Présent à Nice pour la rentrée politique de Christian Estrosi, l’ancien Premier ministre, également premier édile du Havre, a insisté sur le rôle majeur des maires dans la transformation des villes et leur implication face « aux défis de l’époque », mais il a déploré le peu d’écoute qui leur est accordé dans le débat public. Une visite aux allures de pré-rentrée pour le patron d’Horizons avant la rentrée officielle du parti le 15 septembre prochain à Angers.C'est en citant Matisse, le peintre qui a su sublimer « la lumière niçoise » qu'Edouard Philippe a commencé son discours lors de sa visite ce vendredi à Nice. Une façon de rendre hommage à Christian Estrosi, le maire de la ville, « l'ami dont j'observe avec intérêt et admiration la transformation de la ville, un ami dont je salue l'énergie permanente, la volonté de servir son pays en se dessaisissant des postures, des idéologies et des querelles incessantes qui font mal à l'intérieur des partis politiques ». Un appui du numéro 1 d'Horizons à son numéro 2, assurant qu'aucune autre ville de France ne connaît une transformation aussi ambitieuse que Nice - comme Bordeaux à une époque. « Certaines villes prennent le lead, vont plus vite que d'autres ».
Des maires qui doivent peser dans le débat public
Avec ce discours rempli de compliments, l'ancien premier Ministre a tenu à réaffirmer le rôle majeur que doivent avoir les maires dans le débat public, aujourd'hui peu écoutés, selon lui.
« Les maires, par la nature des choses, font, transforment la réalité. Ils ne sont pas plus intelligents que les autres, mais ils font. Trop souvent dans le débat politique national cette richesse n'est pas prise en compte. Et c'est dommage. C'est pour cela qu'avec Christian nous avons essayé de donner une place particulière aux maires pour qu'ils puissent peser dans le débat public, qu'on les entende - pas seulement sur des sujets de maire, pas seulement sur les sujets de la cantine municipale ou de la rentrée scolaire - mais pour les entendre sur des sujets nationaux, sur les sujets de notre époque, sur les sujets généraux qui devraient être au cœur du débat public ».
Et de rappeler qu'il est essentiel de prendre de la hauteur, de ne pas être dans la systématique querelle politicienne. « La vie politique ce n'est pas simplement le petit calcul politicien qui va faire gagner un mètre par rapport aux autres ».
L'école, priorité des priorités
Mais s'il rappelle que sa rentrée officielle est prévue le 15 septembre, difficile pour Edouard Philippe de passer à côté des sujets d'actualité. Si l'interdiction de l'abaya à l'école, annoncée par le ministre de l'Education nationale, Gabriel Attal, occupe les débats, l'ancien Premier ministre rappelle que « nous considérons chez Horizons que la priorité des priorités, c'est l'école. Ce n'est pas le seul problème important et ce n'est pas le seul problème urgent, mais notre analyse c'est qu'aucun des problèmes urgents et des problèmes importants ne seront réglés durablement si on n'a pas préalablement réglé le problème de l'école ».