Ils étaient unanimes cet hiver pour dénoncer la fermeture des remontées mécaniques dans les stations de sports d'hiver : les exploitants de remontées mécaniques eux-mêmes, mais aussi leurs fournisseurs, les socio-professionnels et les élus des communes de ces stations, ont parlé d'une seule voix.
Tous réclamaient notamment la réouverture au plus tôt pour sauver la montagne, et qu'importe si la montagne est plus vaste que les seuls domaine skiables. Car il est un fait, derrière lequel même le premier Ministre Jean Castex s'est finalement rangé lors de son passage en Tarentaise fin mai : aujourd'hui, l'économie de la montagne est essentiellement alimentée par la manne du ski alpin.
Avec au coeur de ce modèle, les remontées mécaniques, qui permettent d'amener les skieurs de tous niveaux et de tous âges vers les sommets, et qui sont aussi garants d'une économie qui draine avec elle l'ensemble des vallées voisines.
Car jusqu'ici, les recettes générées par les forfaits, les locations et ventes de matériels, les hébergements et la restauration sont sans commune mesure avec les revenus apportés par les pratiquants de ski de fond, de raquettes, et autres activités hivernales. Et c'est sans parler des activités estivales, dont les recettes sont encore (très) loin de rivaliser avec l'hiver.
A tel point qu'avant la pandémie, les stations de sports d'hiver recevaient chaque année 10 millions de touristes - 25% venus de l'étranger - , dont 7 millions de pratiquants des ports de glisse, selon Domaines skiables de France (DSF). À elles seules, les sociétés exploitantes des remontées mécaniques encaissent annuellement un milliard d'euros, soit 10% des 10 milliards d'euros dépensés dans les stations qui font vivre 18.000 salariés.
Ces chiffres ne doivent pas faire oublier une réalité : si le modèle est bien là, ses acteurs peinaient également à le renouveler significativement, ou du moins à trouver des relais de croissance à l'image des pays émergeants, où la pratique du ski est encore en plein développement.