Brest Tech+ : la reconnaissance d’un écosystème qui joue collectif

Pascale Paoli-Lebailly, à Brest

Pascale Paoli-Lebailly, à Brest
Leur dossier collectif, né de leurs ententes territoriales, a porté ses fruits : en mobilisant les territoires de Brest, Lannion, Morlaix, Quimper, sous le nom de code Brest Tech+, l'Ouest breton a obtenu fin juin sa labellisation French Tech, au même titre que Rennes et Saint-Malo, sélectionnées en décembre dernier. Une excellente nouvelle pour Lannion, Morlaix et Quimper qui n'auraient pu prétendre à ce label réservé aux métropoles. Cette labellisation va leur offrir une plus grande visibilité internationale.
Le 26 juin, Brest Tech + a d'ailleurs fêté sa sélection en organisant son premier événement sous le label Brest Tech+ : la saison 1 de l'accélérateur « Brest Startups », qui a mis en lumière, à destination des investisseurs et partenaires potentiels, les travaux de 14 entreprises nées en 2014 et de huit porteurs de projets.
Pour Brest Tech+, les startups sont d'autant plus importantes qu'elles peuvent aider la mutation vers le numérique des entreprises de secteurs plus traditionnels comme l'agro-alimentaire, le tourisme ou la défense. Le collectif souhaite donc mieux accompagner les jeunes pousses.
Entre 2010 et 2013, plus de 580 entreprises numériques innovantes ont été créées sur le territoire des quatre villes (un million d'habitants au total), et plus de 4,7 millions d'euros ont été levés par les startups ces quatre dernières années. Les entreprises de moins de 5 ans ont, quant à elles, levé 31 millions d'euros sur la même période.
Brest Tech+ estime globalement que 9.110 emplois (web, SSII...) sur les 16.000 répartis sur 1.620 entreprises se situent au cœur de la filière numérique.
Brest Tech + se place « au 2e rang des territoires French Tech pour la création d'entreprises et dans le top 10 pour le nombre d'entreprises liées au numérique », affiche le label sur son blog.
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Le programme d'action à 10 ans de Brest Tech+ s'appuiera sur la complémentarité des territoires qui la composent, et l'action clé des trois technopoles. Brest Iroise est notamment marquée par les activités liées à la mer, aux biotechnologies et aux énergies marines renouvelables. Anticipa Lannion-Trégor à Lannion emploie près de 3.200 ingénieurs et chercheurs dans le domaine des télécoms, à travers Orange Labs et Alcatel Lucent, et du numérique. 920 emplois proviennent de PME de services, essaimages des deux groupes. La technopole Quimper-Cornouaille offre une aide technique et économique aux industries agroalimentaires et aux nouvelles technologies de l'information et de la communication. Basé à Morlaix, le groupe Le Télégramme innove depuis plusieurs années dans le champ du numérique.
L'émergence, le développement et l'innovation des entreprises privées de l'Ouest breton bénéficient en parallèle de l'action des pôles de recherche et de compétitivité Images et réseaux, B<>com à Lannion, et du réseau de formations liées à Télécom Bretagne à Brest et à l'ENSSAT à Lannion.
Avec, en outre, deux cantines numériques (Brest, Quimper), sept incubateurs sur l'ensemble du territoire et deux fablabs, l'écosystème de Brest Tech+ facilite déjà la mise en réseau.
Brest Tech+ fonde sa stratégie sur un programme en quatre axes. Au-delà de l'accompagnement des startups et des jeunes pousses, et de la numérisation de l'économie du territoire, le collectif veut avancer sur le volet international. Il travaille à la mise en place d'un système permettant aux entreprises de mieux s'exporter. Une réflexion est aussi en cours sur la thématique de la « grande école du numérique » voulue par François Hollande. Dès septembre, ce débat sera nourri par l'ouverture de la Web Digital School, une école privée (groupe Elypse) dédiée aux métiers du numérique et ouverte aux étudiants de niveau Bac+3.
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Située sur la rive gauche de Brest, elle fera face au futur éco-quartier des Capucins. Symbole du Brest de demain, ce plateau, qui abritait d'anciens ateliers de réparation datant du XVIIIe siècle, accueillera le bâtiment totem de Brest Tech+ en septembre 2016. Une médiathèque, la cantine numérique et un Village by CA, réplique du centre d'open innovation du Crédit Agricole à Paris, y seront aussi installés. En prenant ses quartiers définitifs, Brest Tech+ aura finalisé son organisation. Un directeur devrait être nommé à l'automne.
Avec la labellisation, l'Ouest breton gagne du poids face à la capitale régionale : la collaboration avec Rennes n'en sera que meilleure.
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