"Le PS ne peut pas faire comme si nous n'existions pas", interview de la PRG Sylvia Pinel
Florine Galéron et Sophie Arutunian
Florine Galéron et Sophie Arutunian
Qu'ont décidé les radicaux réunis ce dimanche à Gruissan ?
Les représentants radicaux des 13 départements ont décidé à l'unanimité que, sauf en cas d'accord rapide avec le PS, le PRG présentera des listes autonomes pour les régionales. Au niveau de notre parti, nous avons déjà une échéance importante fin juin avec la tenue de notre comité directeur. Avec Didier Codorniou (maire de Gruissan, qui a accueilli la rencontre du PRG, NDLR), nous allons commencer à construire ces listes, et mettre en place des groupes de travail pour faire émerger des propositions pour préparer notre programme.
Dans quelles conditions pourriez-vous présenter une liste commune avec le Parti Socialiste ?
Le prérequis, c'est déjà que le PS ouvre de réelles discussions pour que nous puissions construire ensemble un projet. Jean-Michel Baylet (le président du PRG, NDLR) a écrit au premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis en février dernier pour lui demander une rencontre avec les élus dans l'objectif des régionales. Une entrevue a été organisée au mois de mai. Elle a été sans grandes conséquences puisque peu de choses ont été mises sur la table.
Selon le PS, cette liste autonome risque de faire perdre la gauche en décembre prochain. Que répondez-vous sur ce point ?
Nous n'avons pas de leçons à recevoir en la matière. Le PRG a toujours été très responsable lors des élections, même quand un accord avec le PS ne nous était pas toujours favorable. Le PRG a été un fidèle allié du Parti Socialiste aussi bien à l'Assemblée nationale qu'au Sénat et, sans nous, certains textes ne seraient jamais passés. Le PS ne peut pas appeler à l'unité et faire comme si nous n'existions pas. Nous sommes le dernier allié du gouvernement à gauche.
En septembre 2014, Jean-Michel Baylet a perdu son siège de sénateur, puis en mars dernier lors des départementales il a dû renoncer à se représenter à la présidence du conseil départemental du Tarn-et-Garonne. Dans ce contexte, le PRG n'a t-il pas perdu de son poids politique ?
Ces élections n'ont rien à voir. Aux départementales, Jean-Michel Baylet a été élu dès le premier tour et la gauche était majoritaire en termes de voix. Il y a eu ensuite des alliances contre-nature, différentes trahisons, des votes surprenants. Des élus qui étaient des radicaux jusqu'au 2014, ont voté en 2015 avec l'UMP ! Mais ne refaisons pas le match, je ne veux pas rentrer dans ce genre de polémiques.
Si vous étiez tête de liste du PRG pour les régionales, en quoi votre programme serait-il différent de la politique qui a été menée par Martin Malvy à la tête de la région ?
Martin Malvy a été un très bon président et je suis conseillère régionale sortante. En 2010, j'ai participé avec lui à la co-construction d'un projet pour les régionales. Aujourd'hui, de ce point de vue-là, on est encore loin du compte. Pour ce qui est du programme, le développement économique est la préoccupation majeure des habitants et je le vois bien quand je me rends sur le terrain. Il faut s'interroger sur l'avenir des territoires en dehors des deux grandes métropoles. Ces territoires, souvent ruraux, représentent 75 % de la future grande région. Le PRG a sur ce sujet ses spécificités, des valeurs communes comme la liberté d'entreprendre. En ce sens, les radicaux apportent quelque chose de différent à gauche et il est important de mettre en valeur ces spécificités au cours de la campagne.
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Interrogé aujourd'hui, Sébastien Vincini a réagi aux exigences du PRG : « Le PRG est un partenaire historique du PS. Je suis tout à fait favorable à un accord, pour bâtir derrière Carole Delga (PS) une majorité stable, large et progressiste. Les cadres nationaux des deux partis sont désormais à la manœuvre mais j'espère qu'un accord sera trouvé avant l'été. Le PRG était tête de liste pour les européennes dans le Sud-Ouest, on ne peut pas faire cela deux fois, d'autant plus que notre tête de liste Carole Delga est une femme, elle est jeune, et représente le renouvellement. Je ne veux pas envisager qu'il y ait une tête de liste PRG. Je ne veux pas faire de politique fiction. »
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