Depuis le début de la pandémie, le virus de la Covid-19 circule moins en Bretagne. Seuls 6% des Bretons ont été contaminés selon l’Institut Pasteur. Si le territoire a été épargné, le décès de huit patients à Lannion où a émergé un variant dit breton rebat les cartes et renforce l’incertitude. En se régionalisant, le virus douche aussi les récentes demandes d’élus pour territorialiser les libertés, pas seulement les restrictions. L’ARS Bretagne prévoit d’accélérer la vaccination dans les cinq zones de surveillance.Est-ce la fin de l'apparente tranquillité de la Bretagne ? Depuis le début de la crise sanitaire, la région semble la plus épargnée, celle où le virus circule le moins. Épargnée mais pas préservée. Le variant britannique du Covid-19 était déjà majoritaire selon Santé Publique France, représentant même 63% des nouveaux cas positifs en Morbihan. L'émergence d'un variant breton, difficilement détectable avec un test PCR nasopharyngé, va-t-elle compliquer le tableau viral en Bretagne ?
Identifié dans un cluster de 71 cas Covid-19 (44 patients, 27 soignants) au centre hospitalier de Lannion en Côtes d'Armor, ce nouveau variant, confirmé après séquençage, concerne huit premiers patients, âgés avec comorbidités, qui sont décédés. L'ARS Bretagne, qui vendredi précisait que ce variant, appelé 20C, n'était « pas plus contagieux ni plus sévère que les autres », a tenu mardi midi une conférence de presse conjointe à ce sujet avec la Préfecture des Côtes d'Armor. L'Agence régionale de santé n'émet « pas de conclusion de sévérité accrue du virus » et n'établit pas à ce stade « de lien de causalité entre ces huit décès et le nouveau variant ». Le 20C a été classé dans la catégorie « à suivre » par les autorités sanitaires et les tests et investigations se poursuivent à Lannion. Au contraire des variants britannique ou sud-africain, ce variant ferait partie de la catégorie surveillée par la communauté scientifique en raison de caractéristiques potentiellement problématiques, mais circulant à moindre échelle.
« Pour le moment, aucune information ne permet d'estimer que la vaccination est moins pertinente pour ce variant. Nous n'avons aucune donnée à ce stade et c'est sur quoi nous allons travailler dans les jours à venir », a précisé Stéphane Mulliez, directeur général de l'ARS Bretagne.
Renforcement des gestes barrières, accélération de la vaccination
Dans l'immédiat, la préfecture des Côtes d'Armor et les autorités de santé ont décidé de renforcer les mesures permettant de freiner la transmission du virus, notamment en accélérant la vaccination et en accentuant les mesures barrières.
Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes