C'était en 2020, quelques jours avant l'éclosion de la pandémie sanitaire et deux ans avant le déclenchement de la guerre en Ukraine. Réunis au conseil régional, à Bordeaux, les acteurs néo-aquitains du gaz actaient un objectif très ambitieux repris ensuite par la feuille de route régionale Neo Terra : atteindre 30 % de gaz vert en 2030 puis 100 % en 2050 afin de devenir exportateur net de gaz vert. Alors que l'hypothèse d'un arrêt des importations de gaz russe est désormais clairement sur la table, cette ambition revêt un caractère stratégique. En France, le gaz russe pèse autour de 17 % de la consommation tandis que le gaz d'origine renouvelable ne dépasse pas 1,5 %. Dans quelle mesure la production de gaz vert, en forte hausse en Nouvelle-Aquitaine, pourrait-elle prendre le relais le cas échéant ? Les objectifs fixés en 2020 pourront-ils été atteints alors même que le nouveau tarif d'Etat entrave le développement de la filière. ?
Qu'est-ce que le gaz vert ?
Le gaz vert ou biométhane ou gaz d'origine renouvelable, par opposition au gaz naturel d'origine fossile, désigne la production de méthane à partir de différentes ressources renouvelables, le plus souvent d'origine agricole, qui est ensuite injecté dans le réseau classique de gaz. Il peut s'agir de la méthanisation de déjections animales, résidus de cultures, cultures intermédiaires, bio-déchets, herbe ou algues. Mais le gaz vert peut aussi provenir de la pyrogazéification de bois et de combustible solide de récupération ou de la conversion d'électricité renouvelable excédentaire en gaz, notamment l'hydrogène (power-to-gaz). Le méthane ou l'hydrogène ainsi créés sont ensuite injectés dans le réseau gazier existant pour alimenter les logements, bureaux, usines, fermes et moyens de transport.