Comment Nice parie sur son quartier solaire intelligent

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Pour Nice, très impliquée dans les énergies renouvelables, la vitrine qu'est Nice Grids est forcément stratégique
Pour Nice, très impliquée dans les énergies renouvelables, la vitrine qu'est Nice Grids est forcément stratégique (Crédits : Reuters)
Depuis 2011, le programme Nice Grid teste l'intégration du photovoltaïque dans l'alimentation électrique des entreprises industrielles et des particuliers. Une expérimentation grandeur nature qui devrait permettre d'en tirer des solutions applicables à tous.

Lorsque l'on est une péninsule énergétique, tous les moyens sont bons pour amoindrir la dépendance au réseau existant et éviter le black-out tant redouté chaque hiver par les habitants des Alpes-Maritimes. C'est dire si l'expérimentation tentée à Carros, ville voisine de Nice et surtout connue pour sa zone industrielle où sont installées des entreprises telles Malongo, Arkopharma, Schneider Electric ou Rica Lewis, a plutôt été très bien accueillie. Une expérimentation menée par un consortium réunissant ERDF (coordonnateur du projet), Alstom Grid, EDF, Saft, Armines, RTE, Daikin, NetSeenergy, Socomec et la PME varoise Watteco - spécialiste des réseaux électriques intelligents - et dotée d'un budget non négligeable de 30 millions d'euros. Au financement on retrouve notamment l'Ademe pour 4 millions d'euros dans le cade des Investissements d'avenir, la Commission européenne pour 7 millions d'euros (dans le cadre du projet européen Grid4EU, dont Nice Grids est la brique française) et les membres du consortium.

Le plein d'énergie

Depuis l'été 2011 donc c'est ici que sont installés des compteurs intelligents Linky - "2 500 en tout, sur la base du volontariat chez 300 familles et onze grands industriels" précise Jean-Christophe Delvallet, directeur Clients & Territoires ERDF Méditerranée - ainsi que panneaux photovoltaïques. Le stockage de l'électricité ainsi dégagée se fait par le biais de batteries lithium-ion, réparties sur trois niveaux distincts du réseau. L'un est posée au poste source de la zone afin d'assurer la liaison entre le réseau RTE et ERDF, trois autres sont intégrées au réseau basse tension afin de gérer les pointes de consommation et de production photovoltaïques et enfin plusieurs ont été installées chez les particuliers et au sein des entreprises volontaires pour servir de cobayes.

Phase avancée

"Deux campagnes d'expérimentation ont été menées, l'une durant l'été, l'autre pendant l'hiver" explique Jean-Christophe Delvallet.

"Nous avons demandé aux familles et aux entreprises testeuses d'adapter leur consommation en fonction de la production, par exemple d'accepter de réduire leur utilisation de chauffage lors des grosses soirées hivernales et de nous laisser déclencher à distance leur chauffe-eau l'été lorsque la production solaire est élevée. Il reste encore une année pleine d'expérimentation puis nous rendrons le livrable, c'est-à-dire un compte-rendu permettant ensuite de généraliser l'expérience".

Entré dans sa troisième année, Nice Grids possède depuis 2013 un show-room de 200 m2 détaillant les travaux actuellement menés et expliquant ce que sera le réseau électrique de demain. Installé au sein de Carros, son but est de démontrer et expliquer via un mur tactile quels sont les travaux actuellement menés, l'objectif étant de convaincre autant les industriels que les particuliers du bien-fondé de ce projet et surtout de ce qu'il peut amener demain comme réponse à l'ensemble des utilisateurs du réseau électrique. Depuis quelques jours, les heureux participants au projet peuvent même consulter sur le site web dédié les résultats desdites expérimentations. Deux nouvelles batteries seront installées dans quelques jours et l'îlotage va être tenté, c'est-à-dire que le quartier solaire va être déconnecter temporairement du réseau principal et sera alimenté uniquement par du photovoltaïque.

Vitrine stratégique

Pour Nice, très impliquée dans les énergies renouvelables, la vitrine qu'est Nice Grids est forcément stratégique. D'ailleurs le slogan du maire, Christian Estrosi est de faire de sa Métropole dont il est aussi le président, "un territoire interconnecté, durable et intelligent". De son côté, ERDF profite de l'expérimentation niçoise pour former ses techniciens et le personnel de ses prestataires, des métiers, dit l'opérateur, qui évoluent aussi vers plus de numérique.

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Commentaires
a écrit le 01/02/2015 à 22:13 :
Ne pas oublier de développer le solaire hybride PV+thermique type DualSun c'est bien plus d'énergie captée et stockée.
a écrit le 01/02/2015 à 19:28 :
EnR contre nuke et fossile, il faut comparer ce qui est comparable.
D'un cote recycle et demantelement anodin et deja organise (cf PV-Cycle), de l'autre une filiere qui joue a cache-cache avec les vraie etude, occulte, intoxique. Qui est capable de donner le vrai prix du demantelement d'une centrale nuke ? EDF mais rien ne fuite et pour cause : personne n'a le sou pour le financer. Qui est capable de donner le cout de creusement de la poubelle nucleaire de Bure ? Le jour ou il faudra le payer ca fera tres mal (taxe speciale a creer ?), et les EnR apparaitre definitivement meilleur marché .... mais trop tard car nos voisins auront developpé de systemes EnR+Stockage competitif, et nous auront damé le pion.
a écrit le 01/02/2015 à 14:53 :
a développer dans toutes l’Europe du sud !

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