Sivens : rassemblements en ordre dispersé pour l'hommage à Rémi Fraisse

Florine Galéron

Florine Galéron
Il n'y aura finalement pas un mais deux rassemblements en hommage à Rémi Fraisse dans la région ce dimanche 25 octobre. L'étudiant botaniste de 21 ans avait trouvé la mort il y a un an en pleine nuit après avoir été touché par une grenade offensive au cours d'affrontements avec les forces de l'ordre à proximité du chantier de barrage de Sivens.
Les opposants au barrage ont annoncé la tenue de plusieurs manifestations cette fin de semaine sur le site pour lui rendre hommage et "réaffirmer la justesse de leur combat pour la défense de l'environnement". En réplique, les pro-barrages ont fait savoir qu'ils manifesteraient également.
Craignant les débordements, la maire de Lisle-sur-Tarn Maryline Lherm a publié jeudi un arrêté municipal interdisant tous les rassemblements. "Le recueillement sera autorisé sur le site de Sivens pour les membres de la famille de M. Rémi Fraisse, dûment accompagnés par les forces de l'ordre", précise l'arrêté. Le préfet du Tarn Thierry Gentilhomme a annoncé ce vendredi un dispositif spécial de forces de l'ordre sur place pour exécuter l'arrêté.
Malgré cette interdiction, le collectif d'opposants Tant qu'il y aura des bouilles maintient son rassemblement dans le Tarn :
Le NPA compte également braver l'interdiction et participer au rassemblement de Sivens.
D'autres organisations ont décidé d'organiser un nouveau rassemblement dimanche midi à Plaisance-du-Touch, la commune où résidait Rémi Fraisse. Le collectif du Testet, EELV ( et son chef de file des régionales Gérard Onesta) et la Confédération Paysanne sont attendus sur place.
La participation des proches de Rémi Fraisse reste en revanche hypothétique.
Maître Dujardin a réagi par ailleurs au retour de commission rogatoire de l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) dévoilé ce vendredi par Le Monde. Ce long rapport met en lumière les versions différentes des faits données par les gendarmes au sujet de la mort de Rémi Fraisse. Il remet notamment en cause la présence de cocktails Molotov parmi les manifestants dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014. Malgré ces éléments, l'IGGN conclue dans sa synthèse à une riposte face "à des violences caractérisées, croissantes et incessantes".
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Parallèlement à l'enquête administrative, l'information judiciaire ouverte par le parquet de Toulouse est toujours en cours. Le gendarme qui a tiré la grenade offensive a été entendu lors de sa garde à vue et sera auditionné dans les mois qui viennent par les juges chargés de l'affaire.
Heurts entre les opposants au barrage de Sivens et les forces de l'ordre dans l'après-midi du 25 octobre, quelques heures avant la mort de Rémi Fraisse © Rémi Benoit.
Florine Galéron