L'UFC-Que Choisir dénonce le montant des frais sur les cartes bancaires

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L'association reproche aux banques de réaliser de fortes marges au détriment des plus fragiles.

L'UFC-Que Choisir s'indigne du montant des commissions prélevées par les banques sur les cartes bancaires. L'association de consommateurs a publié mardi sur ce sujet une étude alarmante. Selon elle, les 23 % de clients ayant des découverts provoqués par un paiement en cartes bancaire et non autorisés, acquittent chaque année 2,7 milliards d'euros de frais d'incidents, alors que le traitement de ces incidents ne coûterait aux banques que 459 millions d'euros.

La marge dégagée par les banques sur les seules commissions d'intervention - qui coûtent 1,775 milliard d'euros aux clients - s'élèverait même à 90 %. L'UFC demande donc la suppression de ces commissions d'intervention, ces « sommes perçues par la banque en raison d'une opération entraînant une irrégularité de fonctionnement du compte nécessitant un traitement particulier ». Ces commissions sont considérées par les clients comme une pénalité, plutôt que comme un remboursement des coûts pris en charge par la banque. L'UFC estime que les établissements financiers pourraient couvrir les coûts regroupant le temps d'examens d'un dossier et la mise en place de solutions aux incidents sans commission d'intervention. Pour l'UFC, « ce serait 1,8 milliard de frais indus récupérés par les consommateurs fragiles ».

« Pousse au crime »

L'association de consommateurs dénonce également « un système de pousse au crime ». Selon elle, les clients n'utilisent en moyenne que 15,8 % des capacités de leur carte. Elle préconise donc la mise en place d'une « carte modulable », qui tienne compte de chaque situation individuelle (autorisation systématique pour les plus fragiles, standard pour les classes moyennes, haut de gamme...), du type de débit (immédiat ou différé) et des plafonds d'achat. L'association réclame aussi une meilleure information du client - elle la juge très opaque -, pour qu'il puisse agir en amont des incidents.

Réagissant aux accusations de l'association de consommateurs, la Fédération bancaire française (FBF) dit ne pas comprendre comment sont calculées les données publiées par l'UFC, en particulier les chiffres concernant les commissions d'intervention. La FBF rappelle qu'en parallèle aux coûts des incidents, les banques prennent en charge le traitement des espèces (essentiellement pour alimenter les distributeurs automatiques de billets) qui atteint plus de 3 milliards d'euros annuels.

Concernant l'incitation « pousse au crime », la FBF estime qu'imposer une carte à autorisation systématique serait « plus contraignant pour les consommateurs et les commerçants », indiquant enfin que « chaque banque propose une large gamme de cartes et que le client peut choisir en fonction de ses besoins ».

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