Pourquoi Toulouse et Montpellier s’allient face à la grande Région
Propos recueillis par Alexandre Léoty et Anthony Rey
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Propos recueillis par Alexandre Léoty et Anthony Rey
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Y a-t-il un risque de voir les métropoles perdre du pouvoir ?
Jean-Luc Moudenc : Les Régions n'ont pas à dicter leur loi aux métropoles. La mouture initiale de la loi NOTRe proposait un équilibre. Je regrette que le Sénat ait rompu cet équilibre en organisant la suprématie des grandes régions par rapport aux métropoles. Je souhaite que cette erreur soit corrigée par l'Assemblée nationale. S'il y a déséquilibre, il y a un risque de voir s'instaurer une guerre entre la Région et les métropoles. Et, à la fin, c'est le territoire qui y perdra.
Philippe Saurel : La nouvelle loi est faite pour ça ! Quand l'État a compris qu'en créant 12 métropoles, il a créé 12 baronnies, il a aussitôt voulu les recouvrir en créant 13 comtés, c'est à dire 13 nouvelles régions. Avec la fusion Midi-Pyrénées / Languedoc-Roussillon, c'est vraiment ça : on recrée le comté de Toulouse. L'Assemblée nationale a vu que la métropole serait un acteur trop important, donc elle a fait ressurgir le conseil départemental pour équilibrer tout l'édifice. J'ai soutenu cette réforme en vertu de ce principe : quand un pays ne se réforme pas, il régresse. Mais cette loi est typique de la culture politique française. C'est une réforme molle.
Comment concilier l'émergence de la nouvelle région avec la montée en puissance des métropoles ?
J-L. M : En anticipant. C'est la ligne de conduite que nous avons eue, alors même que la loi n'était pas votée. Il a fallu que les métropoles dialoguent, alors qu'elles n'en avaient pas l'habitude. Nous avons souhaité instaurer une coopération. Nous montrons que nous travaillons ensemble et que nous souhaitons travailler avec la nouvelle région dans un rapport équilibré. Les métropoles sont une chance pour la région.
À lire également
P. S : Il ne sera pas possible d'éviter le rapport de force, qui s'est imposé d'emblée. Nous ne nous laisserons pas tenir en laisse par les nouvelles régions. J'ai proposé, dans le cadre de la loi NOTRe en cours de discussion, qu'une gouvernance des métropoles soit intégrée à la gouvernance des Régions, c'est à dire que celle-ci ménage un quota d'élus de la métropole. C'est la seule solution pour éviter le conflit.
Propos recueillis par Alexandre Léoty et Anthony Rey