Fermentalg va bientôt produire des micro-algues pour l'industrie

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« Ce qui nous ralentit, c'est le financement de l'innovation en France, qui est déstabilisé par la crise depuis 3 ans, regrette Pierre Calléja (photo), le PDG de Fermentalg. Je passe plus de la moitié de mon temps à trouver du carburant pour la société... » © Fermentalg
« Ce qui nous ralentit, c'est le financement de l'innovation en France, qui est déstabilisé par la crise depuis 3 ans, regrette Pierre Calléja (photo), le PDG de Fermentalg. Je passe plus de la moitié de mon temps à trouver du carburant pour la société... » © Fermentalg (Crédits : Fermentalg)
C'est « l'or vert » de demain. Le marché des applications est gigantesque : cela va de l'alimentation animale à la cosmétique, en passant par la nutrition, la chimie verte ou les biocarburants. Il est évalué à 5 milliards d'euros...

Comment remplacer le pétrole et les poissons sauvages qui vont se raréfier ? Pour Pierre Calléja, PDG de Fermentalg, la solution, ce sont les micro-algues. Dès 2009, cet ingénieur en était convaincu et a donc créé sa start-up, à Libourne, près de Bordeaux. Et, aujourd'hui, après des années de recherche dans son laboratoire avec son équipe de 40 personnes, il est capable d'en produire à une échelle industrielle et plus vite que les Américains !
D'ailleurs, dès 2011, cette jeune entreprise, déjà leader européen du secteur, a signé une première joint-venture industrielle et commerciale avec Sofiprotéol, propriétaire de Lesieur, pour fabriquer des huiles alimentaires, des oméga 3 (EPA-DHA). Ces acides gras sont importants pour le bon fonctionnement de notre c?ur et de notre cerveau. En Europe, cela représente un marché de 260 000 tonnes. Cette première usine de production est en construction. Premières ventes prévues fin 2014.

Financement déstabilisé de l'innovation

Il s'agit d'un partenariat avec l'industriel. Fermentalg, dont la technique est brevetée, met au point le procédé, puis le vend clé en mains aux industriels qui produisent en masse et lui reversent un pourcentage des résultats réalisés.
D'autres unités de ce type devraient suivre dans les prochaines années. « Ce qui nous ralentit, c'est le financement de l'innovation en France, qui est déstabilisé par la crise depuis 3 ans », souffle Pierre Calléja, qui réalise un million d'euros de chiffre d'affaires, pour l'instant. « Je passe plus de la moitié de mon temps à trouver du carburant pour la société... », regrette-t-il.

A quand une voiture roulant aux micro-algues ?

En attendant, la PME multiplie les innovations. En décembre denier, Fermentalg a fait rouler une voiture de la société au biocarburant à base de micro-algues, sans adaptation spécifique. Une première en Europe. Avec Turbomeca, le numéro un mondial des turbines d'hélicoptères, Fermentalg a aussi un projet visant à produire des biocarburants pour l'aéronautique, à partir des micro-algues. « Les micro-algues peuvent être cultivées hors terre et sont bien plus productives que le colza. Elles peuvent stocker 70% d'huile. Toute la planète s'y intéresse », observe-t-il.
D'ailleurs, Fermentalg attire les plus « grands ». Le CEA (Commissariat à l'énergie atomique) l'a choisi comme partenaire R&D pour développer les applications de ces micro-organismes. Soutenu par des fonds d'investissement de premier rang dont Demeter Partners, CEA Investissements et Emertec, elle a déjà réussi à lever 7,5 millions d'euros de fonds. Ce n'est qu'un début. A noter que le marché international sur lequel se développe la PME est évalué à 5 milliards d'euros.

 

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