L'assurance fragilisée par la crise se prépare à de nombreux défis

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Les assureurs ont réussi jusqu'ici à faire face à la crise de la zone euro sans trop de dégâts. Mais le secteur devra faire face à de nombreux défis structurels, comme la baisse des rendements ou les exigences du nouveau cadre réglementaire.

Difficile aujourd'hui de rencontrer un banquier sans qu'il ne vous alerte sur la situation... de l'assurance ! Et l'annonce lundi d'une décollecte dans l'assurance-vie devrait renforcer les craintes sur le secteur. De fait, les assureurs sont sous pression. Comme les banquiers, mais pas pour les mêmes raisons, ni avec la même acuité. Après des résultats au premier semestre globalement positifs, les compagnies d'assurance ont souffert du feuilleton sur la dette souveraine et de la chute des marchés actions. Et les valeurs assurance se traitent désormais en moyenne à 0,9 fois l'actif net réévalué, avec une chute de la capitalisation d'environ un quart depuis le début de l'année.

Pourtant, en termes financiers, les assureurs ont globalement tiré leur épingle du jeu, cet été. La baisse des taux longs leur a même permis de dégager de substantielles plus-values latentes sur les obligations.

En contrepartie, la baisse des taux pèse sur le rendement moyen des titres, conservés, pour l'essentiel, jusqu'à maturité dans les bilans. Toutefois, selon Natixis, les assureurs peuvent aisément répondre au taux moyen garanti proposé par leurs contrats. En revanche, l'assurance-vie est de plus en plus concurrencée par les autres produits d'épargne, notamment les livrets, sur lesquels les réseaux bancaires concentrent tous leurs efforts commerciaux.

Mais si les risques semblent bien cernés sur le court terme, les assureurs seront confrontés dans les années à venir à de gigantesques défis. Ils devront faire face à une baisse tendancielle des revenus des placements et, à long terme, à leur forte exposition au risque obligataire (83 % des portefeuilles en moyenne), qui pourrait entraîner d'importantes moins values latentes en cas de remontée des taux.

Exercice de haute voltige

Enfin, les assureurs redoutent toujours la mise en place des nouvelles règles prundetielles Solvabilité 2, qui aura des conséquences à la fois sur les exigences de fonds propres, la rentabilité des compagnies et le rendement des portefeuilles. De l'avis des professionnels, la gestion d'actifs est en passe de devenir un exercice de haute voltige pour concilier tous les impératifs des nouvelles règles Solvabilité 2 : assurer des rendements sans investir dans des titres risqués, évaluer le risque à un an alors que les passifs ont une maturité moyenne de 15 ans, réduire l'horizon d'investissement pour éviter un écart de maturité trop important entre l'actif et le passif... C'est d'ailleurs dans ce contexte que les assureurs commencent à s'intéresser aux immenses besoins de financement des banques.

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