Autorité de la concurrence vient du fait que Gaz de Bordeaux a anticipé sur cette disparition du tarif réglementé de vente, trompant sciemment ses clients pour leur faire croire qu'il n'existait plus de TRV et juste seulement des offres de marché à tarif dérégulé. Qui sont aujourd'hui, avec la flambée des prix de l'énergie, autant de bombes à retardement dans les budgets des clients, qu'il s'agisse ou non de familles.
Dans ce contexte, les faits reprochés à cette entreprise locale de distribution sont si graves qu'ils pourraient avoir d'autres suites judiciaires aux conséquences incalculables si des clients se regroupent pour attaquer en justice. La société Gaz de Bordeaux est présidée par Bordeaux Métropole Energies, elle-même dirigée par Claudine Bichet, 1ère adjointe au maire EELV de Bordeaux Pierre Hurmic, en charge des finances. Tous deux ont été élus lors des Municipales de 2020, et sont hors de cause pour la période incriminée.
Voici dans les détail les faits incriminés par l'Autorité de la concurrence.
L'Autorité de la concurrence précise ainsi qu'entre le 1er janvier 2017 et le 30 novembre 2019, 97 % des nouvelles souscriptions ont concerné des offres de marché contre 0,10 % en 2016.
Puis le jugement enfonce le clou :
À lire également
Des faits qui constituent désormais une caisse de bâtons de dynamite prête à être enflammée. Dans un communiqué, l'AFP annonce que le directeur de Gaz de Bordeaux, Cyril Vincent, entend faire appel de ce jugement.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Jean-Philippe Déjean