Comment organiser la sobriété énergétique ? Trois entreprises de Bourgogne-Franche-Comté témoignent
Amandine Ibled
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« Bouclier tarifaire » ou « amortisseur » ? Parfois, les chefs d'entreprises sont un peu perdus sur le vocable employé dans les dispositifs d'urgence de l'État pour faire face à la flambée des prix de l'énergie. « Pourtant, 70% des entreprises pourraient bénéficier de ces subventions à condition de remplir le fameux formulaire de demande auprès de son fournisseur d'électricité », affirmait Franck Robine, le préfet de région, jeudi dernier, lors d'une conférence de presse. Or, en Bourgogne-Franche-Comté : « Seulement 60% des entreprises ont rempli leur formulaire », s'inquiétait-il. La démarche est pourtant simple : il suffit de cocher la bonne case en renseignant la taille de son entreprise sans son compte client de fournisseur d'énergie. Pour accompagner les entreprises, quelle que soit leur taille et quelle que soit leur activité, dans la transition écologique, la région a développé un réseau de 30 conseillers, soutenu et animé par l'Ademe : le RT2E (Réseau de la Transition écologique et économique).
Selon l'Ademe, les émissions de gaz à effet de serre du secteur industriel représentent 2,6 MtCO2 (millions de tonnes) en Bourgogne-Franche-Comté. En tant que première région industrielle française en termes d'emplois (près d'un salarié sur 5 travaille dans l'industrie), la Bourgogne-Franche-Comté affiche la décarbonation de l'industrie comme une de ses priorités régionales.
Mais après les aides d'urgence, les entreprises devront agir à plus long terme pour diminuer leur consommation d'énergie. Plusieurs entreprises de la métropole dijonnaise déjà engagées, sont venues apporter leur retour d'expérience lors du colloque, organisé par BFCare :
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« La première chose à faire, c'est de définir son périmètre afin de pouvoir utiliser son bilan carbone sur plusieurs années », explique Sylvain Ganzer, responsable services techniques chez Adhex Technologies, filiale de Burgundy Ventures, (8 millions de chiffre d'affaires), spécialiste de la conception et de la fabrication de solutions adhésives situé à Chenôve, près de Dijon. Pour son premier bilan carbone, l'entreprise a élargi son périmètre en rajoutant les déplacements domicile/travail, les achats de biens et services, la sous-traitance, les amortissements, les déplacements professionnels, la collecte et le traitement des déchets. « Cela nous a permis de connaitre le coût global en CO2 de notre produit et son impact sur le territoire », confie-t-il. La deuxième étape est la collecte des données. « C'est une tâche longue et fastidieuse qui demande un travail en équipe », poursuit Sylvain Ganzer. Chaque service de l'entreprise est concerné, des achats à la direction, en passant par la supply chain. Après six mois de travail, le bilan carbone d'Adhex Technologies était de 41.200 tonnes équivalent carbone en 2021, en majorité dû à la partie achat car la plupart des matières premières utilisées viennent d'Asie. La troisième étape est la construction d'un plan de progrès. « Nous allons étudier la possibilité de réduire les quantités de solvants utilisés et développer les énergies renouvelables », confie Sylvain Ganzer.
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