Départementales : Jean-Michel Baylet dans une campagne à couteaux tirés

Florine Galéron

Florine Galéron
"Au soir du 22 mars, dans la région et même au-delà, tous les regards seront tournés vers le canton de Valence-d'Agen", estime Patrice Charles. Ancien UMP passé au Front National, il est l'un des trois candidats aux départementales qui se présentent face à Jean-Michel Baylet dans son fief. Surnommé "le roi" ou "l'empereur", Jean-Michel Baylet a pris la succession de sa mère Évelyne à la tête du Conseil général du Tarn-et-Garonne en 1985. Plusieurs fois député et ministre, le PDG de La Dépêche du Midi a conquis une stature nationale à la tête du Parti Radical de Gauche, qu'il a cofondé. Néanmoins, le 28 septembre dernier, le parlementaire a essuyé une sérieuse défaite en perdant son siège de sénateur dans le Tarn-et-Garonne qu'il occupait depuis 21 ans.
Une défaite qui donne des ailes à ses adversaires à Valence-d'Agen.
Chef de cabinet de l'UMP Brigitte Barèges à la mairie de Montauban, Pascal Ellul précise les raisons de sa candidature : "Personne n'osait aller affronter Jean-Michel Baylet donc j'ai proposé ma candidature. À la fac, j'étais membre de l'UNI, le syndicat étudiant de droite, j'ai appris à militer en milieu hostile."
Dans cette campagne à couteaux tirés, on retrouve le même langage guerrier chez son adversaire frontiste : "Notre programme est de faire tomber Baylet, de faire la révolution comme en 1789 pour prendre la bastille d'Agen", lance Patrice Charles, qui mise sur une première place à l'issue du 1er tour, après avoir fini en tête aux dernières européennes dans le département avec 30,4 % des voix. Du côté d'Europe Écologie-Les Verts, Philippe Sabatier critique plus sobrement "le cumul de mandats à la fois en nombre de mandats simultanés et sur la durée".
Contacté à plusieurs reprises par la rédaction, le candidat du Parti Radical de Gauche n'a pas donné suite à nos demandes d'interviews.
Dans ce canton rural, l'agriculture figure au centre des débats de la campagne. Le président du Conseil général du Tarn-et-Garonne est l'un des fervents défenseurs du barrage de Sivens, qu'il devait financer à hauteur de 10 % dans le projet initial. De plus, Jean-Michel Baylet indiquait en juin 2014 avoir subventionné 249 retenues collinaires, ce qui fait du Tarn-et-Garonne le département avec le plus de surfaces irrigables dans la région Midi-Pyrénées. À droite et au Front National, on ne conteste pas cette politique d'irrigation à grande échelle. "Le barrage de Sivens, cela fait 30 ans qu'il doit être réalisé", estime Pascal Ellul. Seul Philippe Sabatier, le candidat EE-LV est formellement opposé au barrage de Sivens : "nous prônons plutôt les circuits-courts".
Autre sujet de divergence, la centrale nucléaire de Golfech. Alors que Pascal Ellul promet "une licence en nucléaire pour attirer des jeunes sur le territoire", du côté des Verts, Philippe Sabatier pointe le manque de sécurité apporté aux riverains de la centrale :
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

L'issue du scrutin du canton de Valence d'Agen aura quoi qu'il en soit des répercussions sur l'ensemble de la région. Après les départementales, le PS et le PRG doivent s'entendre sur un accord dans la perspective des élections régionales pour présenter des têtes de liste pour les 13 départements de la future région Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Dans le cadre d'une alliance PS-PRG, Jean-Michel Baylet revendique toujours la tête de liste en Tarn-et-Garonne pour la ministre du Logement Sylvia Pinel. En fonction de son score aux départementales, Jean-Michel Baylet aura donc une marge de manœuvre plus ou moins forte pour avancer ses pions.
Front National : Patrice Charles et Dominique Poinard
UMP : Pascal Ellul et Anne-Marie Morgades
EELV : Philippe Sabatier et Joëlle Simonet
Parti Radical de Gauche : Jean-Michel Baylet et Christiane Le Corre
Florine Galéron