... s à la baisse… Explications.
Le projet d'extension du port de La Grande Motte (Hérault) est dans les cartons depuis plusieurs dizaines d'années. Il avait pris un tour concret en 2017 avec un nouveau concours d'architecte, finalement remporté en 2018 par François Leclercq. Il vient de connaître un revers sévère.
La Grande Motte est née de la Mission Racine, créée en 1963 sous l'impulsion du Général de Gaulle pour créer des stations balnéaires ex-nihilo sur le littoral languedocien. La station est alors imaginée et créée par l'architecte Jean Balladur et son port est inauguré en 1967. Cinquante-six ans plus tard, la ville accueille, durant l'été, quelque 100.000 touristes chaque jour, imposant à la collectivité de s'adapter... La vaste opération d'aménagement urbain, baptisée Ville-Port, avait initialement été chiffrée à 62 millions d'euros mais sous le coup de l'augmentation des matériaux, de l'énergie ou encore des taux d'intérêt, l'enveloppe est montée à 120 millions d'euros. Son financement n'est aujourd'hui plus tenable et les financeurs reculent.
La Ville a donc voté en conseil municipal une révision et une réorientation de ses ambitions qui divisent le budget alloué quasiment par deux, le faisant ainsi revenir à son enveloppe initiale, mais avec beaucoup moins de réalisations...
«La structure du financement prévoyait qu'un tiers était financé par l'Etat et la Région Occitanie dans le cadre du Plan Littoral 21, un tiers par la vente de foncier pour réaliser 450 logements, et un dernier tiers par la Ville et le port via un emprunt et de l'autofinancement,explique Stephan Rossignol. Mais dans le contexte d'aujourd'hui, l'Etat et la Région sont, comme toutes les collectivités, confrontés à des difficultés de financement et disposent de moins de moyens pour les gros projets. Or tout a augmenté : par exemple, les sanitaires publiques estimées à 350.000 euros étaient a minima à 600.000 euros, et surtout, le déplacement de la digue ouest et le creusement de deux nouveaux bassins (d'une capacité de 420 anneaux, NDLR) faisaient exploser le prévisionnel. La part de la Ville allait exploser avec la réduction de la participation de l'Etat et de la Région. Ce n'était plus tenable, malgré notre bonne santé financière... »
L'élu a donc dû réorienter ses objectifs, redéployant le projet sur le périmètre déjà artificialisé, et évoque maintenant un projet moins gourmand et plus vertueux du point de vue environnement.