Municipales : comment Biasotto compte financer la desserte de l'aéroport en métro

Pierrick Merlet

Aéroport Toulouse-Blagnac
Rémi Benoit

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Aéroport Toulouse-Blagnac
Rémi Benoit
Franck Biasotto a marqué son entrée dans la campagne, pour les élections municipales à Toulouse, en annonçant que la troisième ligne de métro à Toulouse ne serait pas en service avant 2028. Contre fin d'année 2025, pour le maire sortant. Au-delà de cette bataille par médias interposés sur le calendrier, l'ancien adjoint au Logement de Jean-Luc Moudenc veut surtout profiter de ce retard annoncé pour revoir le tracé.
Pour le moment, le projet porté actuellement par Tisséo prévoit l'arrêt de la ligne de tramway T2 (qui dessert l'aéroport de Toulouse-Blagnac), pour la remplacer par une "navette express", entre la future station de la 3ème ligne de métro Jean Maga et l'aéroport, malgré la mobilisation du tissu économique local pour un prolongement du métro jusqu'à l'infrastructure aéroportuaire.
La rupture de charge prévue par Tisséo, au niveau de la station Jean Maga, pour rejoindre l'aéroport de Toulouse (Crédits : Tisséo).
Cet aménagement à la sortie de Blagnac, et à proximité du quartier Ancely, est estimé autour de 45 millions d'euros par Tisséo. "Une solution métro en tracé direct représente un coût d'investissement de 200 à 250 millions d'euros et ne permet pas de desservir le site d'Airbus Saint-Martin", avait justifié Francis Grass, le président de Tisséo Ingénierie, lors d'une conférence de presse le 29 janvier 2018. Ainsi, le candidat Franck Biasotto veut rediriger ces 45 millions vers un financement de cette desserte directe en métro de l'aéroport de Toulouse. Pour le reste, il compte sur une révision du tracé de ce projet estimé au total à 2,7 milliards d'euros.
Le candidat au Capitole n'a pas été plus précis sur ses intentions à ce sujet. Doit-on comprendre qu'il compte supprimer les stations Fondeyre, La Vache et Toulouse Lautrec pour retirer cette "boucle" ? Cela semble en tout cas son idée. En simplifiant le tracé, Franck Biasotto espère dégager suffisamment de financements pour la connexion vers l'aéroport.
La partie du tracé que souhaite modifier Franck Biasotto (Crédits : Tisséo).
L'ensemble du tracé potentiel de la troisième ligne de métro (Crédits : Tisséo).
Si jamais cela n'était pas suffisant, et en cas de victoire de Franck Biasotto aux élections, ses alternatives seraient limitées. Il a martelé à plusieurs reprises que la troisième ligne de métro n'engendrerait pas de hausse d'impôt pour les Toulousains même s'il compte "regarder de plus près le financement de la 3ème ligne de métro". Par ailleurs, il a promis au tissu économique local que le Versement Transport, payé par les entreprises, ne serait pas augmenté sous le prochain mandat. De plus, la révision à la hausse du tarif des transports en commun n'est pas prévue par Franck Biasotto. Mieux, il compte faire un geste en direction des séniors à ce sujet.
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Selon lui, cette mesure devrait coûter environ 280 000 euros chaque année à la collectivité. Par ailleurs, il est contre une gratuité totale des transports en commun pour encourager son utilisation. "Cela reviendrait à amputer Tisséo de 90 millions d'euros de recettes, on se tirerait une balle dans le pied alors que nous avons un réseau à développer", conclut-il. En effet, le candidat veut travailler avec la Région Occitanie à l'instauration d'un RER toulousain et étudier une solution de desserte directe entre l'aéroport et le futur parc des expositions de Toulouse, le MEETT, comme demandé par les chefs d'entreprises toulousains.
Pierrick Merlet
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