Enquête : à Toulouse, la course au Capitole plus que jamais lancée (1/4)

Pierrick Merlet

Photo d'illustration
Rémi Benoit

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Après quelques mois de faux suspense, le maire sortant de Toulouse et président de la Métropole, Jean-Luc Moudenc, a annoncé sa candidature aux élections municipales de mars 2020.

Le maire sortant de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, vient de dévoiler la totalité de sa liste (Crédits : Rémi Benoit).
Un projet municipal du nom "Aimer Toulouse" dont les contours seront dévoilés dans les premières semaines de 2020 mais qui est déjà soutenu par Les Républicains, son parti, La République en marche (LREM), l'UDI, Agir, Libres !, les Centristes et le Mouvement radical, social et libéral. Seulement, il manquera une composante de taille à ce rassemblement. Par rapport à la municipalité actuelle, le MoDem perd ses trois places d'élus sortants.
Désormais, Jean-Luc Lagleize va s'atteler à l'élaboration d'une "offre alternative" basée sur la séparation des postes de maire de Toulouse et de président de la Métropole, une politique des mobilités autour du projet de RER, ou encore un urbanisme maîtrisé.

Jean-Luc Lagleize veut garder son siège de député (Crédits : Rémi Benoit).
Si des membres du parti de la majorité venaient à s'engager aux côtés du député, qui ne brigue cependant pas la tête de liste par attachement à son poste actuel, ils risqueraient l'exclusion définitive de LREM, d'après les statuts de cette dernière.
Cette désertion dans les rangs de ses alliés n'est que la première pierre dans le jardin de Jean-Luc Moudenc. Jusqu'à présent, les divisions ne concernaient pas, en effet, son propre camp et ses partenaires, mais plutôt la gauche toulousaine, et même les gauches en lice pour ce scrutin.
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Soutenue par le Parti socialiste, le Parti communiste ou encore le Parti radical de gauche, la socialiste Nadia Pellefigue est partie tôt en campagne en proposant des mesures sur les mobilités, l'économie, la sécurité, l'environnement, l'urbanisme et le logement.

Nadia Pellefigue a inauguré récemment ses locaux de campagne (Crédits : Rémi Benoit).
Une critique à destination de l'autre offre de gauche que Nadia Pellefigue et certains candidats surnomment "la coalition ultra rouge-verte", le mouvement Archipel Citoyen. En plus de personnes non-encartées dans des partis, cette initiative venue de la société civile est notamment soutenue par La France insoumise (LFI), Europe Écologie-Les Verts (EELV), Toulouse Idées neuves de l'ex-PS Romain Cujives et Place Publique.
Ambitionnant de redonner du pouvoir aux citoyens dans la cité, ils devaient proposer une liste composée d'un tiers de colistiers tirés au sort, d'un autre tiers de citoyens non encartés qui auraient obtenu la majorité des voix lors d'une primaire en ligne, et d'un tiers de militants politiques. Mais tout ne s'est pas passé comme prévu.
En effet, la répartition des places de colistiers a été revue par Archipel Citoyen et des tensions sont nées en interne entre LFI et EELV qui, chacun leur tour, ont menacé de se retirer. Au final, le processus, à la fois innovant et complexe, a abouti à l'élection d'Antoine Maurice, élu écologiste dans l'opposition au conseil municipal de Toulouse, comme tête de liste. Cette nomination a provoqué le départ de quelques colistiers, dont l'ordonnancement n'est pas encore arrêté en raison des remous en coulisses.

Antoine Maurice parviendra-t-il à tenir la liste Archipel Citoyen jusqu'au 15 mars ? (Crédits : Rémi Benoit).
Avant de proposer les premières mesures du programme au terme de ses futures assemblées décisionnaires composées de citoyens ? Quoi qu'il en soit, cette situation fait dire à certains que l'offre politique n'est pas stabilisée entre ces deux blocs de gauche qui semblent irréconciliables en raison de leurs divergences d'approche.
Désormais dans l'opposition au conseil municipal aux côtés d'Antoine Maurice, l'élu entend être candidat également le 15 mars 2020 si cela peut aider à l'union des gauches. Mais les deux premiers blocs ne comptent pas céder face à Pierre Cohen, qui a deux options devant lui : aller au bout au risque de diviser davantage l'électorat de gauche ou se rallier à Archipel Citoyen, avec qui des discussions sont engagées pour parvenir à s'unir. Si les négociations venaient à aboutir, les Toulousains auront alors le choix entre deux listes de gauche dans trois mois. Ce scénario pourrait privilégier une triangulaire, voire une quadrangulaire au second tour, avec, dans les listes pouvant se maintenir, celle du Rassemblement national portée par le conseiller régional d'opposition Quentin Lamotte, et soutenue par La Droite populaire de Thierry Mariani.

Quentin Lamotte mène la liste RN pour les élections municipales (Crédits : Rémi Benoit).
Néanmoins, le RN risque de voir son électorat se faire grignoter par une liste Debout la France associée au mouvement Les Patriotes de Florian Philippot en cours d'élaboration. "Debout Toulouse devrait être ainsi incarné par Florian Lebrun, sur un positionnement politique situé entre Jean-Luc Moudenc et Quentin Lamotte. Avec cette stratégie, le nouveau venu vise les 5 % des voix le 15 mars prochain, un score qui pourrait perturber les anticipations de certains.
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sur le plan idéologique. Les élections municipales 2020 à Toulouse seront donc avant tout une guerre de leadership, aussi bien à droite, à gauche, qu'au centre, et des bouleversements ne sont pas à exclure.
Pierrick Merlet
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