Mesure des courants océaniques : e-Odyn exploite les données de géolocalisation des navires

Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes

Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes
C'est une technologie de rupture, que Yann Guichoux compare volontiers à l'apport de l'IRM en matière d'imagerie médicale. Pour cet ingénieur, président de la startup brestoise e-Odyn, l'algorithme que sa société a développé « rend visible, l'invisible » comme le montre l'image du Gulf Stream, au large des côtes américaines, qu'elle vient de publier sur son site. En calculant en temps réel les courants marins de surface à partir des données de géolocalisation AIS (Automatic Identification System) transmises par les navires (100.000 points de mesure environ), sa solution technologique vient compléter les moyens conventionnels comme l'altimétrie spatiale. Les navires se caractérisent par des traits de lumière et fournissent un instantané unique de la dynamique des océans.
Le co-fondateur de la jeune pousse créée en 2015 et spécialisée en océanographie opérationnelle et analyse de données massives ajoute :
Mixant technologies marines et big data, l'innovation est prometteuse. Et ouvre des perspectives dans divers domaines comme le sauvetage en mer, l'analyse du climat, le transport maritime, la lutte anti-pollution.
De même, optimiser la route des navires de course au large grâce aux courants permettrait des économies d'énergie de 1% à 3%.
Les investisseurs ne s'y trompent pas. Forte de premières collaborations et analyses de données avec l'Ifremer, l'ESA (European Space Agency), CMA-CGM et Airbus Defence and Space, la startup e-Odyn est parvenue à lever 300.000 euros auprès de Nestadio Capital et de Force29 (Crédit Agricole Finistère). Avec 300.000 euros supplémentaires accordés par BPI, l'entreprise dispose d'un capital d'investissement de 600.000 euros.
L'été dernier, e-Odyn a lancé un démonstrateur. Elle mettra en ligne ce mois-ci une plate-forme d'observation en temps réel, et librement accessible, des courants dans le canal de Sicile, près de l'île de Lampedusa.
Avec une capacité financière accrue, la startup va aussi pouvoir développer ses applications et finaliser sa future plate-forme de commercialisation de données de courants, annoncée d'ici à six mois. La startup e-Odyn, qui commence à prospecter le marché européen et au-delà, travaille aussi sur de nouveaux services. Via la même technique, elle s'intéresse à la mesure du vent et de la houle en temps réel.
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