En Bretagne, le numérique représente déjà 3% de l'emploi

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Avec 38.985 emplois et 2.700 établissements installés en région Bretagne, l'économie numérique concerne aujourd'hui 3 % des emplois et 2,3 % des établissements du territoire.
Avec 38.985 emplois et 2.700 établissements installés en région Bretagne, l'économie numérique concerne aujourd'hui 3 % des emplois et 2,3 % des établissements du territoire. (Crédits : Décideurs en région)
La première étude publiée par la CCI Bretagne sur le poids du numérique dans la région confirme la place grandissante de ce secteur dans la dynamique économique du territoire. Explications en chiffres.

Avec 38.985 emplois et 2.700 établissements installés en région Bretagne, l'économie numérique concerne aujourd'hui 3 % des emplois et 2,3 % des établissements du territoire. Alors que l'industrie agroalimentaire bretonne recense 59 060 emplois*, le numérique qui inclut le domaine, traditionnellement très implanté, des télécoms compte parmi les secteurs économiques d'avenir pour le territoire breton.

C'est ce que fait valoir la CCI Bretagne, dont la première étude mesurant le poids économique de la filière dans la région, a été publiée en décembre dernier. Graphiques à l'appui (voir enrichissement), elle met notamment en avant « la diversité et la dynamique du numérique breton » ainsi que la capacité des entreprises concernées à « faire bénéficier d'innovations croisées des secteurs économiques plus traditionnels » telles les activités industrielles ou l'économie maritime.

« Le numérique en Bretagne se caractérise surtout par un paysage éclaté : avec, d'un côté, un tissu de petites et toutes petites structures et, de l'autre, la continuité de l'activité des télécoms qui portent la dynamique sur l'ensemble du territoire » relève Gwenc'hlan Le Gal, directeur de l'information économique et de la prospective à la CCI Bretagne.

Services, production, télécommunication en pointe

Le numérique en Bretagne repose principalement sur trois grandes familles d'activités. Les services (informatique, édition logicielle, ingénierie / conseil en technologie), qui proposent des solutions de cloud computing, d'outsourcing ou encore de la réalité virtuelle, concernent 42 % des emplois et 2/3 des établissements. A quelques exceptions près comme Niji, Sopra Group ou Cap Gemini qui ont industrialisé leurs prestations, ces entreprises atomisées sont constituées à 80 % de moins de cinq salariés.

La production de biens (composants électroniques, carte à puces...) fournit 30 % des emplois tandis que les activités de télécommunication en génère 21 %. Plus limitée dans son périmètre et orientée vers les particuliers, une quatrième famille est liée aux activités de commerce et de réparation (7 % des emplois). Contrairement aux autres registres, les secteurs des télécommunications et de la fabrication se caractérisent par des tissus très concentrés et la forte présence d'établissements de grande taille (29 ont plus de 100 salariés). C'est le cas de groupes d'envergure nationale et internationale tels Orange, Alcatel-Lucent, Sagem, Canon ou Thalès.

« Aux trois grandes familles d'activités, répond aussi une localisation géographique. Lannion s'est forgée une solide réputation grâce à Orange, Brest mise sur la diffusion du numérique à l'industrie, via l'économie de la mer et la défense, tandis que Rennes est plus tournée vers les services, web et cloud » ajoute Gwenc'hlan Le Gal.

Télécoms : pôle d'excellence en Trégor-Goëlo

La capitale bretonne, désormais alliée à Digital Saint-Malo, réunit en effet plus des 50 % des emplois (19.629) de l'économie numérique bretonne, dont 56,1 % liés aux services. On note aussi la présence d'importantes SSII. Le pays de Rennes accueille aussi 2/3 des effectifs régionaux relevant du secteur des télécommunications.

En 2014, la technopole Rennes Atalante a, à elle seule, créé 430 nouveaux emplois, notamment grâce aux PME de la filière numérique. Avec 228 entreprises, celle-ci est la plus représentée sur la technopole. Ce dynamisme devrait se confirmer en 2015 suite à la création fin 2014 de plusieurs start-up.

Forte d'implantations comme celles de Thales Underwater Systems, Aéroportés ou Jabil, la pointe bretonne brestoise s'est pour sa part spécialisée dans les activités de fabrication. Celles-ci représentent 54,7 % des effectifs numériques de la métropole.

Le Trégor-Goëlo (Côtes d'Armor) totalise 8,4 % des effectifs régionaux avec un secteur télécommunications qui occupe 61,3 % des emplois numériques de l'agglomération, principalement chez Orange et Alcatel-Lucent. Ce pôle d'excellence résulte de l'installation en 1962, du Centre national d'études des télécommunications à Lannion qui a généré une dynamique positive.

French Tech et fédération des écosystèmes

La création du Label French Tech, déjà obtenu par Rennes, et pour lequel Brest fait acte de candidature pour 2015, incite les agglomérations à fédérer de plus en plus leur écosystème.

Au-delà de leur territoire urbain, les entreprises bretonnes et les grands comptes pratiquent plutôt facilement l'open innovation. La présence du pôle de compétitivité à vocation mondiale Images & Réseaux à Lannion, du Pôle Mer Bretagne Atlantique à Brest ou la création récente d'un pôle de cyberdéfense sur le bassin rennais, n'est pas étrangère à cette dynamique collaborative privée/publique et porteuse d'innovation.

Entre 1999 et 2009, la Bretagne s'était déjà positionnée parmi les trois régions françaises les plus actives en termes de demandes de brevets TIC auprès de l'Office européen des brevets, relève le bilan de la CCI Bretagne.

Hors Ile-de-France, la région occupait même le 1er rang en ce qui concerne les télécommunications et l'électronique. Entre 2008 et 2012, 1.116 brevets relevant des TIC ont été déposés auprès de l'INPI par 127 établissements localisés en Bretagne. Beaucoup de grands comptes tels Orange Labs à Lannion et Rennes en étaient à l'origine.

« Les brevets sont un bon marqueur de la dynamique régionale, et les pôles de compétitivité, des atouts majeurs pour la mise en réseau », confirme Gwenc'hlan Le Gal.

*A titre de comparaison, les secteurs de la métallurgie mécanique, de la construction ou du commerce comptent respectivement 43.070, 73.568 et 138.467 emplois.

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a écrit le 27/01/2015 à 8:49 :
Si 39 000 emplois ça fait 3% des emplois, ça veut dire qu'il y a 1 300 000 emplois dans une région qui compte environ 4 millions d'habitants. Ce qui me semble proche de ce que je vois autour de moi. La Bretagne est donc redevenue très pauvre, avec un chomage de masse, après un boom des années 70 à 90.
Réponse de le 30/01/2015 à 15:32 :
4 millions d'habitants c'est pas 4 millions d actifs . La Bretagne est la région , avec les pays de loire qui connait le taux de chomage le plus bas de France depuis des années . Inferieur meme à l'Ile de France qui beneficie pourtant de l'apport des sieges sociaux et des administrations . En resumé , la Bretagne est une terre d'entrepreunariat , avec un niveau de formation qui est le premier de France.
Réponse de le 19/04/2015 à 17:48 :
C'est normal que y a si peu de chomage en Bretagne, car tous les jeunes bretons ont déserté la région et sont partis vivre et bosser à Paris ou les autres régions ! Faut arrêter de nous prendre pour des veaux avec ces chiffres bas du chomage qui cachent une réalité que la Bretagne n'est pas attirante ni offre suffisament d'emplois.
a écrit le 26/01/2015 à 13:59 :
Cela fait 97 % d'illettrés, Macron avait donc raison!
Réponse de le 30/01/2015 à 15:33 :
Pas de chance...la Bretagne est la région de France ou le niveau de formation est le plus élevé .

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