Jean-Luc Moudenc : "Il faut plus de décentralisation et plus de déconcentration de l'État"
Pierrick Merlet et Anthony Rey
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Jean-Luc Moudenc
Rémi Benoit
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Jean-Luc Moudenc
Rémi Benoit
LA TRIBUNE - Pas moins de 80 % des Français, selon notre sondage réalisé avec BVA et Public Sénat appellent à une réorganisation des collectivités locales. Partagez-vous ce constat ?
JEAN-LUC MOUDENC - Les Français sont d'accord aujourd'hui avec leurs élus locaux qui demandent une nouvelle étape de décentralisation. Néanmoins, les réponses apportées ne peuvent pas être uniformes dans l'ensemble du pays. On voit bien que, dans les grandes agglomérations, la demande de décentralisation supplémentaire est plus forte qu'ailleurs. Alors nous pouvons très bien distinguer les grandes agglomérations et les concevoir comme des locomotives pour le pays auxquelles l'État donnerait davantage de moyens. L'autre lecture de ce sondage concerne l'organisation de l'État lui-même.
Il est victime de ce qu'on pourrait appeler l'hydrocéphalie, où la tête a beaucoup enflé et le corps rapetissé. Je veux dire par là que les administrations centrales, qui sont à Paris, sont tout aussi puissantes que lorsque l'État était centralisé avant les différentes réformes. Par contre, nous observons que les préfets en région ont de moins en moins de moyens. L'État aurait à gagner à ré-arbitrer la répartition de ses moyens entre ce qui doit être conservé à l'échelon central et renforcé en région. Je suis frappé par le fait que nos services aient une expertise supérieure à celle des services décentralisés de l'État sur différentes thématiques où l'on doit travailler en commun. Je suis donc partisan d'un double mouvement: plus de décentralisation et plus de déconcentration des administrations centrales au profit des administrations décentralisées.
Mais quatre échelons territoriaux - communes, agglomérations, départements et régions -, n'est-ce pas trop ?
Oui, je pense que c'est trop, mais c'est une question très délicate qui crée toujours des tensions entre collectivités et associations d'élus quand le sujet est abordé.
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