Quand le maire de Cahors invite les Toulousains à vivre dans sa ville

Sophie Arutunian
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Vous avez fait du développement économique une de vos priorités depuis votre élection en 2008. Quels sont les points faibles de Cahors ?
Ils sont connus. La priorité donnée à l'économie est très récente. On s'est longtemps contenté dans cette ville des services, de l'économie présentielle, de la fonction publique, de l'administration. On n'a pas forcément accompagné les petites entreprises et l'emploi industriel. La politique engagée par Martin Malvy il y a 20 ans sur la Mecanic Valley à Figeac commence à peine à porter ses fruits. À Cahors, on a quelques belles entreprises comme le Groupe Cahors, que je suis avec attention, mais force est de constater que Cahors doit être davantage axée sur le développement économique. C'est une priorité forte pour la ville et son agglomération.
C'est un long travail car il faut changer l'état d'esprit des acteurs économiques, et arriver à convaincre des investisseurs potentiels que Cahors n'est pas une ville endormie qui n'accueille que des retraités, mais une ville où il est bon de vivre et de travailler.
Un autre point faible réside dans l'état d'esprit de la ville : nous sommes dans un département agricole, avec un rapport particulier à la thésaurisation. Nous avons donc la qualité d'avoir les pieds sur terre, mais parfois, on prend moins de risque qu'ailleurs.
Quels sont les atouts de Cahors pour attirer investisseurs et jeunes actifs basés à Toulouse ?
Le développement s'est fait ces dernières années essentiellement sur la métropole toulousaine, avec un fort étalement urbain autour de Toulouse qui n'est plus raisonnable. Je milite pour que l'on change la règle du jeu du développement toulousain, basé sur sa périurbanisation, et sur des communes trop petites pour accueillir les nouveaux habitants.
Nous avons dans nos villes moyennes autour de Toulouse toute cette capacité à accueillir, nous avons les équipements sportifs, culturels de qualité, et des services de santé performants (il y a à Cahors un hôpital de 1 000 salariés en plein centre-ville). Il y a aussi des places en crèches : je cherche des enfants pour occuper des places, alors qu'à Toulouse, c'est l'inverse ! Il n'y a pas d'étalement urbain, les logements du centre-ville attendent d'être réhabilités, et disposent d'une véritable valeur patrimoniale. Tout à une heure de Toulouse, dont le centre-ville est asphyxié.
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Sophie Arutunian
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