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POLITIQUE - La Tribune ToulouseÉlections - La Tribune Toulouse

Enquête : à Toulouse, la course au Capitole plus que jamais lancée (1/4)

Photo de Pierrick Merlet

Pierrick Merlet

Publié le 13 décembre 2019 à 18:21 - Mis à jour le 01 octobre 2025 à 02:24

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Rémi Benoit

Le Quotidien Numérique

04 juin 2026

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Un Jean-Luc Moudenc hégémonique qui doit néanmoins composer avec le MoDem, une gauche divisée qui tente de se réconcilier et une inconnue : le Rassemblement national. Tels sont les paramètres des élections municipales 2020 à Toulouse. Analyse issue de notre numéro 314 dans les kiosques depuis vendredi 13 décembre.

Après quelques mois de faux suspense, le maire sortant de Toulouse et président de la Métropole, Jean-Luc Moudenc, a annoncé sa candidature aux élections municipales de mars 2020.

"Je crois que personne n'aime s'arrêter à mi-chemin... Pour transformer une ville, il faut de la continuité et du temps long. Il reste des problèmes à résoudre et des problématiques auxquelles nous n'avons pas suffisamment répondu sous la mandature actuelle", estime le candidat qui compte placer sa campagne sous les thématiques de l'écologie urbaine, du social et de la démocratie participative.
Liste Moudenc
Photo d'illustration (Crédits : Rémi Benoit)

Le maire sortant de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, vient de dévoiler la totalité de sa liste (Crédits : Rémi Benoit).

Un projet municipal du nom "Aimer Toulouse" dont les contours seront dévoilés dans les premières semaines de 2020 mais qui est déjà soutenu par Les Républicains, son parti, La République en marche (LREM), l'UDI, Agir, Libres !, les Centristes et le Mouvement radical, social et libéral. Seulement, il manquera une composante de taille à ce rassemblement. Par rapport à la municipalité actuelle, le MoDem perd ses trois places d'élus sortants.

"Ma feuille de route était naturellement de plancher sur un accord avec le maire sortant. Mais je n'ai jamais ressenti de volonté de la part de Jean-Luc Moudenc de continuer à travailler avec nous", accuse le député Jean-Luc Lagleize, nommé chef de file par le parti centriste pour les élections municipales à Toulouse au cours de l'été.

Des marcheurs avec Lagleize ?

Désormais, Jean-Luc Lagleize va s'atteler à l'élaboration d'une "offre alternative" basée sur la séparation des postes de maire de Toulouse et de président de la Métropole, une politique des mobilités autour du projet de RER, ou encore un urbanisme maîtrisé.

"De nombreuses personnes à LREM, issues d'autres partis et de la société civile, veulent une offre alternative qui s'appuie sur ces principes. Au quotidien, il y a une Métropole qui est au service des Toulousains et non pas des 37 communes de la Métropole. Cela doit changer", estime le député de Haute-Garonne.
Jean-Luc Lagleize
adjoint urbanisme mairie de toulouse (Crédits : Rémi Benoit)

Jean-Luc Lagleize veut garder son siège de député (Crédits : Rémi Benoit).

Si des membres du parti de la majorité venaient à s'engager aux côtés du député, qui ne brigue cependant pas la tête de liste par attachement à son poste actuel, ils risqueraient l'exclusion définitive de LREM, d'après les statuts de cette dernière.

"Cette division a tendance à montrer que Jean-Luc Moudenc est bien plus à droite qu'il ne veut bien le montrer à la veille des élections. En perdant le centre-droit, cela démontre clairement qu'il est le candidat de la droite, contrairement à ce qu'il essaie de faire croire. Nous nous rappelons parfaitement sa participation en première ligne à la Manif pour tous mobilisée contre le mariage pour tous et nous nous souvenons aussi de son soutien au candidat LR aux élections européennes, très hostile au mariage pour tous", réagit Carole Maurage, la directrice de campagne de Nadia Pellefigue, l'une de ses adversaires pour conquérir le Capitole.

Cette désertion dans les rangs de ses alliés n'est que la première pierre dans le jardin de Jean-Luc Moudenc. Jusqu'à présent, les divisions ne concernaient pas, en effet, son propre camp et ses partenaires, mais plutôt la gauche toulousaine, et même les gauches en lice pour ce scrutin.

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Archipel Citoyen sous tension

Soutenue par le Parti socialiste, le Parti communiste ou encore le Parti radical de gauche, la socialiste Nadia Pellefigue est partie tôt en campagne en proposant des mesures sur les mobilités, l'économie, la sécurité, l'environnement, l'urbanisme et le logement.

"Notre rassemblement s'est fait autour de valeurs et d'un projet pour Toulouse que nous partageons. Nous savons dans quelle direction nous allons et nous ne changerons pas de cap", lance la fondatrice du mouvement UNE (Une Nouvelle Énergie pour Toulouse) et vice-présidente du Conseil régional d'Occitanie en charge du développement économique, de l'innovation, de la recherche et de l'enseignement supérieur.
Nadia Pellefigue
Photo d'illustration (Crédits : Rémi Benoit)

Nadia Pellefigue a inauguré récemment ses locaux de campagne (Crédits : Rémi Benoit).

Une critique à destination de l'autre offre de gauche que Nadia Pellefigue et certains candidats surnomment "la coalition ultra rouge-verte", le mouvement Archipel Citoyen. En plus de personnes non-encartées dans des partis, cette initiative venue de la société civile est notamment soutenue par La France insoumise (LFI), Europe Écologie-Les Verts (EELV), Toulouse Idées neuves de l'ex-PS Romain Cujives et Place Publique.
Ambitionnant de redonner du pouvoir aux citoyens dans la cité, ils devaient proposer une liste composée d'un tiers de colistiers tirés au sort, d'un autre tiers de citoyens non encartés qui auraient obtenu la majorité des voix lors d'une primaire en ligne, et d'un tiers de militants politiques. Mais tout ne s'est pas passé comme prévu.

"Archipel Citoyen n'a plus grand-chose de citoyen, il ne faut pas se laisser aveugler par l'expression marketing. Un tiers des candidats devait être tiré au sort, finalement ils ne sont que sept, soit 10 % de la liste", souligne Jean-Luc Moudenc.


En effet, la répartition des places de colistiers a été revue par Archipel Citoyen et des tensions sont nées en interne entre LFI et EELV qui, chacun leur tour, ont menacé de se retirer. Au final, le processus, à la fois innovant et complexe, a abouti à l'élection d'Antoine Maurice, élu écologiste dans l'opposition au conseil municipal de Toulouse, comme tête de liste. Cette nomination a provoqué le départ de quelques colistiers, dont l'ordonnancement n'est pas encore arrêté en raison des remous en coulisses.

"C'est un processus compliqué, avec un choc des cultures. C'est normal qu'il y ait ce genre de tensions, mais nous avons abouti à un résultat inédit. Cette réussite est la preuve de notre force et nous démontrons que nous pouvons dépasser nos divergences. Désormais, nous envisageons de profiter de notre premier meeting, le 19 décembre, pour présenter la liste ordonnancée", fait savoir Antoine Maurice.
Antoine Maurice tête de liste Archipel
Photo d'illustration (Crédits : Rémi Benoit)

Antoine Maurice parviendra-t-il à tenir la liste Archipel Citoyen jusqu'au 15 mars ? (Crédits : Rémi Benoit).

Avant de proposer les premières mesures du programme au terme de ses futures assemblées décisionnaires composées de citoyens ? Quoi qu'il en soit, cette situation fait dire à certains que l'offre politique n'est pas stabilisée entre ces deux blocs de gauche qui semblent irréconciliables en raison de leurs divergences d'approche.

Pierre Cohen entre en jeu

"Pour l'instant, deux dynamiques bien différentes se tournent de plus en plus le dos malgré notre travail pour les unir. Mais nous restons convaincus que la démarche unitaire est indispensable car il y a une vraie attente des Toulousains pour qu'elle se fasse. S'il n'y a pas une liste unitaire le jour du premier tour des élections municipales à Toulouse, alors cela laissera un boulevard à Jean-Luc Moudenc", explique Pierre Cohen, ancien maire de Toulouse (2008-2014) et référent de Génération.s dans la Ville rose.

Désormais dans l'opposition au conseil municipal aux côtés d'Antoine Maurice, l'élu entend être candidat également le 15 mars 2020 si cela peut aider à l'union des gauches. Mais les deux premiers blocs ne comptent pas céder face à Pierre Cohen, qui a deux options devant lui : aller au bout au risque de diviser davantage l'électorat de gauche ou se rallier à Archipel Citoyen, avec qui des discussions sont engagées pour parvenir à s'unir. Si les négociations venaient à aboutir, les Toulousains auront alors le choix entre deux listes de gauche dans trois mois. Ce scénario pourrait privilégier une triangulaire, voire une quadrangulaire au second tour, avec, dans les listes pouvant se maintenir, celle du Rassemblement national portée par le conseiller régional d'opposition Quentin Lamotte, et soutenue par La Droite populaire de Thierry Mariani.

Quentin Lamotte candidat RN
Photo d'illustration (Crédits : Rémi Benoit)

Quentin Lamotte mène la liste RN pour les élections municipales (Crédits : Rémi Benoit).

"Selon notre dynamique et nos remontées du terrain, on pourrait se qualifier au second tour et atteindre notre objectif qui est de ramener des élus de notre parti au conseil municipal de Toulouse", avance Quentin Lamotte, qui compte axer sa campagne sur la propreté, l'urbanisme, les transports et la sécurité.

Néanmoins, le RN risque de voir son électorat se faire grignoter par une liste Debout la France associée au mouvement Les Patriotes de Florian Philippot en cours d'élaboration. "Debout Toulouse devrait être ainsi incarné par Florian Lebrun, sur un positionnement politique situé entre Jean-Luc Moudenc et Quentin Lamotte. Avec cette stratégie, le nouveau venu vise les 5 % des voix le 15 mars prochain, un score qui pourrait perturber les anticipations de certains.

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En résumé, avant d'entamer la dernière ligne droite des municipales après le Nouvel An, chaque camp devra batailler pour conserver son électorat face à un adversaire proche
sur le plan idéologique. Les élections municipales 2020 à Toulouse seront donc avant tout une guerre de leadership, aussi bien à droite, à gauche, qu'au centre, et des bouleversements ne sont pas à exclure.

Pierrick Merlet

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