Gel hydroalcoolique made in Val de Loire

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Le gel désinfectant d'Inavive lab est réservé en priorité aux acteurs locaux de la lutte contre l'épidémie.
Le gel désinfectant d'Inavive lab est réservé en priorité aux acteurs locaux de la lutte contre l'épidémie. (Crédits : DR)
CHARTRES (28). En plus de LVMH, Reckitt Benckiser et Inavive Lab ont répondu à l'appel de la Cosmetic Valley, cluster de la filière de la parfumerie-cosmétique basé en Eure et Loir, d'accroitre ou de se lancer dans la production de gel désinfectant. Objectif, pallier la pénurie de cet ingrédient essentiel dans la lutte contre le Covid-19.

420.000 flacons de 0,5 ml par semaine au lieu de 50.000 en temps normal. Les chaînes du site chartrain du géant britannique de la détergence (Harpic, Lessive Saint Marc) et de la cosmétique (Veet, Lutsine, Scholl) Reckitt Benckiser ont multiplié par huit les volumes fabriqués de gel hydroalcoolique depuis le 16 mars. A la clé de cette montée en capacité sous la marque Dettol, la réduction de moitié des autres lignes de produits. Jeremy Wood, directeur de l'usine qui emploie près de 300 salariés, pense pouvoir atteindre une capacité hebdomadaire d'un million de pièces dès le début du mois d'avril. D'habitude entièrement réservée à l'exportation, la production de gel hydroalcoolique est désormais dédiée pour 25% environ à l'Hexagone. A la clé, la fourniture d'une vingtaine d'hôpitaux, y compris ceux à proximité comme Chartres qui a bénéficié d'une livraison en urgence de près de 8.000 bouteilles de gel.

Approvisionnement des acteurs de proximité

La mobilisation des acteurs de la filière de la parfumerie-cosmétique dans le Centre Val de Loire a également donné lieu à la reconversion partielle du petit laboratoire Inavive Lab, situé à Nogent-le-Rotrou. « Je souhaitais participer à l'effort commun pour aider le pays à endiguer l'épidémie », explique le Pdg, Didier Guérin. Ce diplômé en chimie et en pharmacie a lui-même conçu la formule du gel hydroalcoolique avant d'en lancer la production. Inavive Lab, spécialisé dans les crèmes solaires, les lotions capillaires et le maquillage, travaille d'habitude comme sous-traitant des laboratoires Cinq mondes, Pierre Cattier ou encore de la marque de cosmétique bio Acorelle. En une semaine, la PME, qui emploie 25 employés dans le sud de l'Eure-et-Loir, a produit quatre tonnes de gel hydroalcoolique représentant 200.000 unités. Afin d'accroître son efficacité opérationnelle, cette fabrication est réservée en priorité aux acteurs sanitaires locaux, l'hôpital, les pharmacies et les Ephad nogentais. « Il était important de servir aussi les autres combattants du quotidien contre le Covid 19 dans notre région, poursuit le chef d'entreprise. Il s'agit notamment des grandes surfaces, de la Poste et évidemment de notre propre personnel ».

Plate-forme de solidarité contre le Covid-19

Ce surcroît de production en urgence de gel hydroalcoolique est coordonné par la plate-forme Impact Plus mise en place en 2017 par la Cosmetic Valley. Réactivé il y a quelques jours, l'outil de mise en relation des différents maillons de la chaîne parfumerie-cosmétique permet de rapprocher producteurs de matières premières et prestataires de conditionnement de flacons notamment. Environ 80 sociétés issues des quatre implantations phares du cluster, le Centre Val de Loire, la Normandie, Nouvelle Aquitaine et l'Ile de France, participent à cette démarche solidaire. Dans le contexte de la flambée du prix de l'éthanol (+50%), la Distillerie de la Champagne basée à Segonzac et le Comptoir français commercial, structure de négoce d'alcool située à Cognac, ont également proposé leur contribution. Preuve de son efficacité, Impact plus vient d'être intégrée au sein de Stopcovid19, la plate-forme gouvernementale de lutte sous tous ses aspects contre l'épidémie.

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