« Le scrutin majoritaire à deux tours est un broyeur d'identité » (Thierry Pech, Terra Nova)
Propos recueillis par Rémi Baldy
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
Propos recueillis par Rémi Baldy
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
LA TRIBUNE - Quel regard portez-vous sur les dernières élections européennes avec notamment des scores de l'extrême droite assez élevés ?
THIERRY PECH - Il y a eu une très forte poussée de l'extrême droite en France, mais elle a été beaucoup moins nette en Europe et moins franche que ce qui avait été annoncé. Les deux groupes parlementaires du Parlement européen, que forment les conservateurs et réformistes européen (ECR) d'un côté, Identité démocratie (ID) de l'autre, ont progressé mais dans des proportions beaucoup plus raisonnables qu'attendu.
Au contraire, au niveau européen ce qui a été frappant c'est à peu près le contraire de ce qui s'est passé en France : une poussée des conservateurs traditionnels, des chrétiens démocrates, du Parti populaire européen (PPE) qui sont installés pour être la force principale du Parlement autour de laquelle s'organisera la coalition future.
L'extrême droite arrive tout de même en tête dans quatre pays, l'Italie, l'Autriche, la Hongrie, la Belgique et la France....
Les équilibres au Parlement européen se font beaucoup sur les six principales puissances démographiques que sont l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Espagne, la Pologne et les Pays-Bas qui installent le gros des troupes.
Dans l'ensemble ce qui est marquant c'est une vague de l'extrême droite qui n'a pas été aussi forte que ce que l'on attendait. Et c'est important, parce que pour l'avenir du Parlement et des politiques européennes, le PPE va former une coalition mais au Parlement européen, il peut y avoir autant de coalition de votes et donc des renversements d'alliances par opportunisme.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

En France, quelle analyse faites-vous de la victoire, attendue, du Rassemblement national ?
À lire également
T.P : Les résultats ne sont pas surprenants. On s'attendait à une victoire du RN, elle a été nette et tranchante. On s'attendait à un affaissement du camp présidentiel, il a été très net aussi. Et on s'attendait à une poussée de la gauche social-démocrate qui a retrouvé des couleurs à cette occasion avec la liste de Raphaël Glucksmann (Réveiller l'Europe). Je crois que ce phénomène a été net également, la gauche social-démocrate et la majorité présidentielle (Besoin d'Europe) se tiennent en un point.
Propos recueillis par Rémi Baldy