En Bourgogne-Franche-Comté, la neutralité carbone à tout prix ?
Amandine Ibled
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« C'est une aberration écologique » pour le Collectif d'experts et de citoyens pour l'environnement et le patrimoine (CRECEP). Le 17 mars dernier, ce collectif, mandaté par 213 associations et 166 entreprises, a déposé un recours devant le tribunal administratif de Dijon afin d'annuler le Schéma Régional d'aménagement, de développement durable des territoires (STRADDET) - déclinaison régionale de la loi NOTRe du 7 août 2015 - qui prévoit le développement massif de parcs éoliens en Bourgogne-Franche-Comté. Ce déploiement a ensuite été adopté par le conseil régional et validé par le préfet de région le 16 septembre 2020.
Mais le CRECEP dénonce un document rempli d'incohérences et d'insuffisances, sans compter le non-respect du code de l'environnement (CE) et du code des collectivités territoriales (CGT). « L'une des premières incohérences les plus flagrantes est cette volonté d'implanter massivement des éoliennes dans l'une des régions les moins ventée de France », affirme Michel de Broissia, vice-président du CRECEP. Résultat : pour faire fonctionner les pâles, les éoliennes font désormais jusqu'à 240 mètres de hauteur, contre 80 mètres dans les années 2000. En revanche, la règlementation n'a pas changé et la distance avec les habitants est restée à 500 mètres.
De plus, « il y a ce que l'on voit et ce que l'on ne voit pas », remarque Michel de Broissia. La partie immergée de l'iceberg est tout aussi impactante pour les nappes phréatiques puisque les éoliennes reposent sur un socle de béton. Selon l'étude d'impact de l'éolienne de Percey-Le-Grand, il faut 2.500 tonnes de béton (1.120 m3) et 150 tonnes d'acier par fondation pour une éolienne de 207 mètres de hauteur. « Plusieurs sources connues et proches d'éoliennes dans la région se retrouvent régulièrement à sec », constate-il.
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« En premier lieu, quand on évoque les dangers des éoliennes, c'est la mortalité par collision pour les espèces volantes qui vient à l'esprit. En réalité, ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. Ces parcs sont des projets industriels en pleine campagne, qui artificialisent les sols, et influent sur le domaine vital des espèces », constate Patrick Coton, ingénieur-écologue, conseil en environnement et consultant au CRECEP. « Ces perturbations sont évidemment difficiles à évaluer, donc les promoteurs ne le font pas ! », poursuit-il.
Amandine Ibled