Brest Tech+ : la reconnaissance d’un écosystème qui joue collectif

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L'Ouest breton a obtenu fin juin sa labellisation French Tech, au même titre que Rennes et Saint-Malo, sélectionnées en décembre dernier. Une excellente nouvelle pour Lannion, Morlaix et Quimper qui n'auraient pu prétendre à ce label réservé aux métropoles.
L'Ouest breton a obtenu fin juin sa labellisation French Tech, au même titre que Rennes et Saint-Malo, sélectionnées en décembre dernier. Une excellente nouvelle pour Lannion, Morlaix et Quimper qui n'auraient pu prétendre à ce label réservé aux métropoles. (Crédits : Reuters)
Brest, Lannion, Morlaix et Quimper font désormais partie du réseau French Tech via le label commun Brest Tech+. C’est leur dossier collectif qui a permis à ces quatre territoires d’être labellisés. D’ici à 2025, Brest Tech + veut créer 9.000 emplois dans le numérique, 1.500 nouvelles entreprises et développer les startups.

Leur dossier collectif, né de leurs ententes territoriales, a porté ses fruits : en mobilisant les territoires de Brest, Lannion, Morlaix, Quimper, sous le nom de code Brest Tech+, l'Ouest breton a obtenu fin juin sa labellisation French Tech, au même titre que Rennes et Saint-Malo, sélectionnées en décembre dernier. Une excellente nouvelle pour Lannion, Morlaix et Quimper qui n'auraient pu prétendre à ce label réservé aux métropoles. Cette labellisation va leur offrir une plus grande visibilité internationale.

Le 26 juin, Brest Tech + a d'ailleurs fêté sa sélection en organisant  son premier événement sous le label Brest Tech+ : la saison 1 de l'accélérateur « Brest Startups », qui a mis en lumière, à destination des investisseurs et partenaires potentiels, les travaux de 14 entreprises nées en 2014 et de huit porteurs de projets.

Pour Brest Tech+, les startups sont d'autant plus importantes qu'elles peuvent aider la mutation vers le numérique des entreprises de secteurs plus traditionnels comme l'agro-alimentaire, le tourisme ou la défense. Le collectif souhaite donc mieux accompagner les jeunes pousses.

9.000 nouveaux emplois dans le numérique

Entre 2010 et 2013, plus de 580 entreprises numériques innovantes ont été créées sur le territoire des quatre villes (un million d'habitants au total), et plus de 4,7 millions d'euros ont été levés par les startups ces quatre dernières années. Les entreprises de moins de 5 ans ont, quant à elles, levé 31 millions d'euros sur la même période.

Brest Tech+ estime globalement que 9.110 emplois (web, SSII...) sur  les 16.000  répartis sur 1.620 entreprises se situent au cœur de la filière numérique.

Brest Tech + se place «  au 2e rang des territoires French Tech pour la création d'entreprises et dans le top 10 pour le nombre d'entreprises liées au numérique », affiche le label sur son blog.

« D'ici à 10 ans, le collectif ambitionne de créer 9.000 nouveaux emplois dans le numérique et favoriser la création de 1.500 entreprises nouvelles et le développement des startups, précise Eric Vandenbroucke, directeur de la Technopole Brest Iroise, et directeur temporaire de Brest Tech+. Sur l'ensemble des entreprises, Brest Tech+ vise 200 entreprises en hyper croissance et 200 millions d'euros levés. »

Recherche publique, R&D, essaimage : des territoires complémentaires

Le programme d'action à 10 ans de Brest Tech+ s'appuiera sur la complémentarité des territoires qui la composent, et l'action clé des trois technopoles. Brest Iroise est notamment marquée par les activités liées à la mer, aux biotechnologies et aux énergies marines renouvelables. Anticipa Lannion-Trégor à Lannion emploie près de 3.200 ingénieurs et chercheurs dans le domaine des télécoms, à travers Orange Labs et Alcatel Lucent, et du numérique. 920 emplois proviennent de PME de services, essaimages des deux groupes. La technopole Quimper-Cornouaille offre une aide technique et économique aux industries agroalimentaires et aux nouvelles technologies de l'information et de la communication. Basé à Morlaix, le groupe Le Télégramme innove depuis plusieurs années dans le champ du numérique.

L'émergence, le développement et l'innovation des entreprises privées de l'Ouest breton bénéficient en parallèle de l'action des  pôles de recherche et de compétitivité Images et réseaux, B<>com à Lannion, et du réseau de formations liées à Télécom Bretagne à Brest et à l'ENSSAT à Lannion.

Avec, en outre, deux cantines numériques (Brest, Quimper), sept incubateurs sur l'ensemble du territoire et deux fablabs, l'écosystème de Brest Tech+ facilite déjà la mise en réseau.

« Plusieurs programmes opérationnels ont été mis au service de la croissance et de la visibilité des startups, ajoute Eric Vandenbroucke. Outre le programme fédératif d'accompagnement « Brest Startups », les nouvelles entreprises bénéficient d'un nouvel accélérateur, 222 Business Pool à Lannion, d'Ateliers numériques et des actions d'accompagnement de West Web Valley (web, applis mobiles, services innovants). Via son West Web Festival, cette structure d'initiative privée offre un volet de formation dans la perspective de la Grande école du numérique. »

Web Digital School et bâtiment totem

Brest Tech+ fonde sa stratégie sur un programme en quatre axes. Au-delà de l'accompagnement des startups et des jeunes pousses, et de la numérisation de l'économie du territoire, le collectif veut avancer  sur le volet international. Il travaille à la mise en place d'un système permettant aux entreprises de mieux s'exporter. Une réflexion est aussi en cours sur la thématique de la « grande école du numérique » voulue par François Hollande. Dès septembre, ce débat sera nourri par l'ouverture de la Web Digital School, une école privée (groupe Elypse) dédiée aux métiers du numérique et ouverte aux étudiants de niveau Bac+3.

Située sur la rive gauche de Brest, elle fera face au futur éco-quartier des Capucins. Symbole du Brest de demain, ce plateau, qui abritait d'anciens ateliers de réparation datant du XVIIIe siècle, accueillera le bâtiment totem de Brest Tech+ en septembre 2016. Une médiathèque, la cantine numérique et un Village by CA, réplique du centre d'open innovation du Crédit Agricole à Paris, y seront aussi installés. En prenant ses quartiers définitifs, Brest Tech+ aura finalisé son organisation. Un directeur devrait être nommé à l'automne.

Avec la labellisation, l'Ouest breton gagne du poids face à la capitale régionale : la collaboration avec Rennes n'en sera que meilleure.

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